Jusqu’ici cantonnée à sa gamme Core à destination des professionnels, la marque française Crosscall a décidé il y a peu avec son Stellar-X5s (et le Stellar-M6) de s’adresser aux particuliers. Comme toujours, il s’agit de proposer des smartphones très solides et endurants conçus pour tout affronter sans broncher. Sont ici spécialement ciblés les sportifs et les baroudeurs avec un terminal rempli de fonctionnalités et de raccourcis pour simplifier la vie à l’extérieur ou même l’appel des secours. Voyons donc voir quelles sont ces spécificités et si le smartphone ne fait pas trop de sacrifices du côté des éléments plus classiques mais tout aussi indispensables, comme l’écran, l’autonomie ou les performances.
Difficile pour ce test de réellement le comparer à d’autres smartphones tant sa proposition est unique. Nous avons malgré tout décidé de l’opposer à des smartphones aux prix équivalents, et notamment au récent Motorola Edge 70, qui mise lui aussi sur la solidité malgré sa finesse.
Prix et disponibilité du Crosscall Stellar-X5s
Aussi bien dans sa version classique noire que dans sa robe blanche édition Chamonix Mont-Blanc ici testée (et qui n’a pas que sa robe comme élément distinctif), le Crosscall Stellar-X5s est proposé à 699,90€.
Crosscall Stellar-X5s au meilleur prix Prix de base : 699 €
Design : la montagne, ça vous gagne
Livré à la rédaction dans un bloc de glace (non, ce n’est pas une blague), le Crosscall Stellar-X5s est sans surprise un beau bébé. Pesant 249 g sur la balance, le terminal n’a cependant pas besoin de coque pour protéger son corps imposant (172,4 x 80,1 x 11,9 mm). C’est assurément un smartphone que vous sentirez dans votre poche, mais le résultat aurait pu être encore plus imposant et gênant à manipuler.
Dans son corps en plastique dur, le terminal multiplie les spécificités. Si l’on trouve un classique bouton d’alimentation sur le côté droit, qui fait également office de lecteur d’empreintes digitales (pas sous l’écran, donc), ainsi que des boutons de volume, la solution de l’assembleur aixois va plus loin. Deux boutons supplémentaires et paramétrables sont ainsi proposés sur les tranches, en bas à droite et en haut à gauche. Tous sont bien placés pour être aisément accessibles sans les activer par erreur. Pour terminer avec les tranches, relevons que le slot Sim (pas de support microSD) se trouve en haut à gauche et que la prise USB-C est protégée en bas par un cache pour assurer son isolement.

En façade, on relèvera que l’écran est très légèrement engoncé dans le corps du terminal, avec des bords qui dépassent légèrement au-dessus. Au dos, le constructeur profite du corps blindé de son smartphone pour intégrer les appareils photos, qui ne dépassent pas de l’ensemble. Les deux capteurs côtoient un flash, et quelques éléments visuels et textures à droite à gauche permettent de donner un peu d’identité à l’ensemble. Malgré le tout plastique, le Crosscall Stellar-X5s respire assurément la solidité sans pour autant trop donner l’impression d’être un tank.

Au-delà de résister aux chutes et aux chocs (le test de chute annonce 40 chutes sur les 6 faces à 1,50 m sur du béton), ce design répondant à la norme militaire MIL-STD-810H,a aussi pour vocation de fournir des certifications d’étanchéité élevées. Certifié IP68, IPX8 et IP6X, le smartphone se veut donc étanche à la poussière et partiellement à l’eau salée (30 minutes à 2 mètres de profondeur). De quoi filmer un peu sous l’eau donc, tandis que les températures d’utilisation sont les suivantes : -25° et +60 °.

