le géant français gèle ses usines et lance un appel à l’aide

le géant français gèle ses usines et lance un appel à l’aide


Pris en étau entre des coûts qui explosent et un marché qui ralentit, le fabricant de batteries ACC tire la sonnette d’alarme. Yan Vincent, son patron, prévient : sans chèque massif de l’Europe, l’avenir industriel s’écrit en pointillés.

Le rêve d’une souveraineté industrielle européenne a-t-il du plomb dans l’aile ? c’est la question qui fâche. Alors que la transition vers l’électrique semblait toute tracée, la réalité du terrain rattrape brutalement les ambitions politiques. L’Automotive Cells Company (ACC), la co-entreprise mariant Stellantis, Mercedes et TotalEnergies, traverse une zone de turbulences majeure. « Le futur de l’automobile est donc électrique. Mais une question cruciale demeure : qui va fabriquer les batteries des voitures européennes ? », s’interroge Yann Vincent dans sa lettre ouverte. Dans ce même texte sans filtre, le PDG ne tourne pas autour du pot : l’heure est grave.”

L’objectif reste le même, à savoir d’empêcher que les batteries de nos futures voitures électriques soient 100 % asiatiques. Car aujourd’hui, BYD et CATL forment un duopole chinois absolu, et pour le briser, la bonne volonté ne suffit plus.

Douvrin : un démarrage dans la douleur

Il faut être lucide et concéder que la mise en route de la Gigafactory des Hauts-de-France est un véritable parcours du combattant. Yann Vincent l’avoue, c’est « plus long et plus coûteux qu’imaginé ». Cette complexité technique pèse lourdement sur la trésorerie de l’entreprise.

Vue aérienne de la Gigafactory de Billy Berclau/Douvrin dans les Hauts-de-France. © ACC

Est-ce un échec pour autant ? Non. Des milliers de Peugeot, Opel et DS sillonnent déjà les routes avec des modules sortis de ces lignes. La production accélère et les taux de rebuts diminuent enfin. La technologie fonctionne, c’est indéniable. Mais l’équation économique, elle, reste précaire.

Clap de fin (provisoire) pour l’Allemagne et l’Italie

C’est la conséquence directe de ce climat incertain : ACC met un coup de frein brutal à son expansion. Le marché du véhicule électrique progresse, certes, mais bien moins vite que les courbes folles espérées il y a deux ans. Résultat, les constructeurs comme Stellantis et Mercedes temporisent. La prudence est devenue le nouveau mot d’ordre face à une concurrence chinoise qui casse les prix.

L’impact est immédiat et violent. En France, les bureaux d’études de Bordeaux-Bruges et Nersac tournent au ralenti, forcés de passer par la case chômage partiel. Plus radical encore, l’idée de construire de nouvelles usines en Allemagne et en Italie est jugée « totalement irresponsable » par la direction. Inutile de bâtir des cathédrales industrielles si elles doivent rester vides pendant des années faute de commandes.

L’Europe doit passer à la caisse

Pour le patron d’ACC, la balle est dans le camp de l’Union européenne. On ne peut pas exiger une réindustrialisation à marche forcée sans aligner les milliards nécessaires pour la soutenir. S’appuyant sur le rapport Draghi, il réclame un instrument financier d’envergure, capable de rivaliser avec les subventions étrangères.

Le spectre de la faillite de Northvolt plane sur le secteur. Si Bruxelles ne réagit pas avec un plan de sauvetage concret pour la filière continentale d’ici le 25 février 2026, ACC pourrait bien être le prochain domino à tomber. L’urgence n’est plus technologique, elle est financière.

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Source :

ACC



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