SMS et IoT par satellite, Skylo débarque en Europe

SMS et IoT par satellite, Skylo débarque en Europe



Fini les zones blanches. Votre smartphone pourra prochainement se passer du réseau cellulaire terrestre pour communiquer directement par satellite et, ce, sans recourir à une antenne externe. Comme dans d’autres domaines, Starlink, la filiale de SpaceX, est à la pointe de ce nouveau marché de téléphonie mobile satellitaire.

Depuis le 9 février, T-Mobile a lancé aux États-Unis la technologie Direct-to-Cell de Starlink en version bêta. Pour l’heure, ce service ne permet que d’envoyer des messages textuels sur les smartphones les plus récents. Il sera possible ultérieurement de passer des appels téléphoniques et de naviguer sur internet, promet l’opérateur.

Si Apple et Google intègrent déjà une fonction SOS sur les derniers modèles de leurs smartphones iPhone et Pixel, permettant d’envoyer des messages de secours, en dehors de tout réseau mobile, l’étape suivante est de proposer le routage de SMS sur des mobiles lambda.

Un autre fournisseur américain moins connu est sur les rangs. Présent au prochain Mobile World Congress (MWC) qui se tiendra à Barcelone, du 3 au 6 mars, Skylo permet d’envoyer des SMS et prochainement des appels vocaux depuis l’espace. Il s’appuie sur un réseau de satellites géostationnaires existants couvrant les États-Unis, le Canada et l’Europe occidentale.

Reposant sur les spécifications 3GPP Release 17, sa technologie NB-NTN (Narrowband Non-Terrestrial Network) s’intègre aux infrastructures des opérateurs mobiles, assurant une itinérance fluide entre les réseaux terrestres et satellitaires.

Expérimentation réussie en Grèce

Basée à Mountain View, en Californie, Skylo a été fondée en 2017 par Parthsarathi Trivedi et Tarun Gupta, des diplômés de Stanford et du MIT, qui bénéficient d’une expérience forte sur le marché du « new space ».

La société, qui a levé 116 millions de dollars depuis sa création, a multiplié les partenariats avec les fabricants se semi-conducteurs, (Qualcomm, ST Microelectronics, Mediatek) et les constructeurs de téléphones mobiles (Google, Samsung).

Côté opérateurs, après avoir signé avec Verizon aux États-Unis, Skylo arrive en Europe avec un premier partenariat conclu avec Deutsche Telekom. Fin novembre, l’opérateur allemand annonçait avoir réussi l’envoi et la réception de SMS sur une île isolée en Grèce via sa filiale grecque Comoste.

L’appareil utilisé était équipé du système Snapdragon X80 5G Modem-RF de Qualcomm mais tout l’enjeu est de proposer ce service depuis n’importe quel terminal. « Bientôt, les abonnés n’auront plus à réfléchir à deux fois à la couverture avant d’envoyer des SMS », se réjouissent Deutsche Telekom et Skylo dans un communiqué commun.

Partenaires ou adversaires des opérateurs ?

Si ce service « direct-to-handset » permet dans un premier temps aux opérateurs de compléter leurs réseaux dans les zones blanches, ils pourraient se voir concurrencer à terme par ces acteurs du new space.

Après les américains AT&T et Verizon, sept opérateurs européens, dont Orange, ont demandé, en octobre dernier, au régulateur américain de bloquer Starlink dans ses velléités d’attaquer la marché de la téléphonie mobile. Avec le retour au pouvoir de Donald Trump et de son « ami » Elon Musk, il y a peu de chances qu’ils soient entendus.

A la différence de la filiale de SpaceX, une startup française, Constellation Technologies & Operations, entend travailler main dans la main avec les opérateurs télécoms en leur proposant une solution de connectivité depuis l’espace.

L’IoT par satellite

Pour en revenir à Skylo, la société américaine à une autre corde à son arc. Sur le marché BtoB, elle propose d’apporter une connectivité satellitaire à des millions de capteurs et d’objets connectés dans le monde.

En remontant des données en temps réel, même dans les endroits les plus isolés, cette offre dédiée à l’internet des objets (IoT) peut intéresser les acteurs de l’automobile, de l’agriculture, de l’énergie, de la logistique ou du transport maritime.

Sur ce même créneau de l’IoT satellitaire, une autre startup française, Kinéis, a fait le choix de constituer sa propre constellation de 25 nanosatellites. D’un poids de 28 kg seulement, ils sont placés en orbite basse, à 650 km d’altitude. Le 8 février dernier, Kinéis réussissait son quatrième lancement.



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