Ikea ne cesse de surprendre avec ses incursions dans le monde de la tech. Après avoir collaboré avec Sonos sur la gamme Symfonisk, le géant suédois change radicalement de stratégie avec la Kallsup. Présentée au CES 2026 de Las Vegas, cette mini-enceinte Bluetooth adopte un positionnement aussi audacieux qu’inédit : un prix plancher de 5 euros (disponible en avril 2026) pour un produit pensé non pas pour être utilisé seul, mais multiplié à l’infini dans votre intérieur.
Le concept ? Oubliez l’enceinte unique et puissante. Ikea imagine plutôt un essaim de petits cubes synchronisés, disséminés dans chaque pièce de la maison pour créer une ambiance sonore homogène. Une approche radicalement différente qui soulève une question essentielle : peut-on vraiment obtenir un son décent pour 5 euros ? Nous avons testé la version verte de cette Kallsup pour nous faire notre avis.
Minimalisme assumé, qualité correcte
La Kallsup ne cherche pas à impressionner par son design, mais plutôt à se faire discrète. Ce petit cube de 7 cm de côté se glisse partout sans encombrer l’espace. Avec un poids plume d’environ 150 grammes, on pourrait presque oublier sa présence.
Le boîtier en plastique vert (également disponible en rose et blanc) arbore une finition mate légèrement grainée qui présente deux avantages non-négligeables : elle évite les traces de doigts disgracieuses et confère au produit une apparence moins cheap qu’on pourrait le craindre à ce tarif. Ikea a visiblement fait des efforts pour ne pas tomber dans l’écueil du plastique brillant bon marché.

La face avant est entièrement ajourée, laissant apparaître la grille qui protège le haut-parleur. Un choix esthétique simple mais efficace, signé par la créatrice suédoise Tekla Evelina Severin. Le design reste fidèle à la philosophie d’Ikea : fonctionnel, épuré, et suffisamment neutre pour s’intégrer à n’importe quel environnement.
Sous l’enceinte, quatre pieds moulés évitent au cube de reposer directement sur les surfaces. Un détail qui peut sembler anecdotique, mais qui témoigne d’une certaine attention portée aux finitions. Ces pieds servent également à maintenir les deux vis qui permettent d’accéder à l’intérieur de l’appareil.

En ouvrant le boîtier, on découvre sans surprise une conception ultra-simplifiée : un accumulateur rechargeable de 750 mAh, une carte électronique minimaliste sur laquelle est soudée la connectique USB-C, et un haut-parleur de 40 mm dont la référence trahit une fabrication no-name. Rien de luxueux, mais l’essentiel est là pour fonctionner.

La simplicité avant tout
L’ergonomie de la Kallsup se résume à deux boutons situés sur le dessus du cube. Le premier gère la lecture et la pause, le second s’occupe de l’appairage Bluetooth. Entre eux, une petite LED indique l’état de l’enceinte : allumée ou en mode appairage. C’est tout. Pas de réglage de volume, pas de bouton pour passer à la piste suivante, rien d’autre.
Cette approche minimaliste a ses avantages et ses inconvénients. D’un côté, impossible de se tromper : tout est intuitif et accessible même pour les utilisateurs les moins à l’aise avec la technologie. De l’autre, l’absence de contrôle du volume directement sur l’enceinte force à passer systématiquement par le smartphone pour ajuster le son, ce qui peut s’avérer agaçant au quotidien.

À l’arrière, on trouve un simple port USB-C pour la recharge. Ikea a eu la bonne idée d’opter pour cette connectique moderne plutôt que le micro-USB, ce qui facilite la vie des utilisateurs déjà équipés en câbles USB-C.
Concernant la portabilité, le format ultra-compact et le poids plume de 150 grammes permettent de transporter l’enceinte partout sans effort. Elle se glisse dans un sac, un tiroir, se pose sur une étagère ou une table basse sans jamais encombrer. C’est d’ailleurs tout l’intérêt du concept : acheter plusieurs Kallsup et les déplacer au gré de vos besoins dans les différentes pièces de la maison.

