Cet automne, Meta a lancé une gamme de nouvelles lunettes connectées. La nouvelle gamme se compose des Ray-Ban Display, des lunettes avec écran, que nous avons testé au CES de Las Vegas, et des Meta Gen 2. En plus de son partenariat avec Ray-Ban, Meta jouit d’un accord avec Oakley, une autre marque du géant italien EssilorLuxottica. Spécialisée dans les accessoires de sport, la marque est connue pour ses lunettes dédiées aux activités d’extérieur, comme le ski, le trek ou encore la course à pied.
Le partenariat entre Oakley et Meta a déjà donné naissance à des lunettes connectées par le passé, les Oakley Meta HSTN. Avec les Vanguard, disponibles depuis octobre dernier en France au prix de 549 euros, les deux acteurs veulent aller encore plus loin et proposer un gadget indispensable pour le sport. Le pari est-il tenu ? On fait le point.
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Un design réussi
Quand on a ouvert la boîte des Vanguard, on a d’abord été frappés par le rendu premium de l’ensemble. Que ce soit les lunettes connectées ou son étui de recharge, le design respire la qualité, bien qu’il soit essentiellement composé de plastique.
Très proches d’autres modèles d’Oakley taillés pour le sport, les Vanguard sont composées d’une visière unique avec des verres Prizm intégrés. Ces verres offrent un contraste et une protection idéale contre les rayons de soleil. On a porté les lunettes pendant des dizaines de séances de sport, et nos yeux s’en sont très bien portés, même lorsque la lumière de l’hiver tire vers le blanc. Les verres assombrissent fortement tout ce que vous voyez. Néanmoins, vous pouvez très bien porter l’accessoire quand le soleil est en train de se coucher et que la luminosité diminue. Dans un bois au moment du coucher du soleil, on s’est plusieurs fois retrouvés dans la pénombre, et nous n’étions pas aveugles pour autant. Notez qu’on s’est servi de la version Road des lunettes, en rose. Celle-ci est censée être utilisable même dans les environnements moins lumineux.

L’intégration du matériel électronique se veut particulièrement discrète. Bien plus que sur les Meta Ray-Ban, l’appareil photo, les différents capteurs et les haut-parleurs dans les branches passent inaperçus. Les lunettes, bien que plutôt massives, cachent bien leur jeu. La plupart des gens ne remarqueront pas que vous portez des lunettes capables d’enregistrer des vidéos et de prendre des photos, tant que vous restez à distance d’eux. La lumière LED, qui s’active lorsque vous filmez ou que vous prenez une photo, n’est pas suffisante pour prévenir autrui. C’était déjà notre avis lorsque nous avons essayé les Ray-Ban de Meta.

Sur les branches, forcément plus épaisses que sur des lunettes traditionnelles, on aperçoit une multitude de touches physiques. C’est par le biais de ces boutons que vous allez pouvoir contrôler l’accessoire. Sur la branche gauche, on trouve le bouton d’alimentation. Sur la branche de droite, on retrouve le bouton de capture, qui permet de prendre des photos ou des vidéos, ainsi que le bouton d’action configurable. Par le biais de l’application compagnon, vous allez pouvoir choisir la fonction que vous voulez activer lorsque vous pressez sur le bouton. Meta vous donne le choix entre lancer une playlist, activer l’assistant IA ou lancer une vidéo Hyperlapse (on y reviendra plus tard). L’ajout de ce bouton, qui nous rappelle la touche Action de l’iPhone ou de l’Apple Watch Ultra, est le bienvenu. On s’en est surtout servi pour lancer des playlists au moment du départ, sans devoir sortir notre smartphone de notre poche. On regrettera néanmoins que les actions disponibles soient limitées à trois.
Vidéo et photo
Le capteur photo est logé au centre de la visière, juste au-dessus de l’arête qui se dépose sur le nez du porteur. Il s’agit d’une caméra 12 mégapixels qui garantit un champ de vision large de 122 degrés. On s’est amusé à prendre énormément de photos lors de nos séances de sport ou lors de nos balades. Les clichés sont plutôt de bonne qualité, bien que moins précis que ceux réalisés avec un smartphone. Notez que l’emplacement de la caméra, au centre au lieu de la droite, facilite les prises de vue.