Relevons enfin que Crosscall fournit dans la boîte une dragonne (qui s’attache en bas à gauche dans un emplacement prévu à cet effet) et un système de fixation.
Logiciel et fonctionnalités uniques : un usage bien pensé pour l’extérieur
Une fois n’est pas coutume, dans ce test parlons tout de suite de la partie software du Crosscall Stellar-X5s. Relevons d’ailleurs que le terminal ne se veut pas seulement endurant du côté hardware. Livré avec Android 15, il bénéficiera de mises à jour logicielles jusqu’à Android 18, tandis que les correctifs de sécurité sont assurés jusqu’en 2031 minimum.
Si à première vue il s’agit ici d’une version d’Android quasiment stock, la surcouche modeste de Crosscall recèle cependant trois éléments uniques principaux. Le premier est donc la présence de deux boutons physiques paramétrables. Par défaut, selon une pression longue ou une pression triple, ces derniers sont réglés pour lancer des choses classiques comme la lampe torche et l’appareil photo, ou des éléments plus spécifiques, comme les fonctionnalités de sécurité personnelle (pratique en cas de pépin dans la nature pour contacter les secours) ou le mode Outdoor.
Ce dernier, exclusif aux modèles Chamonix Mont-Blanc, permet de couper temporairement les notifications de certaines applications ou encore de faire de grosses économies de batterie en coupant les services inutiles (WiFi, NFC, effets visuels…). Le tout est évidemment paramétrable et est conçu pour profiter au mieux de sa balade sans distraction. Enfin, outre X-Story pour créer rapidement et aisément des montages de ses photos et vidéos, Crosscall propose plusieurs applications maison, dont X-Space. Avec cette fonctionnalité cette fois pensée pour l’intérieur, brancher le smartphone en USB-C ou en WiFi à un écran compatible permet alors de profiter d’un mode bureau pour profiter de “la même expérience qu’avec un ordinateur”, à condition de disposer d’un clavier et d’une souris.
Bref, malgré la sobriété de sa surcouche qui assure le minimum côté personnalisation et productivité, Crosscall propose ici une solution complète et originale tout en limitant les bloatwares à une toute petite poignée d’applications utiles et faisant sens (iphigénie, Chamonix et Whympr).
Écran : ça pique
Protégé par du verre Corning Gorilla Glass Victus2, l’écran de 6,49 pouces du Crosscall Stellar-X5s est probablement son plus gros point faible. Tout d’abord, et cela sautera aux yeux même des néophytes, son ratio d’affichage n’est que de 73,2 %. En résulte des bordures noires très présentes, surtout en bas et en haut.

Classique dans sa définition FHD+ (1080 x 2400 pixels) et sa fréquence de rafraichissement de 120 Hz, cet écran est également critiquable dans sa gestion des couleurs et sa luminosité max, mesurées par nos soins avec le logiciel Calman Ultimate. Concernant le pic lumineux, impossible d’aller au-delà d’un très faible 522 cd/m². C’est peu pour le prix demandé, mais heureusement l’affichage reste assez lisible même au soleil malgré une luminosité générale perfectible.
Le constat n’est pas plus brillant concernant les couleurs, avec un Delta E 2000 mauvais aussi bien en P3 qu’en sRGB quel que soit le profil choisi. Dans le profil “Naturelles” sélectionné par défaut, le plus “proche” de la réalité, des valeurs de 5,9 pour le sRGB et de 6,5 pour le P3 révèlent une dalle mal calibrée, surtout dans les bleus/cyans. Même chose pour le Delta E des gris et une balance des blancs trop froide.

Bref, entre ses bordures très présentes, sa luminosité perfectible ou encore sa calibration partie cueillir des champignons, l’écran du Crosscall Stellar-X5s n’est pas très bon et lorgne plutôt du côté de l’entrée de gamme.
Crosscall Stellar-X5s Motorola Edge 70 Poco F7 Ultra Apple iPhone 16e Samsung Galaxy S25 FE
Taille de l’écran 6,49 « 6,67 « 6,67 « 6,1 « 6,7 «
Technologie de l’écran POLED AMOLED OLED AMOLED
Définition 2400 x 1080 2712 x 1220 3200 x 1440 2532 x 1170 2340 x 1080
Résolution 446 ppp 526 ppp 460 ppp 385 ppp
Fréquence de rafraîchissement 120 Hz 120 Hz 120 Hz 120 Hz
DeltaE 2000 des couleurs (sRGB) 5,9 1,2 2,73
DeltaE 2000 des couleurs (P3) 6,5 2,6 2,64
Pic lumineux (boost) 522 cd/m² 1463 cd/m² 1723 cd/m²
Ratio affichage/taille 73,2 % 91,3 % 90 % 86,1 % 90,1 %
Performances : quelques ralentissements
Pour son smartphone, Crosscall a choisi un SoC Qualcomm QCM5430 FP2, épaulé par 8 Go de RAM. Il s’agit donc d’une solution raisonnable pour un usage quotidien qui n’est pas pensée pour pratiquer de manière intensive du jeu vidéo gourmand.
Si l’on relèvera quelques ralentissements en multitâche ou dans l’application photo notamment, la solution est relativement véloce pour ne pas trop grogner. Pour des jeux en 3D gourmands comme Genshin Impact en revanche, il va falloir faire d’importants sacrifices visuels pour obtenir un jeu pleinement fluide. Au moins, la chauffe est très contenue et ne dépasse pas les 33,5°.