Seul bémol notable : l’absence totale de certification d’étanchéité IP. La Kallsup ne résistera ni aux éclaboussures ni à l’humidité. Si vous envisagez de la placer dans une salle de bain, assurez-vous de la tenir éloignée du point d’eau. Pas question non plus de l’emmener à la piscine ou à la plage, contrairement à de nombreuses enceintes portables du marché.
Du Bluetooth pur et simple
Ici, Ikea fait le choix de la simplicité absolue, pour ne pas dire du vide total. Il n’existe aucune application dédiée à la Kallsup. Pas de réglages d’égaliseur, pas de personnalisation sonore, pas de mise à jour firmware. L’enceinte fonctionne en Bluetooth 5.3 et c’est tout. Même la fonction Auracast disponible avec cette version de la norme sans fil n’est pas proposée ; le chaînage se faisant par un protocole propriétaire.
Pour la connecter à votre smartphone, le processus est classique : maintenez le bouton d’appairage enfoncé jusqu’à ce que la LED clignote, puis sélectionnez la Kallsup dans les paramètres Bluetooth de votre appareil. En deux secondes, c’est réglé.
Mais là où la Kallsup se démarque vraiment, c’est dans sa capacité de synchronisation. Une fois votre premier cube connecté à votre smartphone, il suffit de maintenir le bouton de lecture enfoncé sur un deuxième cube pour qu’il se synchronise automatiquement avec le premier et diffuse la même musique. Appuyez sur pause, et les deux enceintes s’arrêtent simultanément.

Selon Ikea, il serait possible de synchroniser jusqu’à 100 unités de cette manière. Nous n’avons malheureusement pu tester qu’avec un seul exemplaire, mais le principe reste séduisant sur le papier. Imaginez dix Kallsup à 50 euros réparties dans votre salon pour créer une immersion sonore à 360 degrés, ou une dans chaque pièce de la maison pour profiter de la même musique partout.
Attention toutefois : comme le souligne le constructeur, pensez à marquer le premier cube connecté (celui relié au smartphone) avec une gommette ou un autocollant. C’est lui qui contrôle toute la flotte et il serait dommage de le perdre de vue dans un amas de cubes identiques.
Cette absence d’application peut décevoir les utilisateurs en quête de fonctionnalités avancées, mais elle s’inscrit parfaitement dans la logique d’Ikea : proposer un produit simple, accessible, sans fioritures inutiles. À 5 euros, difficile de reprocher à la marque de ne pas avoir développé un écosystème logiciel complet.
Qualité audio : acceptable pour la voix, catastrophique pour la musique
C’est le point qui fâche, et autant être direct : la qualité sonore de la Kallsup est à la hauteur de son prix. Autrement dit, exécrable pour l’écoute musicale, mais tout à fait acceptable pour la voix.
Le haut-parleur de 40 mm fait ce qu’il peut, mais ses limitations sont évidentes dès les premières secondes d’écoute. Les basses sont tout simplement inexistantes. Pas de profondeur, pas de punch, rien qui ne puisse restituer le moindre grave. Les aigus, quant à eux, deviennent rapidement criards dès que l’on pousse le volume au-delà de 50 %. Une chanson pop moderne ou un morceau de hip-hop se transforme en un maelström sonore peu agréable à l’oreille.

Ce sont finalement les médiums qui s’en sortent le mieux. Et c’est précisément là que la Kallsup trouve sa raison d’être. Pour écouter la radio, des podcasts, des livres audio ou même les actualités, l’enceinte remplit parfaitement son rôle. Les voix sont claires, intelligibles, et ne fatiguent pas l’oreille même après une longue durée d’écoute.
La Kallsup trouvera donc naturellement sa place dans une cuisine pendant que vous préparez le repas, dans une salle de bain pour écouter votre émission matinale (en la tenant éloignée de l’eau) ou sur votre bureau pour suivre un podcast tout en travaillant. Mais ne comptez pas sur elle pour remplacer votre chaîne hi-fi ou votre enceinte Bluetooth premium.

Il faut comprendre le positionnement d’Ikea : à 5 euros, la Kallsup n’est pas conçue pour rivaliser avec une JBL Flip, une UE Boom ou même une petite enceinte à 30 euros. Elle vise plutôt à offrir un son d’appoint acceptable, multiplié dans différents espaces de vie. Dix Kallsup réparties dans un salon produiront un meilleur rendu qu’une seule, simplement par l’effet de diffusion spatiale du son.
Reste que pour les mélomanes, même à petit budget, la déception sera au rendez-vous. Si vous recherchez une qualité d’écoute minimale pour votre musique, il faudra regarder ailleurs, même si cela implique de dépenser 20 ou 30 euros de plus.
Autonomie : 18 heures réelles, une bonne surprise
Sur le papier, Ikea annonce 20 heures d’autonomie à 50 % du volume. Dans les faits, nous avons tenu 18 heures lors de notre test, ce qui reste une très bonne performance pour une enceinte de cette taille.

L’accumulateur de 750 mAh se recharge via le port USB-C et il faut compter environ 2 heures pour une charge complète. Pas de charge rapide évidemment, mais à ce tarif, on ne peut décemment pas l’exiger.
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