Pas de logiciels américains sur mon PC ! Peut-on vraiment survivre sans Google et Microsoft ?

Pas de logiciels américains sur mon PC ! Peut-on vraiment survivre sans Google et Microsoft ?


Depuis plusieurs mois maintenant, la tension entre l’Europe et les États-Unis est à son comble. Avec un contexte géopolitique aussi compliqué qu’explosif, la question de la résilience numérique se poseCar pour l’heure, dans nos usages numériques quotidiens , nous dépendons d’outils principalement basés aux États-Unis.

Avec tous les risques que cela peut comporter. Outre les potentielles augmentations de prix pour accéder à certains services, le risque de se voir couper l’accès à certaines infrastructures américaines, notamment les plates-formes sur le Cloud, est grand. Et cela pourrait avoir de nombreuses conséquences, parfois dramatiques.

Pourtant, pour chaque système d’exploitation, logiciel, outil ou service en ligne dans lequel nous nous enfermons, une alternative européenne crédible existe. Au prix, certes, de certains sacrifices, ou plutôt de nouvelles habitudes à embrasser.

Pour vous le prouver, nous avons donc décidé de nous plonger dans les alternatives existantes à Windows 11, macOS, Google Chrome et autre Gmail. Et, surprise, les remplacer n’a rien d’insurmontable, mais demandera quelques efforts.

Linux, seule alternative à Windows et macOS

Du côté des systèmes d’exploitation, il y a généralement deux écoles : ceux qui utilisent Windows 10 ou Windows 11 sur un PC, et sur qui utilisent macOS sur un Mac.
Sans surprise, pour trouver un système d’exploitation alternatif développé en Europe, c’est du côté de Linux qu’il faut se tourner. Attention toutefois, les distributions Linux étant ce qu’elles sont, les nombreux contributeurs qui participent à leur développement peuvent ne pas toujours se trouver sur le continent européen.

Ceci étant, les distribution Linux qui ont vu le jour en Europe sont nombreuses. Parmi les plus célèbres (et parfois les plus utilisées), il y a notamment Linux Mint (Ireland/France), Zorin OS (Irlande), Manjaro (France, Allemagne, Autriche), OpenSUSE (Allemagne), EndeavourOS (Pays-Bas), ou encore Lubuntu (France).

© 01net.com – Le bureau de Zorin OS

Comment bien choisir sa distribution Linux ?

Faire le choix d’une distribution Linux n’est pas toujours évident, en fonction des besoins de chacun. Pour faire le meilleur choix possible, vous pouvez déjà commencer par vous en remettre à la plate-forme Distrochooser, un service en ligne allemand qui, après un rapide questionnaire quant à vos besoins, vous suggérera les distributions Linux les plus adaptées à votre situation.

Et si toutefois vous avez un doute sur l’origine d’une distribution Linux, et que vous souhaitez vous assurer que celle-ci a bien été développée dans un pays européen, vous pouvez le vérifier assez facilement en vous rendant sur DistroWatch.

L’autre question qui peut également se poser en abandonnant un système d’exploitation comme Windows ou macOS, c’est de savoir si l’on va s’en sortir. Rassurez-vous : oui. Évidemment, comme avec tout nouveau logiciel, il vous faudra quelques jours d’adaptation au début pour trouver vos marques et adopter de nouvelles habitudes. Mais le passage à une distribution Linux ne doit pas pour autant vous effrayer. L’installation de l’OS est maintenant très simple, tout comme celle des applications. Vous pouvez en effet installer la plupart des applis directement depuis des « App Store » sur certaines distributions. C’est le cas, par exemple, avec Linux Mint et Zorin OS.

Trouver des applis européennes alternatives aux solutions américaines

Au-delà du système d’exploitation, c’est toutes les applications et services en ligne que vous utilisez quotidiennement qu’il va maintenant falloir remplacer. Trouver des solutions alternatives européennes est tout à fait possible, mais là encore, il faudra explorer et tester pour trouver les outils qui répondront le mieux à vos besoins.
Il va donc falloir trouver un remplaçant à Google Chrome et Microsoft Edge, à Gmail et Outlook, à Google et Bing ou encore à WhatsApp et Signal. Et, la bonne nouvelle, c’est que c’est tout à fait possible, mais souvent moyennant quelques concessions.

