La Russie restreint Telegram et coupe WhatsApp

La Russie restreint Telegram et coupe WhatsApp



Les utilisateurs russes de Telegram et de WhatsApp risquent très bientôt de ne plus avoir d’autre choix que de basculer vers la messagerie officielle du Kremlin, ou de passer par un VPN pour continuer à discuter avec leurs apps de prédilection.

Moscou accentue sa pression sur les applications de messageries indépendantes. Le Roskomnadzor, le gendarme russe des médias et d’internet, a annoncé cette semaine des restrictions supplémentaires concernant Telegram ; le régulateur affirme que l’app ne respecte pas les lois du pays. Le même Roskomnadzor bloque depuis l’été dernier les coups de fil passés dans Telegram.

La Russie pousse ses citoyens vers la messagerie nationale

La Russie exige en effet des messageries que les données des utilisateurs soient stockées sur le territoire, et qu’elles partagent des informations avec les autorités soi-disant dans des dossiers de terrorisme ou de fraude. Telegram met volontiers en avant le chiffrement de bout en bout, ce qui théoriquement devrait empêcher quiconque d’espionner des discussions, mais dans les faits la messagerie est une passoire : le chiffrement n’est pas activé par défaut.

Quoi qu’il en soit, malgré les difficultés d’accès, Telegram reste très utilisé en Russie y compris par des figures majeures du gouvernement et des personnalités publiques. Le fondateur de l’application, Pavel Durov, affirme que « la Russie restreint l’accès à Telegram dans le but de contraindre ses citoyens à basculer vers une application contrôlée par l’État, conçue pour la surveillance et la censure politique ». Le milliardaire, né en Russie et qui vit en dehors du pays, a été mis en examen par la France pour des infractions relevant du crime organisé.

Le Roskomnadzor ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Il a aussi tout simplement bloqué WhatsApp. Des noms de domaine liés à la messagerie ont été retirés ou bloqués au niveau du DNS russe ; les requêtes des utilisateurs ne renvoient donc plus d’adresse IP valide. Résultat : l’application ne parvient plus à se connecter à ses serveurs. Il faut désormais passer par un VPN pour contourner le blocage et retrouver un usage normal.

« En raison du refus de Meta de se conformer à la législation russe, une telle décision a effectivement été mise en œuvre », a confirmé un porte-parole du Kremlin. WhatsApp est la messagerie le plus populaire en Russie, où elle compte 100 millions d’utilisateurs. Comme Telegram, elle est elle aussi privée des appels depuis août dernier.

« Tenter d’isoler plus de 100 millions d’utilisateurs d’un moyen de communication privé et sécurisé est un retour en arrière et ne peut qu’aboutir à une moindre sécurité pour les habitants en Russie », déclare l’entreprise, qualifiée d’« organisation terroriste » par le Kremlin.

À la place de Telegram et de WhatsApp, le gouvernement russe recommande d’utiliser Max, une messagerie souveraine que beaucoup accusent d’être un espion au service des autorités.

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