Garmin ou Suunto ? Quelle montre de sport choisir que ce soit pour le trail, pour les sports outdoor, la montagne ou la mer ? Pour vous aider à vous faire votre avis, on a testé les deux meilleurs modèles du moment lors d’un trail nocturne. Voici le test en conditions réelles.
Si un jour, au départ d’une course, dans l’étroitesse jubilatoire d’un sas de départ, vous apercevez un coureur avec une montre à chaque poignet, par pitié, ayez un peu d’indulgence. Le pauvre bougre n’est sans doute pas aussi obnubilé par ses stats de course qu’il en a l’air… Il est peut-être tout simplement en train de tester des montres.
C’est ainsi que nous avions choisi de confronter, il y a quelques semaines, l’Apple Watch Séries 11 et la Galaxy Watch8 sur le 20 km de Paris, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le test a été truffé d’enseignements. Cette fois-ci, changement de décor mais pas de méthode. Changement d’acteurs aussi puisqu’on bascule sur des spécialistes du sport connecté avec deux des marques les plus emblématiques dans le monde des marques de sport : Garmin et Suunto.
Deux montres, deux ambiances
Les deux montres de notre test grandeur nature n’ont évidemment pas été choisies au hasard. D’un côté, la référence de sa catégorie, la Fénix 8 Pro de Garmin, la mise à jour la plus récente du modèle le plus haut de gamme du fabricant américain.

Ce qu’elle a de plus par rapport à sa prédécesseure qui a remporté notre prix de la meilleure montre connectée l’an dernier ? Principalement un superbe écran microLED et une connexion satellitaire espérée de longue date par les utilisateurs les plus exigeants. Voilà pour notre poignet gauche.
Garmin Fenix 8 Pro au meilleur prix Prix de base : 1 199 €

Sur le poignet droit, une Suunto, le concurrent historique de Garmin, particulièrement plébiscité par les pratiquants de sports de montagne. Avec cette nouvelle version de la Vertical, la marque veut confirmer qu’elle est de retour au premier plan. Contrairement à Garmin qui renouvelle son modèle premium tous les ans, Suunto a travaillé près de deux ans sur cette Vertical apportant ainsi des nouveautés majeures.
Suunto Vertical au meilleur prix Prix de base : 599 €
Voir plus d’offres
Leur point commun ? Elles représentent l’une et l’autre ce que chaque fabricant fait de mieux. Quoi de mieux dans ce cas que de les tester sur le terrain de jeu dans lequel elles sont censées exceller. À noter tout de même une nette différence de prix entre les deux modèles. Là où Suunto affiche son haut de gamme à 599 euros, il faut exactement le double pour s’offrir le joyau de Garmin, 1199 euros s’il vous plait. Cette différence n’est évidemment pas sans conséquence dans notre analyse finale.

Les acteurs étant connus, passons maintenant à la présentation du terrain où a lieu l’affrontement.
La course : le 20 km nocturne des 40 bosses
Pour pouvoir confronter ces deux modèles, il y avait bien sûr l’embarras du choix, mais quoi de mieux qu’un bon trail, avec un peu de dénivelé (et pourquoi pas de nuit) ? Nous avons donc opté pour les 40 bosses, une course bien connue des amateurs de « longues balades en forêt », en région parisienne, qui a la particularité de proposer le trail avec le plus de dénivelé en Île-de-France.