Pour le reste, 256 Go d’espace de stockage (non extensible) sont proposés, ainsi que la compatibilité 5G et eSIM. Pour les puces, du WiFi 6E et du Bluetooth 5.2 un peu vieillissant sont là.
AnTuTu 10 Score AnTuTu 10 CPU AnTuTu 10 GPU
Audio : de l’appoint déséquilibré
Doté d’un double haut-parleur stéréo (mais d’une seule grille de sortie en bas), le terminal propose ainsi un son qui manque un peu d’équilibre. Son volume maximal est honnête, de même que la qualité globale malgré une rapide saturation et des basses très discrètes. Bref, de l’appoint et guère plus.
Autonomie : le mode Outdoor à la rescousse
Doté d’une batterie dans la moyenne de 4500 mAh, le Crosscall Stellar-X5s est spécialement attendu au tournant du côté de l’autonomie, étant conçu pour être trimballé en extérieur durant de longues périodes. Malheureusement, il va falloir s’en remettre au mode Outdoor et aux fonctionnalités d’économie d’énergie pour le faire durer sur la durée.
Avec seulement 12 h 04 mesurées durant notre test d’autonomie mixte (pas vraiment conçu pour refléter un usage extérieur où l’on sort peu son téléphone notez), difficile d’aller bien au-delà d’une journée d’utilisation classique. Là aussi, la solution a des airs d’entrée de gamme malgré son prix de 700 €. Un exercice pratique vient cependant mettre une goutte d’optimisme dans ce constat : pour regarder un épisode de 42 minutes sur Netflix en WiFi avec la luminosité réglée à la moitié, il faudra se séparer d’un raisonnable et classique 3-4 % de batterie.
Côté recharge enfin, Crosscall n’indique pas la puissance de charge maximale filaire, mais nous l’avons mesurée à 15 W, avec une moyenne faible de 8 W. Ainsi il faudra plus de 3h (!) pour recharger intégralement le smartphone. En cas de besoin rapide, il faudra se contenter de 15 % récupérés en 10 minutes. Là encore, bien des terminaux de gammes inférieures font mieux. Dommage de ne pas avoir fait un petit effort pour un smartphone qu’on aimerait emporter pendant de longues randonnées sans se soucier de sa batterie.
Capacité de la batterie Autonomie mixte Temps de charge Charge en 10 min Puissance de charge maximale filaire
Photo : pas un grand photographe

Pour ce smartphone, Crosscall est parti sur un duo classique : un capteur grand-angle 50 Mpx épaulé par un capteur ultra grand-angle de 13 Mpx. Pas de téléobjectif pour photographier les animaux dans la nature ou de macro pour les plantes donc, dommage. En façade, un capteur de 16 Mpx est là pour les selfies.
Notons que les clichés de ce test ont été pris sans toucher aux paramètres par défaut (12,5 Mpx sur les 50 Mpx possibles et sans détection HDR). Pour le capteur grand-angle de jour, le terminal devrait vous satisfaire dans la nature quand le soleil est coopératif. Malgré un rendu des couleurs un peu tristoune, le rendu, la gestion des contrastes et le niveau de détails sont corrects. Le piqué a cependant tendance à rapidement diminuer en qualité dès que la lumière se fait un peu plus rare. Concernant le zoom, on évitera d’aller au maximum (x8), mais le résultat est exploitable dans de bonnes conditions sans trop dépasser les x4.
Le résultat est moins bon du côté de l’ultra grand-angle. En plus d’une classique perte de détails (surtout sur les bords des photos), la gestion des contrastes est pénalisée par une tendance à la surexposition. La colorimétrie est cependant légèrement plus respectueuse de la réalité qu’avec le capteur principal.
Passons aux photos de nuit. Disons le tout de suite : l’ultra grand-angle n’est pas fait pour ça, délivrant des photos bruitées, floues, avec des lensflares… Le résultat est un peu meilleur du côté du grand-angle, même si là aussi du bruit s’invite à la fête, que zoomer n’est pas une bonne idée, et qu’il faudra bien faire la mise au point pour espérer obtenir quelque chose de potable.
Cependant, ce dernier est un peu sauvé par le mode nuit. Ne s’activant pas automatiquement, et ne fonctionnant qu’avec le capteur grand-angle, celui-ci a heureusement le mérite de faire un bon travail. Le résultat est flagrant ci-dessous avec quelque chose de plus net, de mieux illuminé et une distance d’affichage plus élevée.
Pour les selfies enfin, le résultat proposé est tout à fait correct malgré un niveau de détails et un rendu des textures pas forcément très élevés pour cette gamme de prix.

Si le Crosscall Stellar-X5s est dépourvu de fonctionnalités IA, une gomme magique et quelques outils pour retoucher ses clichés sont malgré tout proposés. De même, le logiciel de photo maison de Crosscal ne propose pas de mode portrait, mais compense partiellement avec un mode dashcam assez inédit.
Pour la vidéo enfin, rien que de très classique avec la possibilité de filmer en qualité 4K en se limitant à 30 FPS, ou en FHD à 60 FPS.

👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.



