L’année fatidique est là. Elon Musk l’avait promis : SpaceX visera Mars « fin 2026 ». Alors que le compte à rebours est lancé, entre alignement planétaire critique et défis techniques, le Starship peut-il vraiment décoller cette année ?
L’heure de vérité a sonné pour SpaceX. 2026 n’est plus une date lointaine, c’est maintenant. Elon Musk joue sa crédibilité, ou presque, sur cette année charnière : il a promis d’envoyer le colossal Starship vers Mars avant décembre. Une course contre la montre s’engage pour transformer cette promesse audacieuse en réalité historique.
Une promesse qui prend désormais des allures de défi contre la montre. Alors que les mois défilent, la question n’est plus de savoir si Musk veut y aller, mais si la technologie suivra la cadence infernale imposée par le calendrier céleste. Coup de bluff ou exploit imminent ?
Fin 2026 : la fenêtre de tir qu’il ne faut pas rater
Cette obsession pour la fin 2026 n’est pas un caprice du calendrier, c’est de la mécanique céleste pure. Pour aller sur Mars sans brûler des quantités astronomiques de carburant, il faut attendre ce qu’on appelle communément « l’opposition de Mars », c’est à-dire la fenêtre de tir optimal.
C’est le moment précis où la Terre et Mars sont au plus proche. Le hic, c’est que cet alignement critique ne se produit que tous les 26 mois. Concrètement, la fenêtre s’ouvre entre mi-novembre et décembre 2026. Si SpaceX loupe ce coche, il faudra attendre 2028 pour retenter sa chance. Musk le sait : c’est maintenant ou dans deux ans. Cette contrainte physique explique la pression monstre qu’il met actuellement sur ses équipes à la Starbase de Boca Chica.
Un développement explosif (au sens propre)
Le problème, c’est que la fusée n’est pas tout à fait prête et que le chemin est encore semé d’embûches. Il suffit de regarder dans le rétroviseur : l’année 2025 a été un véritable tour de montagnes russes pour le programme. Si le mois de mai a été marqué par une désintégration spectaculaire lors de la rentrée atmosphérique, les équipes ont su redresser la barre avec deux succès majeurs en août et octobre, validant des amerrissages contrôlés.
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Cependant, la fin d’année 2025 a rappelé la rudesse du secteur spatial. Le booster 18, qui devait équiper la nouvelle version plus puissante de la fusée (Starship v3 ou block 3), a explosé lors d’un simple essai au sol. On est donc face à un paradoxe : SpaceX prouve qu’elle sait rebondir très vite en construisant un nouvel étage en urgence, mais chaque incident grignote un temps précieux sur le planning du premier trimestre 2026. Pour beaucoup d’observateurs, vouloir envoyer ce vaisseau sur Mars maintenant revient à demander à un enfant qui tient à peine debout de courir un marathon.
Le casse-tête du ravitaillement en orbite
C’est là que ça se corse techniquement. Envoyer le Starship en orbite est une chose ; l’envoyer vers Mars en est une autre. Pour s’arracher à l’attraction terrestre vers l’espace profond, le vaisseau a impérativement besoin de refaire le plein là-haut.

Cela implique une chorégraphie orbitale d’une complexité inouïe. Il faudra d’abord lancer une « cible » faisant office de dépôt de carburant, puis enchaîner avec d’autres vaisseaux pour la remplir. C’est une technologie de transfert de carburant cryogénique que SpaceX n’a pas encore totalement maîtrisée en conditions réelles. Avec un calendrier qui prévoit au moins huit lancements cette année, le moindre grain de sable – un crash, une enquête administrative ou une météo capricieuse – pourrait refermer inexorablement la fenêtre de décembre.
La Lune et la géopolitique en embuscade
N’oublions pas que Mars n’est pas le seul objectif dans le viseur. La NASA attend SpaceX au tournant pour le programme Artemis III, qui doit ramener des Américains sur la Lune, le Starship devant servir d’atterrisseur.
Le contexte politique ajoute une couche de pression supplémentaire, notamment avec la course effrénée contre la Chine qui vise la Lune pour 2030. Washington veut y être avant, et l’administration américaine ne tolérera pas de retard excessif. Si Musk échoue trop souvent ou accumule les délais, la crédibilité de SpaceX pourrait être entachée, même si les alternatives pour la NASA restent aujourd’hui très limitées.
En résumé : ça passe ou ça casse
Elon Musk reste un maître du marketing. Maintenir l’objectif de Mars pour 2026 permet de garder la « hype », d’attirer les investisseurs et de motiver ses troupes à un rythme soutenu. Même si le Starship ne part pas en décembre, l’objectif aura permis d’accélérer le développement de manière spectaculaire.
Si le pari est tenu, ce sera un exploit historique qui changera notre rapport à l’espace. Sinon ? Ce sera un autre report dans la longue liste des promesses en « Elon Time ».
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Source :
Journal du Geek