1. La navigation Web

Au revoir Google Chrome, Safari et Microsoft Edge. Ces trois navigateurs Web, massivement utilisés sur desktop, prennent tous leur origine sur le continent américain. Il existe, heureusement, des alternatives européennes qui n’ont rien à envier à ces trois navigateurs. Malheureusement, la plupart du temps, ces alternatives s’appuient toutes sur Chromium, un navigateur Web open source développé par Google.

La première, sans doute la plus connue, c’est Vivaldi. Ce navigateur Web dont la spécialité est d’offrir une grande souplesse en matière de personnalisation a été créé en Norvège, par l’ancien co-fondateur d’Opera.

Vivaldi
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Comme sur Chrome, Edge et Safari, Vivaldi propose de créer un compte (gratuit) pour vous permettre de synchroniser vos données entre vos différents appareils. Outre les nombreuses options de personnalisation qu’il propose Vivaldi met aussi un point d’honneur à protéger votre vie privée. Le navigateur embarque ainsi un module pour bloquer les publicités et autres traqueurs. Il vous permettra aussi de vous passer de l’installation d’un client de messagerie tiers puisqu’il intègre également Vivaldi Mail (que vous devrez toutefois activer manuellement).

Vivaldi s’appuyant sur Chromium, vos habitudes de navigation ne devraient pas être trop chamboulées. D’autant plus que vous pourrez tout à fait installer les extensions Chrome dessus (attention de bien choisir des extensions européennes).

Autre alternative, Mullvad. Le navigateur Web du moteur de recherche éponyme, qui prend ses racines en Allemagne. Comme Vivaldi, Mullvad propose d’emblée de bloquer les traqueurs et intègre nativement un bloqueur de contenu. Le navigateur, qui a été développé en collaboration avec le projet Tor, fait ainsi la promesse d’une navigation plus respectueuse de la vie privée.

Mullvad
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2. Le moteur de recherche

Pour rechercher du contenu sur la Toile, vous utilisez sans doute par défaut Google ou Bing. Par habitude, sans doute, mais aussi, il faut le dire (dans le cas de Google plus particulièrement), pour leur efficacité.

Mais là encore des alternatives européennes crédibles existent pour chercher du contenu en ligne. Qwant, par exemple, est un moteur de recherche français. « Le moteur de recherche dont vous êtes l’utilisateur, pas le produit », c’est comme ça qu’il se présente, fait la promesse de ne pas vendre vos données personnelles ni de conserver vos données de recherche. Qwant peut surtout se vanter d’être hébergé en France.

Si Qwant a pour objectif d’arriver, un jour, à proposer un index de recherche européen totalement autonome, il s’appuie toujours, à l’heure actuelle sur Bing, le moteur de recherche de Microsoft, pour enrichir ses résultats.

Qwant
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Dans le même créneau, Ecosia, qui dépend lui aussi de certains résultats fournis par Bing, est un moteur de recherche allemand, « qui plante des arbres ». Le moteur de recherche a en effet une particularité assez singulière. Ecosia indique ainsi reverser la totalité de ses bénéfices dans des actions climatiques, dont la majorité consiste à la plantation d’arbres.

Comme Qwant, Ecosia fait la promesse du respect de la vie privée, le tout avec une neutralité carbone. Ecosia explique produire plus d’énergie propre que ce dont elle a besoin pour fournir ses services.

Ecosia
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3. Le fournisseur mail

Pour envoyer des e-mails, il y a de grandes chances pour vous possédiez et utilisiez un compte Gmail ou Outlook. Et cela n’a rien de très surprenant. Il existe pourtant là encore des alternatives européennes pour vos e-mails.