Pour notre test, nous nous sommes contentés de l’une des courses les plus accessibles du programme : le 20 km nocturne et ses « près de » 1 000 m de D+ (on est plus près des 900 en réalité).
Petite précision utile : nous n’avons pas attendu le jour de la course pour utiliser les deux montres. Bien entendu, celles-ci ont été testées tout le mois qui a précédé le trail. Elles ont accompagné notre « prépa » et nous ont permis de nous accoutumer à leur utilisation. Autre précision de circonstance : l’auteur de ses lignes utilise au quotidien une Fenix 8 de Garmin, le précédent modèle de la marque. La découverte de la version « Pro » a donc été facilitée par cette expérience.
Performances en course : un bel écran visible même la nuit
Deux aspects prédominent lorsqu’il s’agit de juger de la qualité d’une montre en course :
- sa lisibilité, autrement dit, permet-elle au coureur d’avoir à tout moment une idée de sa performance ou du parcours restant ?
- son confort d’utilisation : est-elle agréable à porter, facile à manipuler et bien pensée en termes d’ergonomie ?
Pour ce qui est de la première question, il nous faut concéder que les deux montres ont, avec leur écran respectif, un argument de poids. Si le test principal a eu lieu de nuit, il convient aussi d’étendre l’analyse à l’entraînement en journée, plus classique et qui concernera davantage d’utilisateurs.
De nuit, simplement éclairés de notre frontale (et de celle des autres coureurs dans les environs), la lecture, que ce soit sur la Vertical 2 ou la Fenix 8 Pro, n’a souffert d’aucune difficulté. L’écran OLED de la Suunto se comporte à merveille dans ces conditions qui mettent son pic lumineux en valeur. Côté Garmin, c’est aussi un jeu d’enfant, tant l’écran MicroLED est à l’aise sur ce terrain nocturne.

En revanche, c’est en journée et notamment lorsque le soleil brille que la Fénix 8 Pro prend l’avantage. Garmin ne s’y est pas trompé et c’est la raison pour laquelle la marque américaine a tenté l’aventure microLED. Le résultat est absolument bluffant, même en plein soleil, l’écran reste visible et la navigation s’en trouve facilitée, notamment sur la partie cartographie de la montre.
Garmin Fenix 8 Pro au meilleur prix Prix de base : 1 199 €
Confort d’utilisation : Garmin garde l’avantage
Le confort d’utilisation est une donnée souvent injustement considérée lorsqu’on parle d’une montre de sport. Pourtant, que ce soit en matière de ressenti au poignet ou simplement de confort d’usage, ce paramètre est essentiel… d’autant plus lors d’activités sportives longues de plusieurs heures.

À cet égard, le poids et l’épaisseur de la Fénix 8 Pro ne jouent pas vraiment en faveur de Garmin. Légèrement plus fine, mais pesant également quelques grammes de moins, la Vertical 2 se fait davantage oublier.
En revanche l’équilibre des forces s’inverse lorsqu’il est question d’utilisation et plus particulièrement pendant une course ou un trail. À cet égard, le choix de Garmin de proposer davantage de boutons physiques est un plus, notamment lorsque les conditions de course se compliquent (pluie, boue, froid, etc.).

Sur ce point, le choix de Suunto de se limiter à une navigation hybride (un mélange d’utilisation de l’écran tactile et des X boutons de la montre) s’avère moins pertinent à notre avis, notamment lorsqu’on vient de mettre les mains dans un tas de boue pour amortir une glissade…
Précisons également que nous n’avons pas eu besoin d’utiliser la fonction « lampe torche » des deux montres, ce qui n’empêche pas d’apprécier leur présence. Certains coureurs que nous avons croisés, en panne de frontale, n’auraient d’ailleurs pas craché sur une telle option.
Précision des données : Garmin Fénix 8 Pro ou Suunto Vertical ?
Commençons par l’évidence : le trail n’est pas une science exacte. Contrairement à la course sur route, il peut y avoir quelques légères variations entre ce que l’organisateur d’une course a mesuré au départ et le chemin réellement emprunté par les coureurs. Celle-ci est peut-être de l’ordre de quelques dizaines de mètres sur la distance et de quelques mètres sur le dénivelé. Toutefois, à l’issue d’une course, une montre est supposée arriver à un résultat assez proche de ce qui a été défini par l’organisation, surtout dans une course relativement sérieuse, ce qui est le cas des 40 bosses.

Nous baserons donc notre comparaison sur les données officielles et non, comme à notre habitude, sur notre montre de référence.
En l’occurrence, le parcours des 20 km nocturnes des 40 bosses a été mesuré à 20 km (évidemment nous direz-vous) avec 860 m de D+. Mais qu’ont mesuré chacune des montres que nous avions aux poignets ?
Distance :
Les deux montres ont relevé une distance relativement proche du parcours officiellement mesuré. Néanmoins, avec 20,10 km la Fénix 8 Pro s’est révélée particulièrement précise. En effet, sur un parcours forestier et vallonné, une si faible marge d’erreur témoigne d’un très haut niveau de précision.
À titre de comparaison, la Vertical 2 a mesuré un trail de 20,51 km, ce qui est légèrement moins précis mais tout de même très correct. Net avantage à Garmin sur ce point.

