Les voitures chinoises envoient des données à Pékin, les États-unis l’affirment

BYD-Seagull


La secrétaire d’état au Commerce a porté de graves accusations sur l’industrie chinoise automobile. Des soupons qui rappellent ceux qui ont abouti à la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis sur les semi-conducteurs.

C’est une déclaration qui ne devrait pas rester sans conséquences sur l’industrie du véhicule électrique. La secrétaire au Commerce américaine, Gina Raimondo a accusé les constructeurs de véhicules chinois de « collecter une immense masse d’informations sur les conducteurs » afin de les envoyer directement à Pékin. La responsable politique évoque par ailleurs un risque significatif pour la sécurité nationale. Celui-ci serait dû au fait que les véhicules chinois seraient capables de collecter des informations telles que « l’emplacement de la voiture ou encore l’environnement immédiat du véhicule ». « Voulons-nous que toutes ces données aillent à Pékin ? S’est-elle exclamée ?

Cette intervention pour le moins vindicative n’arrive pas tout à fait par hasard. En effet, l’administration Biden s’apprêterait à durcir les conditions d’importation de certains produits, en augmentant notamment les frais de douanes. Les voitures seraient concernées par ce projet de loi alors que les Etats-Unis tentent de préserver leurs champions automobiles mis à mal par la transition vers l’électrique. En ce sens, les Etats-Unis ont déjà durci les conditions d’attributions des aides à l’achat pour les voitures électriques, comme la France avec ses nouvelles règles pour le bonus écologique. Mais l’administration Biden devrait encore aller plus loin en 2025 en établissant une liste de matériaux produits ou extraits en Chine (dont certains sont utilisés dans les batteries) qui là encore priveraient leurs bénéficiaires des aides à l’achat.

Voitures électriques, semi-conducteurs, même combat ?

Parallèlement, la Maison Blanche préparerait un dispositif légal pour protéger les données personnelles des citoyens américains. Interrogée sur un possible lien de cause à effet entre sa sortie médiatique et l’imminence de ce décret, Gina Raimondo a démenti un quelconque lien entre les deux faits. En revanche, la secrétaire au Commerce n’a pas hésité à faire un parallèle entre la situation dans l’industrie automobile et celle qui a abouti à une guerre commerciale entre Chine et Etats-Unis sur les semi-conducteurs.

Lorsque la question a été posée à la secrétaire au Commerce, celle-ci a simplement répondu : « vous pouvez demander la même chose au sujet des semi-conducteurs, dont la plupart sont fabriqués en Chine ». Ces propos ont été appuyés quelques heures plus tard par Jake Sullivan, l’un des conseillers à la Maison Blanche en matière de sécurité intérieure : « Nous avons travaillé dur, pour nous assurer que les technologies développées par nos entreprises ne deviennent pas un jour une source de vulnérabilité ».

Ces déclarations de membres importants de l’administration Biden doivent également être appréciées au regard de l’élection présidentielle qui approche. L’actuel président briguera un second mandat, probablement contre Donald Trump qui n’a pas la langue dans sa poche lorsqu’il s’agit de commenter la politique commerciale des Etats-Unis.
Ce procédé consistant à remettre en cause la probité des technologies chinoises avait par ailleurs déjà été utilisé contre Huawei avant que ces accusations ne deviennent interdiction au fil du temps. La différence avec le marché de la voiture électrique, c’est que Gina Raimondo n’a ciblé aucun constructeur en particulier. Et pour cause, pour l’instant, ceux-ci hésitent à se lancer sur le marché américain. Même un BYD, premier fabricant au monde de voitures électriques, n’a pas tenté de franchir la barrière de 27,5% de taxes qui s’érige devant lui au moment de passer la frontière américaine.

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Source :

Bloomberg



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