La Russie s’est tirée une balle dans le pied, assez littéralement, en restreignant fortement l’accès à Telegram sur son territoire. Il se trouve que la messagerie est très utilisée par l’armée russe pour organiser les opérations militaires en Ukraine…
Dans sa tentative de pousser un maximum de citoyens vers la messagerie souveraine Max — pas sécurisée et accusée d’espionner les utilisateurs —, Moscou a rendu la vie très difficile à ses soldats. Il est depuis quelques jours impossible d’utiliser WhatsApp, tandis que les communications sont désormais extrêmement difficiles dans Telegram. Le hic, c’est que les opérations de l’armée d’invasion de l’Ukraine sont souvent coordonnées avec la messagerie !
Chaos sur le front
Ces restrictions ont été imposées par le Roskomnadzor, le régulateur russe des communications, au prétexte que la plateforme ne respectait pas la législation sur les données. La décision a suscité la colère de nombreux soldats et blogueurs pro-guerre, car Telegram est un outil essentiel pour les communications sur le front.
À cela s’ajoute un autre coup dur, infligé cette fois de l’extérieur. Starlink a en effet coupé son accès à internet au pays. Début février, Elon Musk a affirmé avoir pris des mesures pour « empêcher l’utilisation non autorisée de Starlink par la Russie ». Concrètement, des terminaux introduits clandestinement sur le territoire russe et déployés près du front ont cessé de fonctionner. La Russie utilise des milliers de terminaux Starlink pour coordonner ses unités et piloter ses drones.
Selon l’Institute for the Study of War repris par Bloomberg, les forces ukrainiennes ont récemment mené des contre-attaques « profitant probablement des perturbations des terminaux Starlink russes et de Telegram ». L’impact serait particulièrement sensible sur les opérations de drones offensifs, qui représenteraient environ 60 % des dégâts infligés sur la ligne de front.
Si le Kremlin ne peut pas faire grand chose pour Starlink, si ce n’est faire pression d’une manière ou d’une autre sur l’entreprise et/ou la Maison Blanche, il est encore possible de sauver ce qui peut l’être avec Telegram. Le ministre du Développement numérique, Maksout Chadaïev, a finalement annoncé que Telegram ne serait pas restreint dans la zone de guerre « à ce stade ». Il affirme aussi, sans preuve publique, que des services de renseignement étrangers ont accès aux communications via l’application. Telegram a rejeté ces accusations, parlant de « fabrication délibérée ».
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Source :
Bloomberg