quand OnlyOffice joue le jeu de l’écosystème fermé de Microsoft

quand OnlyOffice joue le jeu de l'écosystème fermé de Microsoft


La guerre des suites bureautiques est relancée. Après avoir maintes fois critiqué Microsoft pour ses formats de fichiers volontairement complexes, The Document Foundation (TDF), qui pilote le développement de LibreOffice, étend son offensive. Sa nouvelle cible est un concurrent direct, OnlyOffice, qui se voit affublé d’une étiquette cinglante : celle de « faux open source », complice d’une stratégie de verrouillage des utilisateurs.

Pourquoi cette attaque est-elle si virulente ?

L’accusation, portée par Italo Vignoli, cofondateur de la TDF, est sans équivoque. Il soutient que OnlyOffice travaille main dans la main avec Microsoft pour consolider un écosystème fermé. Pour Vignoli, la situation actuelle est un dangereux écho des guerres des navigateurs de l’ère Internet Explorer 6, lorsque Microsoft avait tenté de transformer le HTML en un format propriétaire avant d’être stoppé net par le World Wide Web Consortium (W3C).


Selon la fondation, en se présentant comme une solution open source tout en axant sa compatibilité sur les formats de Microsoft, OnlyOffice ne fait que renforcer le « vendor lock-in« . Cette stratégie, loin de servir les intérêts des utilisateurs, ne viserait qu’à protéger un modèle économique privé en rendant les alternatives moins attractives et plus complexes à utiliser au quotidien.

Quel est le problème avec les formats de Microsoft ?

Le cœur du problème réside dans les formats de fichiers. La TDF reproche à l’organisation internationale de normalisation (ISO) d’avoir validé le format OOXML de Microsoft (utilisé pour les fichiers .docx, .xlsx, etc.) comme un standard ouvert, alors qu’il n’aurait jamais fonctionné comme tel sur le plan technique. Cette décision historique force aujourd’hui des millions d’utilisateurs à subir des erreurs de mise en forme récurrentes dès qu’ils sortent de l’écosystème logiciel de Microsoft.

ONLYOFFICE - Desktop 9.2

Ces formats propriétaires agissent comme de véritables « menottes numériques« , protégeant une activité pesant des dizaines de milliards de dollars. En les utilisant, les utilisateurs confient les clés de leurs propres contenus à une entité tierce dont les intérêts peuvent diverger des leurs. La TDF insiste sur le fait que des alternatives robustes comme l’ Open Document Format ont été spécifiquement conçues pour garantir cette indépendance.

Quels sont les risques concrets pour les utilisateurs ?

Au-delà des simples problèmes de compatibilité, les enjeux touchent directement à la sécurité des données et à la souveraineté numérique. Confier ses documents à des formats fermés, c’est accepter une dépendance potentiellement dangereuse. La TDF cite un exemple extrême mais révélateur : le procureur général de la Cour pénale internationale, dont le compte Microsoft aurait été fermé sur ordre du gouvernement américain, illustrant la précarité de l’accès à ses propres informations.

Face à ce constat, la fondation appelle les utilisateurs à soutenir une véritable interopérabilité plutôt qu’une simple compatibilité avec les produits Microsoft. Un appel déjà entendu par beaucoup, puisque la suite LibreOffice revendique plus de 200 millions d’utilisateurs et enregistre environ 40 millions de téléchargements chaque année. Une preuve que l’alternative existe et fonctionne.

Foire Aux Questions (FAQ)

Qu’est-ce que le « vendor lock-in » ?

Le « vendor lock-in », ou verrouillage par le fournisseur, est une stratégie commerciale qui rend un client dépendant des produits et services d’un fournisseur spécifique. Le passage à un concurrent devient alors si coûteux ou complexe que le client est effectivement « piégé », limitant ainsi la concurrence et l’innovation.

Quelle est la différence majeure entre OOXML et ODF ?

OOXML (Office Open XML) est le format par défaut des documents Microsoft Office (DOCX, XLSX, PPTX). Bien que standardisé par l’ISO, sa complexité le rend difficilement interopérable. L’ODF (Open Document Format) est un format de fichier entièrement ouvert et normalisé, conçu dès le départ pour garantir l’interopérabilité à long terme entre toutes les suites bureautiques qui le prennent en charge, comme LibreOffice.

OnlyOffice est-il totalement gratuit ?

OnlyOffice fonctionne sur un modèle hybride. Il propose une « Community Edition » qui est gratuite et open source, mais également une « Enterprise Edition » propriétaire avec des fonctionnalités supplémentaires. Ce modèle est courant mais parfois critiqué par les puristes du logiciel libre, qui y voient une stratégie pour attirer les utilisateurs vers une version payante et potentiellement moins ouverte.



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