Des documents révèlent le bannissement de Jeffrey Epstein du Xbox Live

Des documents révèlent le bannissement de Jeffrey Epstein du Xbox Live


L’affaire Epstein continue de livrer des secrets dans les recoins les plus inattendus de la sphère numérique. Des documents récemment déclassifiés révèlent une interaction surprenante entre le financier et Microsoft. Le 19 décembre 2013, Jeffrey Epstein a reçu deux emails de la part du service Xbox Live. Le premier, assez générique, mentionnait une « suspension permanente » pour des motifs de « harcèlement, menaces et/ou abus envers d’autres joueurs ». Une justification standard qui cachait une réalité bien plus spécifique et coordonnée.

Quelle était la véritable raison de cette exclusion ?

Le second email reçu par Epstein le même jour levait toute ambiguïté sur la cause de son éviction. Le message précisait que cette mesure découlait directement d’un partenariat entre le procureur général de New York et plusieurs entreprises du jeu vidéo, dont Microsoft. Cette initiative, baptisée « Operation: Game Over », visait à identifier et à supprimer les comptes appartenant à des délinquants sexuels enregistrés dans l’État. L’objectif était clair : minimiser les risques pour les autres utilisateurs, et plus particulièrement pour les enfants fréquentant ces plateformes.


Cet accord, conclu en 2012, impliquait d’autres acteurs majeurs du secteur comme Sony, Apple, Electronic Arts ou encore Disney. La loi de New York obligeait les délinquants sexuels enregistrés à déclarer toutes leurs adresses email et identifiants de comptes en ligne, permettant aux autorités de croiser ces informations avec les bases de données des plateformes de jeu sur une base hebdomadaire. C’est dans ce cadre légal que le compte d’Epstein a été ciblé et finalement clôturé.

Pourquoi le bannissement a-t-il pris autant de temps ?

Un examen plus attentif des dates soulève des questions sur la réactivité du système. Jeffrey Epstein était un délinquant sexuel enregistré depuis 2008, suite à une condamnation pour sollicitation de prostitution sur mineur. Cependant, les documents indiquent qu’il n’aurait créé son compte Xbox Live qu’en octobre 2012. L’accord entre Microsoft et l’État de New York ayant été annoncé dès avril 2012, cela signifie que son compte est resté actif pendant plus d’un an avant d’être finalement suspendu en décembre 2013.

Ce délai entre la création du compte et son bannissement effectif illustre les défis potentiels de la mise en œuvre de telles politiques à grande échelle. Bien que l’initiative ait permis de fermer plus de 3 500 comptes liés à des délinquants sexuels, le cas d’Epstein montre que le processus n’était pas instantané. Larry Hryb, ancien directeur du Xbox Live connu sous le pseudonyme de Major Nelson, a sobrement commenté l’affaire sur le réseau social Bluesky, déclarant : « Notre équipe était minutieuse, je leur accorde ça ».

manette Xbox (2).

Epstein était-il réellement un joueur actif ?

La question de l’utilisation réelle du service par Epstein reste en suspens. Les documents ne permettent pas de déterminer s’il était lui-même un joueur assidu. D’autres échanges par email apportent un éclairage partiel sur ses interactions avec l’écosystème Xbox. En juillet 2014, soit après son bannissement, il demande à son assistante exécutive : « Avons-nous une Xbox 360 Kinect ? ». Cette question suggère une méconnaissance ou un désintérêt pour le matériel qu’il possédait peut-être déjà.

Un autre email, daté de décembre 2016, semble évoquer l’achat d’une console Xbox One S comme cadeau d’anniversaire pour un jeune garçon. En 2019, un message plus laconique s’interroge sur une facturation : « Pourquoi y a-t-il un prélèvement de 25,24 $ sur Xbox ? ». Ces éléments tendent à dépeindre une utilisation indirecte ou administrative de la plateforme, plutôt que celle d’un joueur passionné, rendant l’histoire de son bannissement d’autant plus singulière.



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