sur les réseaux sociaux, une lutte des classes parentale à coups de hashtags

sur les réseaux sociaux, une lutte des classes parentale à coups de hashtags


Les internautes friands de contenus en ligne autour de la parentalité seront difficilement passés à côté du nouveau vocable à la mode sur le TikTok francophone : « ghettossori ». Contraction de « ghetto » et de la méthode éducative « Montessori », le terme a émergé à la fin de décembre sur les comptes de mères parodiant l’éducation positive : elles chantent Bande organisée en guise de comptine, expliquent que « bien sûr il y a des paquets de chips au cas où le repas n’est pas prêt » ou ne laissent passer « aucune crise au magasin » devant les gens. « On a remarqué que si l’enfant évolue dans un environnement un petit peu ghetto, il sera plus enclin à se débrouiller seul et faire face à la vraie vie », résume avec ironie Jessica French Riviera, qui a 180 000 abonnés et une passion immodérée pour le rappeur Lacrim.

Derrière la tendance, il y a bien sûr l’idée de rompre avec le mythe des parents parfaits, patients en tout lieu et à l’écoute des émotions de leurs enfants. Car sur les réseaux sociaux, les préceptes de la pédagogie alternative fondée par Maria Montessori au début du siècle dernier sont devenus, à tort, symboles d’un laxisme parental qui supposerait que les enfants peuvent agir à leur guise et sans cadre. Un laisser-faire que dénoncent les parents « ghettossori », tout en défendant un droit à l’imperfection.

Ce n’est pas la première bataille éducative à laquelle se livrent des influenceurs ou internautes axés sur la parentalité. Sans s’appesantir sur la fracture générée par les prises de position de la psychologue Caroline Goldman et sa méthode du time-out, il y a aussi la bataille entre les beige moms (« les mamans en beige »), qui prônent une esthétique de vie tout en tons neutres, et les color moms (« les mamans en couleur »), qui auraient sacrifié leur bon goût en acceptant d’offrir à leurs enfants des produits chamarrés et siglés à l’effigie de leurs héros préférés. Preuve, là encore, que sur les réseaux sociaux, la parentalité est un terrain d’esthétisation et de réification comme un autre.

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