« comportement grégaire », politique… les vraies raisons du divorce

« comportement grégaire », politique... les vraies raisons du divorce



On le savait sur le départ, mais le fossé était plus profond qu’on ne le pensait. Dans un entretien accordé au Monde, Yann Le Cun détaille les divergences stratégiques et politiques qui l’ont poussé à quitter le navire Meta.

C’est la fin officielle d’une collaboration de douze ans qui a façonné l’intelligence artificielle moderne. Si le départ de Yann Le Cun pour monter sa propre structure n’est plus une surprise totale, les justifications qu’il livre aujourd’hui éclairent d’un jour nouveau les tensions internes chez les géants de la Tech. Le chercheur français s’est confié longuement dans les colonnes du Monde pour expliquer pourquoi il ne se retrouvait plus dans la vision de Mark Zuckerberg.

Le « comportement grégaire » de la Silicon Valley

Le principal point de rupture est idéologique. Yann Le Cun dénonce une stratégie dictée par la panique : selon lui, Meta a opéré un revirement brutal avant l’été pour se focaliser sur des objectifs à court terme, dans l’unique but de rattraper son retard sur OpenAI et Google.

Le chercheur n’y va pas par quatre chemins et fustige le « comportement grégaire » des GAFAM qui, selon lui, travaillent tous sur la même chose par peur d’être dépassés. Il estime que l’industrie est tombée dans une ornière en misant tout sur les modèles de langage (les LLM comme ChatGPT ou Gemini), aspirant ainsi toutes les ressources au détriment de projets plus ambitieux. Il considère d’ailleurs que ces technologies actuelles ne sont qu’une impasse vers une véritable intelligence humaine, les qualifiant d’« intelligence étroite ».

L’ombre de Trump et la question démocratique

L’autre motivation, plus personnelle et politique, concerne l’environnement global de la Tech américaine. Yann Le Cun, critique vocal de Donald Trump et d’Elon Musk, s’inquiète de la « dérive autoritaire » outre-Atlantique et de l’impact démocratique d’une IA monopolisée par quelques acteurs américains ou chinois.

En choisissant de baser sa nouvelle start-up, AMI, à Paris, il répond aussi à un besoin de « diversité » culturelle et politique dans le développement de ces technologies. Il explique que si les patrons de la tech américaine s’alignent aujourd’hui derrière Trump, c’est souvent par peur de représailles réglementaires, une atmosphère qu’il compare sombrement à celle des années 1930.

Une ambition : dépasser ChatGPT

Pour concrétiser sa vision, Yann Le Cun ne part pas les mains vides. Sa nouvelle structure, dotée d’un financement estimé à 500 millions d’euros, a déjà recruté des profils de haut vol comme Laurent Solly (ex-Meta France) ou Alex LeBrun (fondateur de la start-up de santé Nabla). L’objectif est de créer une « troisième révolution de l’IA » capable de comprendre le monde physique, avec des applications concrètes dans l’industrie ou la robotique d’ici quelques années.

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