Annulations et reports de jeux, fermetures de studio, réorganisation : l’électrochoc Ubisoft

Annulations et reports de jeux, fermetures de studio, réorganisation : l'électrochoc Ubisoft


Ubisoft, le géant français du jeu vidéo, opère une réorganisation majeure et s’apprête à vivre quelques mois difficiles, entre fermetures de studios, reports et annulations de jeux. Une transformation en profondeur nécessaire, selon la direction, pour « reprendre son leadership créatif » et provoquer un rebond.

Ubisoft, l’éditeur d’Assassin’s Creed, de Prince of Persia, de Far Cry et des Lapins Crétins, entre autres grosses franchises, n’est pas au meilleur de sa forme et cela dure depuis quelques années maintenant. Entre des ventes décevantes, une feuille de route parfois peu claire et une certaine perte de prestige, le groupe français qui opère des studios partout dans le monde avait probablement besoin d’un électrochoc pour remonter la pente.

Des maisons créatives pour relancer la machine

L’entreprise a donc annoncé une réorganisation majeure de son fonctionnement. Le nouveau modèle comprend désormais six « maisons créatives », chacune chargée d’un pan de l’activité d’Ubisoft. Vantage Studios, qui compte Tencent parmi ses principaux actionnaires, s’occupe des licences les plus prestigieuses du groupe (Rainbow Six, Assassin’s Creed et Far Cry), comme il avait été confirmé l’an dernier. La nouveauté d’aujourd’hui est la création de quatre autres divisions, simplement baptisées « Creative House ».

CH2 est ainsi dédié aux jeux compétitifs et aux jeux de tir, à l’image de Ghost Recon et de Splinter Cell. CH3 prend sous son aile les jeux services comme The Crew, Brawhalla et Skull & Bones. CH4 se concentre sur les jeux narratifs et de fantasy (Rayman, Might & Magic, Prince of Persia). Enfin, CH5 va gérer les jeux grand public et pour la famille, comme Just Dance ou Uno.

Chacune de ces maisons bénéficient de sa propre direction, la responsabilité de son catalogue (du développement à l’édition), et aussi de sa responsabilité financière. Autrement dit : elles devront toutes être rentables. Elles sont chapeautées par un « réseau créatif » qui va partager le savoir-faire entre studios et fournir de l’assistance.

« Nous transformons le modèle opérationnel d’Ubisoft afin de produire des jeux d’une qualité exceptionnelle autour des deux piliers centraux de notre stratégie : les aventures en monde ouvert et les expériences GaaS [jeux service] natives », explique Yves Guillemot, le patron d’Ubisoft. « Au cœur de cette transformation se trouvent nos “Creative Houses”, des unités opérationnelles intégrées qui combinent désormais production et édition, et unifient ainsi la relation avec les joueurs. »

Il s’agit pour l’entreprise d’« un changement radical, fondé sur une organisation créative plus décentralisée, une prise de décision plus rapide et des services transversaux de premier plan ». Ubisoft récentre également son portefeuille avec une feuille de route sur trois ans « profondément révisée » afin d’ajuster « la taille de l’organisation ». Autrement dit : fermer des studios. Ubisoft Halifax (Canada) et Ubisoft Stockholm ont mis la clé sous la porte, et des départs pourraient intervenir.

Pour les joueurs, cette réorganisation a une conséquence très concrète : l’annulation du remake de Prince of Persia: The Sands of Time, en développement depuis des années, ainsi que celle de cinq autres titres (non précisés), sans oublier le report de sept jeux à des jours meilleurs. Beaucoup attendaient le remake d’Assassin’s Creed: Black Flag pour le printemps, a priori il faudra prendre son mal en patience quelques mois de plus.

Tous ces changements sont motivés par des résultats financiers dans le rouge. Durant l’exercice fiscal 2025/2026 (qui se termine fin mars), Ubisoft anticipe une perte opérationnelle d’environ 1 milliard d’euros, conséquence directe de cette restructuration, dont une dépréciation exceptionnelle de 650 millions d’euros. Pour tenter de redresser la barre, l’éditeur promet avoir déjà réduit ses coûts fixes de 100 millions d’euros par rapport au dernier exercice — avec un an d’avance sur son calendrier — et vise 200 millions d’euros d’économies supplémentaires sur les deux prochaines années.

👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.



Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.