Le président des Etats-Unis nouvellement investi, Donald Trump, a annoncé, mardi 21 janvier, avoir gracié Ross Ulbricht, créateur du marché noir en ligne Silk Road, et qui était incarcéré depuis plus de dix ans. Cet Américain, aujourd’hui âgé de 40 ans, avait été arrêté en 2013 dans une bibliothèque de San Francisco au terme d’une enquête sur ce qui était considéré comme le plus grand site de vente de drogue en ligne.
Lancé en 2011, Silk Road a, pendant sa courte existence, généré plus de 200 millions de dollars de ventes, empochant au passage plus de 13 millions de dollars de commission en bitcoins, selon les enquêteurs fédéraux. Ce marché noir, où les paiements se faisaient en cryptomonnaies, servait essentiellement à acheter et vendre des produits illégaux comme des drogues.
En 2015, Ross Ulbricht avait été condamné à une peine de prison à vie, essentiellement pour trafic de drogue et blanchiment. Si le créateur de Silk Road a également été accusé par un trafiquant, utilisateur de la plateforme, d’avoir commandité plusieurs assassinats en échange de centaines de milliers de dollars, il n’a pas été jugé pour ces faits. Les autorités judiciaires, qui ont publié les échanges en question, ont estimé qu’il n’y avait pas de preuve laissant penser que ces assassinats avaient bien été commis.
Symbole libertarien
Depuis son incarcération, Ross Ulbricht s’est constitué une certaine popularité au sein de sphères libertariennes, comme le racontait Le Monde en 2023. Son arrestation était notamment vue comme une atteinte à la liberté d’entreprise et au commerce. « Je viens d’appeler la mère de Ross William Ulbricht pour lui faire savoir qu’en son honneur et en celui du mouvement libertarien, qui m’a soutenu si ardemment, j’ai le plaisir de signer une grâce totale et inconditionnelle pour son fils », a d’ailleurs déclaré Donald Trump mardi 21 janvier.
Le président américain avait promis de le libérer lors d’un discours de campagne en mai devant la convention du parti libertarien. S’attachant à se comporter comme un détenu modèle, Ross Ulbricht comptait justement, depuis l’échec de sa procédure en appel, sur une grâce présidentielle.