La première, Mailo est même française. Et la bonne nouvelle, c’est que vous pourrez l’essayer gratuitement, moyennant l’affichage de quelques bannières publicitaires. L’offre Mailo Free intègre 1 Go de stockage pour vos e-mails, 500 Mo pour vos documents et photos et vous permet de gérer jusqu’à 5 alias. Vous pourrez même accéder à l’ensemble des services associés à Mailo, comme l’agenda, le carnet d’adresses, etc.

Et si l’offre est suffisamment pertinente pour vos besoins, vous pourrez passer à l’offre Premium, facturée 1 euro par mois avec 20 Go d’espace pour vos courriers électroniques et 5 Go pour vos documents et photos. Seul inconvénient, Mailo interdit l’utilisation d’un compte gratuit (et donc de l’adresse e-mail mailo) pour s’inscrire à des services tiers. À savoir que vous pourrez consulter facilement la messagerie depuis iOS ou Android, le service proposant sa propre application mobile.

Mailo
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En alternative, vous pouvez également créer une adresse e-mail sur GMX. Plus généreux que Mailo, ce service de messagerie électronique allemand propose de créer, gratuitement, une adresse e-mail avec 65 Go d’espace de stockage et la possibilité d’envoyer des pièces jointes pouvant atteindre jusqu’à 50 Mo. La plate-forme intègre par ailleurs un service de partage de fichiers (2 Go d’espace de stockage), un carnet d’adresses, un calendrier (pour y enregistrer vos rendez-vous et réunions), ainsi qu’une suite bureautique en ligne (2 Go d’espace de stockage).

Là encore, en créant une adresse e-mail GMX, vous pourrez facilement consulter vos messages depuis Android ou iOS, la plate-forme disposant d’une application mobile pour chacune d’elles.

Gmx
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4. La messagerie instantanée

Vous avez peut-être l’habitude d’échanger avec vos proches en utilisant une application de messagerie instantanée comme WhatsApp ou Messenger, deux applications qui appartiennent au géant américain Meta. Des alternatives européennes existent pourtant. Et une, française, en particulier tout aussi efficace, et sécurisée.

Cette application, c’est Olvid, une messagerie instantanée chiffrée qui propose une offre gratuite et utilise un modèle très différent de ce qui se fait généralement dans le monde des messageries chiffrées.

Olvid
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Et pour cause, pour s’inscrire sur Olvid, vous n’aurez besoin ni de numéro de téléphone, ni d’adresse e-mail. Vous créez votre compte, avec votre identité, mais ni celle-ci, ni les contacts de votre carnet d’adresse habituels ne sont aspirés au sein d’un annuaire centralisé comme c’est généralement le cas. À la place, l’application utilise un système de QR Code que vous devez partager, ou que vos contacts doivent partager avec vous, pour vous permettre de vous ajouter mutuellement dans la liste de contats de l’application, avant d’entamer une conversation.

Avec ce système Olvid peut garantir l’identité de chacun. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’Olvid est considérée comme l’une des messageries parmi les plus sécurisées au monde.

5. Le gestionnaire de mots de passe

Si vous utilisez Google Chrome, Microsoft Edge ou Apple Safari, il y a des chances pour que vous utilisiez le gestionnaire de mots de passe natif de ces navigateurs Web. Il faut dire qu’ils sont très pratiques, puisqu’à portée de clic pendant votre navigation. Pourtant, confier ses mots de passe à son navigateur Web n’est pas conseillé.

Il est en effet plus prudent d’utiliser un outil entièrement dédié à cet effet. Et il existe des alternatives européennes qui n’ont rien à envier aux solutions des GAFAM.

La première solution à envisager est allemande, il s’agit de KeePass. Gratuite et open source, vous devrez généralement passer par le Terminal de Linux pour procéder à son installation (sudo apt install keepass2) pour en profiter. Vous pouvez également vous tourner vers des alternatives comme Secrets, téléchargeable depuis les boutiques d’application intégrées à certaines distributions Linux, et qui utilisent le format KeePass qu’il faudra passer pour l’installer facilement depuis une boutique d’application intégrée à votre distribution Linux.

