Instagram en procès, et ça pourrait faire mal à Meta

Instagram en procès, et ça pourrait faire mal à Meta



Le caractère addictif d’Instagram est sur le banc des accusés. Pendant un procès qui se tient actuellement à Los Angeles, les dirigeants de Meta, dont Mark Zuckerberg, défendent leur bout de gras en évoquant la liberté d’expression. Le patron de Meta a même tenté d’impliquer Apple.

C’est le moment « big tobacco » pour l’industrie des réseaux sociaux. Le procès se tient actuellement devant la Cour supérieure de Los Angeles pourrait bien affirmer la responsabilité des plateformes dans les dommages allégués à la santé mentale des jeunes. Au cœur de l’affaire, la plainte contre Meta d’une jeune femme aujourd’hui âgée de 20 ans, qui affirme être devenue dépendante à des apps comme YouTube et Instagram.

Apple impliquée bien malgré elle

Les avocats de la plaignante affirment que Meta, Google, TikTok et Snap ont conçu des produits addictifs tout en minimisant publiquement leurs effets — un peu à l’image des fabricants de cigarettes à l’époque où ils niaient les effets de leurs produits sur la santé. TikTok et Snap ont conclu un accord avant l’ouverture des débats. Meta, de son côté, conteste fermement les accusations, ce qui explique la présence de Mark Zuckerberg à la barre.

Le procès avec jury doit répondre à une question simple en apparence : Instagram a-t-il été un facteur significatif dans les troubles psychologiques de la plaignante ? Une partie de l’audience s’est interrogée sur les filtres numériques liés à la chirurgie esthétique. Des experts, dont 18 spécialistes cités dans une étude de l’université de Chicago, ont estimé que ces filtres pouvaient nuire aux adolescentes. Instagram avait temporairement suspendu certains de ces outils, avant de lever l’interdiction sur décision de Mark Zuckerberg.

Ce dernier a expliqué que l’idée d’un bannissement de ces filtres pouvait sembler « paternaliste » : « Je tiens réellement au bien-être des adolescents et des enfants qui utilisent nos services », a-t-il affirmé devant la cour. Mais, selon lui, les preuves de causalité directe entre Instagram et les dégâts sur la santé mentale restent insuffisantes. Il a également invoqué la liberté d’expression : « Je veux sincèrement pencher du côté qui donne aux gens la possibilité de s’exprimer. »

Le patron de Meta a aussi été interrogé sur des objectifs internes visant à augmenter le temps passé sur Instagram — jusqu’à 46 minutes par jour à l’horizon 2026 selon des documents cités à l’audience. Mark Zuckerberg a répondu que ces jalons servaient à se mesurer face aux concurrents et à « livrer les résultats que nous voulons voir ». Il continue pourtant de nier que l’augmentation du temps d’écran soit un objectif en soi.

Autre point sensible : la présence d’utilisateurs de moins de 13 ans sur Instagram, ce qui est pourtant interdit sur le réseau social. Des documents évoquent jusqu’à 4 millions d’enfants concernés aux États-Unis. Le CEO de Meta a assuré qu’Instagram supprime tous les comptes identifiés comme étant ceux de mineurs, mais il reconnait que certains mentent sur leur âge.

Il a ajouté que la vérification d’âge serait, selon lui, plus efficace si elle était assurée au niveau des systèmes d’exploitation et des boutiques d’applications, autrement dit par Apple et Google. Un discours récurrent chez Meta, qui pourrait bien obtenir ce qu’il souhaite.

C’est dans ce contexte qu’il a mentionné un échange de courriels avec Tim Cook en 2018. Mark Zuckerberg dit avoir contacté le patron d’Apple pour discuter du « bien-être des adolescents et des enfants ». Une manière, selon la défense, de montrer qu’il ne restait pas inactif face aux inquiétudes, mais qui est aussi un moyen de renvoyer la responsabilité à Apple. Les audiences doivent se poursuivre jusqu’à la fin mars.

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Source :

CNBC



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