la modération en pleine crise

la modération en pleine crise


C’est une grogne qui enfle et qui prend de l’ampleur. Sur Steam, la plus grande vitrine mondiale du jeu vidéo sur PC, les créateurs se sentent abandonnés. La raison ? Une politique de modération jugée laxiste, voire inexistante, qui permet aux abus de proliférer.

Harcèlement, propos antisémites, transphobie, campagnes politiques… les avis et forums sont devenus le théâtre d’une « guerre culturelle » qui pénalise lourdement les studios, en particulier les plus indépendants.

Comment les avis sont-ils devenus une arme ?

L’affaire Nathalie Lawhead est symptomatique. La créatrice du jeu « BlueSuburbia » a été la cible d’avis contenant des propos antisémites et des références à une agression sexuelle qu’elle avait dénoncée. Malgré des signalements répétés, la plateforme Steam a initialement validé ces commentaires, arguant ne pas pouvoir « vérifier l’exactitude des déclarations ».


Il a fallu une mobilisation sur les réseaux sociaux et un contact direct avec un employé de Valve pour que les pires commentaires soient enfin retirés. Ce cas illustre un problème systémique : les outils de signalement sont inefficaces et le processus est décrit comme « cassé » par les victimes, qui se retrouvent démunies face à des attaques n’ayant rien à voir avec la qualité de leur jeu.

Pourquoi la modération de Valve est-elle si critiquée ?

La réponse de Valve aux signalements est souvent la même, et elle est glaçante. La plateforme se retranche derrière l’argument de la « censure », expliquant que retirer des avis sur la base de leur véracité serait une forme de censure. Cette position, qui ignore le harcèlement flagrant, laisse la porte ouverte à toutes les dérives, rendant la modération quasi inexistante.

Pire encore, la même réponse-type, mot pour mot, a été envoyée à des développeurs à cinq ans d’intervalle, prouvant une stagnation totale du processus. Pour beaucoup, le message est clair : Valve considère que le harcèlement visant un groupe de personnes est une opinion acceptable, tandis que seules les attaques individuelles sont (parfois) sanctionnées. Ce manque de discernement transforme la plateforme en zone de non-droit.

Quelles sont les conséquences pour les créateurs ?

Au-delà du harcèlement individuel, des groupes organisés instrumentalisent les outils de Steam. Des « curateurs » comme « NO WOKE » ou « CharlieTweetsDetected » ciblent des jeux pour leurs thématiques inclusives (LGBTQ+) ou les opinions politiques de leurs créateurs. Pour les développeurs, ces campagnes de dénigrement coordonné peuvent avoir un impact économique dévastateur.

Face au quasi-monopole de Steam, les studios se sentent pris en otage. Ne pas être sur la plateforme est un suicide commercial, mais y rester signifie endurer un flot de haine constant sans réel soutien. Certains en sont réduits à payer leurs propres modérateurs pour leurs forums, tandis que d’autres tentent de retourner la situation avec humour, transformant des insultes en slogans marketing.

Foire Aux Questions (FAQ)

Qu’est-ce qu’un « curateur » Steam ?

Un curateur est un individu ou un groupe qui peut recommander ou déconseiller des jeux sur Steam. Si leur but initial est d’aider à la découverte, certains abusent de cette fonction pour mener des campagnes de harcèlement ciblées contre des jeux ou des développeurs pour des raisons idéologiques.

Valve a-t-elle réagi officiellement ?

Non. Malgré de multiples sollicitations de la part des médias et des développeurs, Valve, la société derrière Steam, reste silencieuse sur ces problèmes de modération. Cette absence de communication renforce le sentiment d’abandon et d’impunité.





Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.