On regrettera que la photo ne se prenne pas juste au moment où l’on appuie sur le bouton sur la branche. En effet, il faut attendre une petite seconde que l’appareil photo s’active. Un son mime alors le déclencheur de l’appareil, ce qui indique que la photo est prise. Ce délai empêche de prendre sur les vifs des éléments croisés dans la nature, comme des écureuils ou un cerf. On a d’ailleurs raté plusieurs clichés prometteurs à cause de cette latence.

Les lunettes permettent aussi de filmer des vidéos en 3K (2203×2938 à 30fps). Sans vous arrêter, vous allez pouvoir enregistrer des séquences montrant ce que vous êtes en train de faire. C’est l’idéal pour réaliser des vidéos immersives de vos exploits, un peu comme avec une GoPro. D’ailleurs, Meta intègre plusieurs options intéressantes pour les vidéastes et les créateurs de contenu. Diverses fonctionnalités sont accessibles par le biais des touches physiques sur les branches, comme la fonction Hyperlapse. L’option va réaliser automatiquement une vidéo en accéléré de votre parcours. Les résultats sont généralement très réussis, surtout si vous parcourez des environnements qui diffèrent. Un avertissement sonore vous prévient quand l’enregistrement Hyperlapse débute et lorsqu’il se termine. On regrettera qu’il n’y ait pas moyen de déterminer en temps réel si l’enregistrement est en cours. Durant nos courses, on avait tendance à oublier si la fonction avait été activée ou pas.

Dans l’application compagnon mise à disposition par Meta, vous allez pouvoir importer les photos et les vidéos sur votre smartphone. L’application vous propose ensuite d’enrichir les séquences avec des données relatives à vos séances sportives. Par exemple, vous pouvez afficher la distance parcourue, la vitesse, ou encore les battements de votre cœur. Connectées à Apple Santé, les lunettes peuvent récupérer les informations de votre Apple Watch ou de votre montre Garmin (on reviendra là-dessus plus bas). C’est anecdotique, mais c’est pratique.
Une partie audio convaincante
La partie audio est confiée à des haut-parleurs logés dans les branches. Un système de conduction osseuse, similaire à celui des Ray-Ban, est chargé de diffuser le son des lunettes jusqu’à vos tympans. On a été particulièrement impressionnés par le rendu audio des lunettes connectées. Lors de nos séances de course à pied, on a été étonnés par la clarté du son et le rendu cristallin, des rendus et des voix. Après quelques jours, on a délaissé nos traditionnels AirPods pour tout miser sur les lunettes connectées. Quand nous sortons pour une séance de course, nous n’avons plus qu’à embarquer les lunettes de Meta.
Évidemment, vos écouteurs risquent vite de vous manquer si vous pratiquez votre sport dans un endroit bruyant, comme un centre-ville. Dans les bois, nous n’avons évidemment pas ressenti le besoin de dégainer nos AirPods. Les Vanguard ont largement fait l’affaire, pour peu que le soleil soit au rendez-vous.
Autonomie et recharge
Meta promet jusqu’à neuf heures d’autonomie en utilisation modérée et 6 heures en lecture audio continue ou appels. L’étui de chargement ajoute 36 heures supplémentaires, avec une charge complète en 75 minutes. C’est nettement suffisant pour l’usage que nous avons eu des lunettes. Nous ne sommes jamais tombés à court d’énergie au beau milieu d’une activité. Il suffit de penser à brancher l’étui de recharge régulièrement et à bien y glisser les lunettes lorsque vous rentrez de votre séance.

