un premier aperçu sans fausse note

un premier aperçu sans fausse note


Il bondit sur des plates-formes colorées, plonge dans des tuyaux, saute sur la tête d’adversaires mignons et ingurgite des champignons pour grandir. En apparence, Super Mario Bros. Wonder semble n’être qu’un énième descendant d’une illustre lignée de jeux de plates-formes, dont le premier né est sorti en 1985 sur la console NES.

Son défilement latéral évoque même la 2D d’antan, abandonnée au profit de la 3D à partir de Super Mario 64 (1996) puis brillamment revisitée avec New Super Mario Bros. (2006). Cependant, au terme d’une prise en main de quarante-cinq minutes lors de la Gamescom, salon du jeu vidéo qui se tenait du 23 au 27 août à Cologne, force est de constater que ce prochain épisode, qui sortira sur Switch le 20 octobre 2023, modernise son héritage et le met sens dessus dessous. « A l’époque, le premier jeu était plein de mystère et de secrets. Mais l’un de nos défis [sur cet épisode], c’est qu’ils se sont normalisés avec les suites. Nous voulions donc proposer un jeu bourré de surprises en phase avec notre époque », nous explique Shiro Mouri, le réalisateur du jeu.

« Flower power »

Pour éviter le déjà-vu sur une série quasi quadragénaire, ses équipes ont donc commencé par changer de cadre : exit le Royaume Champignon, direction le Royaume Fleur du prince Florian, menacé par les sbires de Bowser – le traditionnel monstre cracheur de feu. Dans ce nouvel univers, Mario ou le décor mutent au contact des « fleurs wonder », des végétaux bleu et blanc placés sur son chemin. « Dans chaque niveau principal, la fleur déclenche une surprise différente. Le mot “wonder” [émerveillement] retranscrit ce sentiment que nous souhaitions susciter. Il était d’abord un nom de code pour le projet, puis est devenu le titre du jeu », détaille Takashi Tezuka, le producteur du jeu qui s’occupe de la série depuis ses débuts et qui réfute ici toute référence à Alice au pays des merveilles, de Lewis Carroll.

Des végétaux aux effets psychédéliques.

Chaque « fleur wonder » vient donc générer des propositions de jeu différentes. Dans un niveau, elle attire une horde de bisons qui emporte tout sur son passage, y compris le traditionnel drapeau marquant la fin du niveau. Ailleurs, elle métamorphose Mario en Goomba, un méchant champignon rencontré pour la première fois il y a trente-huit ans. Sous cette forme fongique, le plombier sauteur est alors cloué au sol et doit jouer à cache-cache avec des monstres gloutons.

« Beaucoup de membres de l’équipes voulaient que l’on joue un Goomba, se souvient Takashi Tezuka. C’était une idée légère et amusante, un bon point de départ à partir duquel nous avons travaillé pour intégrer une nouvelle idée de gameplay [manière de jouer]. »

Les équipes ont ainsi travaillé à récolter un lot d’idées inédites pour subvertir la matrice bien identifiée des chefs-d’œuvre en 2D de Nintendo. Une nouvelle mécanique qui bouleverse la partition habituelle d’un Super Mario Bros., d’ordinaire élégante et millimétrée comme un morceau de musique classique, pour glisser vers une philosophie plus proche du jazz : imprévisible, bourré de ruptures et en mutation permanente.

Chacun son rythme

Fidèle à ce nouvel esprit, ce dernier rejeton de la série nous laisse aussi choisir notre propre cadence. « Nous voulions donner plus de liberté » aux joueurs, souligne Shiro Mouri. Le parcours des mondes ne suit plus un ordre de niveaux imposés. Nous pouvons les picorer à notre guise, leur degré de difficulté étant indiqué avec des étoiles. « Avec ce système de carte ouverte, il est possible de passer les niveaux qui semblent difficiles, puis d’y revenir plus tard. Mettre en place ce système nous permet également d’intégrer des niveaux ardus dès le départ. Nous espérons que les joueurs expérimentés les essaieront », précise Takashi Tezuka.

Nous ne parcourons plus les mondes sur des rails. Vive le hors-piste.

La personnalisation des personnages nous fait par ailleurs gagner en autonomie. Contrairement aux pouvoirs individuels associés à chacun d’eux depuis Super Mario Bros. 2, Mario, Peach, Toad, Luigi et consorts ont ici les mêmes capacités, à l’exception de Yoshi et Nabbit, conçus pour les plus inexpérimentés, qui sont immortels mais insensibles aux bonus. Désormais, il est possible de débloquer des mouvements spéciaux, comme planer avec sa casquette ou faire un saut supplémentaire sur une paroi, grâce à des badges qui peuvent être associés à n’importe quel personnage. A nous d’adapter notre approche selon le défi à surmonter.

L’expérience, plus libre, est d’autant plus engageante que ce Mario en vue latérale fourmille d’animations et de bruitages. Pour Takashi Tezuka, l’évolution technologique du matériel a incité ses équipes à beaucoup « expérimenter sur l’expressivité des personnages ». Mario rattrape sa casquette quand il entre dans un tuyau, les Goombas ont des bulles de salive au coin de la bouche, de petits nuages de poussière se forment quand les personnages courent… Ces aventures de la mascotte de Nintendo se veulent aussi vivantes que l’adaptation en film d’animation, qui a triomphé au cinéma au printemps.

Chaque partie peut accueillir plusieurs personnes sur la même console ou en ligne. Désormais, les personnages des différents joueurs ne se bloquent plus lorsqu’ils se croisent, la coopération n’en est que plus fluide.

Belles à regarder et souvent comiques, les nouvelles transformations dont peut faire l’objet Mario révèlent enfin une palette d’actions plus complexes que les autres bonus. Le fruit qui nous change en pachyderme est l’occasion de pousser des objets lourds et de donner des coups de trompe. L’appendice nasal, multifonction, permet autant de jongler avec des carapaces que de récolter de l’eau puis de la recracher pour se défendre ou modifier le décor. Le chapeau foreur, quant à lui, nous propulse sous le sol ou dans le plafond, nous permettant d’éviter les adversaires ou d’en surgir pour les attaquer.

La prise en main se révèle donc sans fausse note. Seul regret : les apparitions, en mode multijoueur en ligne, de joueurs inconnus dans nos parties sous forme de fantôme, n’étaient pas techniquement disponibles. Il faudra attendre la sortie du jeu pour appréhender la pertinence de cette fonctionnalité. En définitive, Super Mario Bros. Wonder ne trahit pas les promesses d’émerveillement de son titre et rappelle le secret de longévité du plombier moustachu : toujours se réinventer sans trahir l’ADN de son illustre lignée.



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