Keepass
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À lire aussi : Bien démarrer avec KeePass, le gestionnaire de mots de passe open source

Si vous souhaitez un outil plus simple à configurer et qui offre une synchronisation transparente entre vos différents appareils, vous pouvez envisager l’utilisation de Dashlane. Cette solution française est facturée un peu plus de 2 euros par mois pour un utilisateur individuel. Gros avantage, Dashlane propose des extensions de navigateur et dispose d’une application Android et iOS.

Autre solution possible, Passbolt. Ce gestionnaire de mots de passe Luxembourgeois est open source et propose une offre gratuite lorsqu’elle est auto-hébergée (sur un raspberry Pi, par exemple). Vous pourrez ensuite retrouver vos mots de passe en utilisant une extension pour votre navigateur, et même sur votre smartphone via l’application mobile Android ou iOS dédiée.

6. La suite bureautique

Pour beaucoup, abandonner ses petites habitudes sur la suite Office de Microsoft risque d’être douloureux. Pourtant, dans la pratique, il est tout à fait possible de remplacer Microsoft Word, Excel ou encore PowerPoint par des logiciels européens.

La suite bureautique la plus prometteuse reste sans doute OnlyOffice Desktop Editors. Disponible sur tous les OS desktop, Linux y compris, cette suite bureautique originaire de Lettonie n’a pas à rougir face à la suite bureautique de Microsoft ou à Google Workspace. Cette suite de logiciels bureautique, qui adopte une interface très proche de celle de Microsoft donne accès à un logiciel de traitement de texte, un tableur, un outil de présentation similaire à PowerPoint, mais aussi un éditeur de PDF.

Onlyoffice
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Autre solution possible, LibreOffice. La suite bureautique open source d’origine allemande n’a plus à faire ses preuves, malgré une interface peut-être un poil moins moderne. La suite bureautique LibreOffice est toutefois bien plus complète qu’OnlyOffice.

Car en plus de proposer un traitement de texte, un tableur et un outil de présentation, LibreOffice intègre également un outil de dessin, un gestionnaire de base de données, un éditeur de formules mathématiques, ainsi qu’un module de création de diagrammes. Surtout, elle a l’avantage d’être généralement préinstallée par défaut sur de nombreuses distributions Linux.

Libreoffice
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7. Les plates-formes de streaming : un cas particulier

Pour écouter de la musique, beaucoup s’en remettent à Apple Music ou encore YouTube Music, deux plates-formes américaines. Des alternatives européennes bien connues, et existent évidemment. On pense notamment à Spotify (Suède), Deezer (France), ou encore Qobuz (France).

Deezer
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Malheureusement, la complexité de l’infrastructure de ces plates-formes fait qu’il leur est quasiment impossible de n’utiliser que des outils européens. Prenons l’exemple de Deezer. Pour son infrastructure principale, la plate-forme s’appuie sur deux centres de données à Paris. Pour son infrastructure Cloud, Deezer utilise des ressources réparties sur plusieurs sites au sein de l’Union européenne. En ce qui concerne le stockage de données en revanche, la plate-forme utilise Google Cloud Platform et Amazon Web Services. Et le mode de fonctionnement est le même pour Spotify et Qobuz.

Partant de ce constat, si l’accès aux ressources américaines devait être coupé dans l’UE, les services de musique en streaming européens ne fonctionneraient probablement plus. Seule solution à adopter dans ce cas, un retour à l’achat de musique (physique, ou en ligne) pour une lecture hors connexion.

Quid de Netflix, Prime Video et Disney+ ? Canal+ propose bien un service de VOD mais, comme dans le cas de Deezer, Spotify et Qobuz, la plate-forme s’appuie sur des infrastructures fournies par les GAFAM. Vous n’aurez donc pas vraiment d’autre choix que de revenir au bon vieux support physique, ou à la télévision linéaire.

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