L’IA de Meta, toujours aussi limitée
Comme les Ray-Ban intelligentes, les Vanguard permettent à leur porteur de communiquer avec un assistant IA, Meta AI. L’assistant peut être convoqué par le biais du bouton dédié sur la branche ou par le biais d’une simple commande vocale, à savoir Hey Meta. Vous pouvez lui demander la météo qu’il fait, de prendre une photo, de se mettre à filmer, ou encore de passer un appel téléphonique.
L’intelligence artificielle se sert de la caméra pour « voir » tout ce qui se présente face à vous. Vous pouvez donc demander à l’IA de décrire ce qui se trouve face à vous. Sur ce point, la fonction peine à impressionner. On est loin des retours d’une IA générative comme ChatGPT, Perplexity ou Gemini. La compréhension des choses de l’IA reste très basique. Notez que les Vanguard embarquent le même système de traduction instantanée que sur les autres lunettes de Meta. Si vous voulez savoir ce qu’il vaut, on vous conseille de consulter notre test de la fonction de la traduction de Meta.
Les Vanguard sont-elles de bonnes lunettes connectées pour le sport ?
À première vue, tout dans les Vanguard porte à croire qu’il s’agit de lunettes sportives. Du design à la conception en passant par le type d’embouts qu’elles intègrent ou encore leur certification IP67… tout est fait pour que les binocles d’Oakley puissent accompagner le sportif dans ses péripéties, y compris dans des conditions difficiles. Sur cet aspect, leur résistance à la poussière et à l’eau est un plus indéniable, tout comme les plaquettes de nez ajustables qui permettent de personnaliser le niveau de confort. Mais qu’en est-il vraiment ? La pratique suit-elle les conclusions de la théorie ?
Après avoir essayé les Vanguard en cyclisme, VTT et course à pied, notre bilan est quelque peu mitigé. Et cela sur les deux aspects, à la fois sur le côté pratique, mais aussi d’un point de vue logiciel. Explications. Lors d’activités à basse intensité, comme la randonnée ou la course-à-pied à allure tranquille, les lunettes connectées d’Oakley agissent comme toute bonne paire de lunettes de sport. Pendant les premières minutes où elles sont portées, leur poids quelque peu supérieur à un modèle classique (67 grammes), se fait quelque peu sentir, mais passe vite au second plan. C’est dans ces conditions que les Vanguard sont les plus agréables à utiliser en mode sport.
En revanche, lors d’activités physiques plus intenses, et notamment en vélo, nous avons constaté une propension des lunettes à rebondir sur l’arête du nez à chaque bosse sur la route ou chaque petit saut, en trail par exemple. Le changement de plaquette de nez peut atténuer le phénomène, mais ne l’efface pas complètement. C’est là une première limite et le poids de l’électronique placé sur l’arête du nez en est évidemment la cause.
Quant à la partie logicielle, vous retrouverez en mode sport toutes les fonctionnalités dont les Vanguard sont capables à l’arrêt. Toutefois, l’une d’entre elles, semblait particulièrement intéressante à l’annonce de ce nouveau modèle : la synchronisation avec les montres Garmin. Sur le papier, le fait de disposer de ses données en course via les lunettes est très prometteur. Malheureusement, dans les faits, le résultat est bien moins impressionnant. En effet, il s’agit d’une intégration à posteriori. Comprenez par là que les données de course ne sont pas disponibles pendant la course. Pour avoir ses statistiques de performance (du moins les plus classiques), il faut retourner dans sa bibliothèque d’images et valider la « touche » Garmin. Dès lors, les Vanguard afficheront effectivement la vitesse ou encore l’allure au moment ou la prise de vue a été effectuée. Il n’y a donc pas d’intégration de ces données en direct ce qui est une limite considérable à l’intérêt de ce partenariat.
Sur le sport comme sur d’autres aspects, les Vanguard semblent être un produit encore un peu jeune dont la maturité ne pourra arriver qu’avec l’intégration de nouvelles capacités techniques et qui passera probablement par un allègement de leur poids. En attendant, les Vanguard relèvent davantage du gadget ludique que du compagnon indispensable pour le sport.
Un produit réussi
Néanmoins, les Vanguard restent un accessoire high tech réussi. La proposition de Meta est articulée autour de quelques fonctions phares, à commencer par l’enregistrement de photos et de vidéos. Force est de constater que toutes les fonctionnalités des lunettes fonctionnent bien comme prévu. On réservera l’accessoire aux sportifs qui souhaitent partager leurs exploits sur les réseaux sociaux en images. Les athlètes qui cherchent surtout à suivre leurs performances en temps réel risquent par contre d’être déçus.
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