Dénivelé :
En matière de dénivelé, la marge d’erreur généralement constatée est un peu plus importante et c’est aussi le cas sur notre parcours, aucune des deux montres n’ayant réussi à se rapprocher avec suffisamment de précision des 860 m officiellement mesurés. Toutefois, la balance penche cette fois du côté de Suunto. La Vertical 2 donne raison à la confiance que lui accordent les montagnards en relevant 895 mètres d’ascension.
Garmin se loupe légèrement sur cet exercice avec un relevé de 914 mètres, soit 54 m de plus que la donnée du parcours officiel. Comment expliquer ce raté relatif pour une montre aussi précise par ailleurs ?

La première option serait de refaire le parcours, et de vérifier à nouveau les données mesurées, mais avouons-le sans complexe, cette idée ne nous a traversé l’esprit qu’une poignée de secondes.
Autre possibilité : confronter les données de l’altimètre de la Fénix 8 Pro avec celles de notre Fénix 8 lors des séances d’entraînement passées. Or, ce que révèle la comparaison de ces data, c’est que la Fénix 8 Pro est habituellement assez précise et colle aux mesures de notre parcours de test.
Nous privilégierons donc ici la thèse de « l’incident isolé », même si pour des raisons évidentes, nous attribuerons le point à Suunto. Après tout, c’est le jour J qu’il faut être performant.
Fréquence cardiaque :
Le rythme cardiaque peut être très important pour les coureurs de trail. Certains d’entre eux gèrent d’ailleurs leur effort uniquement sur la base de cette donnée, notamment dans les pauses d’ascension.
Sur ce point, nos deux montres de test font jeu égal. Leur capteur des FC au poignet affiche des résultats incroyablement proches, soit une moyenne de 156 bpm en course pour les deux. Quant à la FC max mesurée, elle est là aussi quasi identique : 175 bpm pour la Fénix 8 Pro contre 174 bpm pour la Vertical 2.
Notons par ailleurs que même si nous n’avions pas les yeux rivés sur nos montres pendant la course (préférant éviter les racines les cailloux), nous n’avons pas constaté de différence majeure dans l’affichage du rythme cardiaque.
Les autres données :
Si la distance, le dénivelé et la FC sont les principales données à prendre en compte, il convient de noter que la Fénix 8 Pro est capable d’aller beaucoup plus loin dans les informations fournies pendant la course. Sur ce point, Suunto préfère se limiter aux données classiques et renvoie l’utilisateur vers l’application (après la course donc), pour consulter le reste de la data récoltée.
C’est une différence d’approche qui peut compter pour certains utilisateurs et qui fera donc préférer Garmin sur cet aspect.

Après la course : le temps de l’analyse
C’est une chose d’avoir ses données de course en temps réel, c’en est une autre de pouvoir consulter à posteriori l’ensemble des datas récoltées pendant l’exercice afin de mieux l’analyser. À ce jeu, nos deux concurrentes ne font pas jeu égal.

