Une opération d’espionnage chinoise a été découverte en Gironde. Quatre personnes, dont deux ressortissants chinois, ont été interpellées par les autorités françaises. Ils sont soupçonnés d’avoir intercepté les données des satellites de Starlink à l’aide d’une parabole géante, installée dans le petit jardin de leur Airbnb.
Une opération d’espionnage chinois a été débusquée en France, dans une petite commune de Gironde, Camblanes-et-Meynac. L’affaire débute lorsque les habitants de la commune se mettent à se plaindre de coupures régulières du réseau Internet dans le quartier. En parallèle, ils aperçoivent une grande antenne parabolique d’environ deux mètres, orientée vers le ciel, dans le jardin d’une maison louée sur Airbnb.
La situation remonte rapidement jusqu’aux oreilles des autorités françaises. Les forces de l’ordre constatent que le logement est occupé par deux ingénieurs chinois récemment arrivés en France. Ils sont entrés en France le 10 janvier dernier, pour une durée initiale de 10 jours. La DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) s’empare alors de l’affaire.
À lire aussi : Un empire de l’arnaque a été démantelé en Birmanie, plus de 100 antennes Starlink saisies
Comprendre la technologie Starlink
Rattaché au ministère de l’Intérieur, le principal service de renseignement français soupçonne une vaste opération d’espionnage orchestrée par la Chine. Selon le parquet de Paris, l’opération visait à fournir des « informations à une puissance étrangère ».
Une perquisition est alors menée au sein du Airbnb. Les enquêteurs de la DGSI découvrent un système informatique permettant de capter des données satellitaires de Starlink, le service d’Internet par satellite d’Elon Musk. Des informations militaires ultrasensibles étaient dans le viseur des espions chinois. Selon les informations glanées par Bloomberg, le duo tentait de comprendre la technologie Starlink pour pouvoir exfiltrer des données critiques, en provenance notamment d’entités militaires. Pour l’Agence nationale des fréquences radios, le dispositif est taillé pour « l’utilisation illégale de fréquences, l’utilisation non conforme d’équipements radio, le brouillage de fréquences, la détention illégale de dispositifs techniques de captation de données informatiques ». Selon le parquet de Paris, le dispositif permet « d’intercepter illégalement le flux descendant des satellites, notamment des échanges entre entités militaires d’importance vitale ».
À lire aussi : Starlink utilise vos données pour entraîner son IA, voici comment l’en empêcher
Quatre personnes au total, dont deux ressortissants chinois, sont interpellées en Gironde et placées en garde à vue. Pendant quatre jours, elles vont être interrogées par la DGSI dans ses locaux. À l’issue de ces auditions, deux des espions présumés ont été présentés à un juge d’instruction. Ils ont ensuite été placés en détention provisoire. Les deux hommes avaient obtenu leur visa en se présentant comme ingénieurs d’une entreprise de communication sans fil liée à des projets universitaires à visée militaire, selon le parquet. Les deux autres individus ont aussi été mis en examen, mais sont placés sous contrôle judiciaire. Elles sont suspectées d’avoir importé illégalement le matériel nécessaire à l’opération. Installés en France depuis plusieurs mois, ils géraient un commerce qui aurait servi de couverture à l’opération d’espionnage. Sur le papier, ils risquent tous les quatre jusqu’à quinze ans de prison.
Comme le rapporte France Info, une affaire analogue a touché un petit village de Dordogne quatre ans plus tôt. Là encore, une immense antenne, de 7 mètres de diamètre, avait été découverte dans le jardin d’une ressortissante chinoise, suspectée d’espionnage. Faute de preuves suffisantes, elle n’a jamais été condamnée. Plus récemment, en décembre dernier, un enseignant-chercheur de l’Institut d’ingénierie et de mécanique de Bordeaux a été mis en examen pour des faits d’espionnage analogues. L’homme est soupçonné aidé la Chine à faire entrer une délégation chinoise dans des zones sensibles et interdites. Laissé libre mais placé sous contrôle judiciaire, il est poursuivi pour avoir transmis des informations à un État étranger.
👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.