Ici, il faut distinguer deux choses : la quantité de données disponibles, le niveau d’analyse fourni et les détails sur la course d’une part et la plateforme qui permet de les consulter de l’autre. Sur ce point, les utilisateurs de Garmin doivent toujours composer avec la véritable usine à gaz qu’est Garmin Connect, et même si au fur et à mesure des mises à jour, l’application gagne quelque peu en clarté, elle n’en demeure pas moins d’une complexité sans nom. À l’opposé, et nous l’avions souligné lors de notre test de la Race, l’application de Suunto est un bonheur d’utilisation quotidienne. Simple, fluide, bien organisée et agréable à utiliser, elle tranche radicalement avec les efforts que nécessitent chaque lancement de l’application Connect.
Cela étant dit, une fois passée l’étape de la navigation et du plaisir d’utilisation, c’est bien sur Garmin que l’on trouve le plus d’informations, que ce soit sur la course, mais aussi sur la « physique » du coureur. Certes, tous les coureurs n’auront peut-être pas besoin de connaître la longueur moyenne de leurs foulées, le rapport vertical moyen ou le temps de contact avec le sol, surtout en trail. Pour ceux qui veulent pousser l’analyse jusqu’à ce niveau de détail, Garmin propose une multitude de données.
Suunto, tente de faire jeu égal, mais ne peut pleinement rivaliser. En revanche, on appréciera la présence de quelques stats absentes de Garmin, comme le nombre d’ascensions dans un trail (19 dans notre cas). En revanche, on trouve encore sur l’application Suunto quelques menus ayant échappé à la traduction, jusqu’à une prochaine mise à jour sans doute.
Autonomie : Suunto est plein de surprises
Disons-le tout de go, nous avons été particulièrement surpris par nos résultats d’autonomie. Depuis quelques années maintenant, Garmin fait figure de référence incontournable dans le segment des montres de sport. La marque américaine a basé sa réputation récente en partie sur cette domination en matière d’autonomie, une donnée essentielle lorsqu’on envisage l’achat d’une montre pour de l’ultra trail.
Suunto Vertical au meilleur prix Prix de base : 599 €
Voir plus d’offres
Le passage il y a deux ans à l’écran OLED, d’abord sur le modèle Epix Gen2 puis sur la Fénix 8 n’a pas changé la donne. Quid de l’utilisation du microLED sur la dernière-née des Fénix ? Il n’est pas sans conséquences ! Si en matière de confort d’utilisation et de visibilité l’affichage est irréprochable, il est également un peu plus gourmand.
Nous avons rechargé les deux montres jusqu’au dernier moment avant la course. Sur la ligne de départ, nos deux modèles de test étaient toujours à 100 % de leur capacité. Deux heures et quarante-cinq minutes d’effort plus tard, qu’en est-il de nos deux concurrents ?

La Suunto Vertical n’a perdu que 7% de batterie et affiche fièrement 93% d’autonomie. Quant à Garmin, la Fenix 8 Pro est en léger retrait avec 87% de batterie restante. Dans les deux cas, la consommation est remarquable et donne l’assurance d’un suivi sur des dizaines d’heures. Mais il est tout de même étonnant de voir Garmin battu sur cet aspect.
Verdict du test : quelle est la meilleure pour le trail ?
Quel duel de haut vol ! On croyait cette rivalité historique terminée, mais la Vertical 2 et la Fénix 8 Pro nous ont démontré que Garmin et Suunto pouvaient toutes deux clamer avoir la meilleure montre de sport dans leur catalogue. Du côté de Garmin, on mettra en avant la précision des données, GPS en tête, le nombre foisonnant d’informations et un écran microLED unique sur le marché.
Garmin Fenix 8 Pro au meilleur prix Prix de base : 1 199 €
Suunto Vertical au meilleur prix Prix de base : 599 €
Voir plus d’offres
Côté Vertical 2, on soulignera une meilleure précision de l’altimètre et des mesures finalement très proches de ce que réalise la montre référence de Garmin. Mais surtout, on mettra en avant une autonomie titanesque qui permet d’utiliser sa montre pendant une semaine sans avoir à se soucier de la charger.

Les puristes du trail, ou les coureurs les plus exigeants, donneront sans doute l’avantage à Garmin, et on aurait aimé les accompagner sans nuance. Toutefois, nous sommes obligés de constater qu’une Fénix 8 Pro coute le prix de deux Suunto Vertical ce qui sur la base de notre test semble bien difficile à justifier. En conséquence, on ne saurait que trop conseiller aux amateurs de la montre américaine de regarder du côté de l’excellente Fénix 8 de l’année dernière, presque aussi performante que la nouvelle version et disponible à moins de 800 euros sur certaines boutiques en ligne.
Quant aux autres, ceux qui préfèrent l’excellent rapport qualité/prix de la Vertical 2, vous pouvez tout simplement foncer.
?? Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.