ce qui empêche Tim Cook de dormir

Tsmc Batiment



Que se passerait-il si d’aventure, la Chine décidait de passer à l’acte et reprenait le territoire de Taïwan par la force ? Ce scénario du pire a fait perdre le sommeil à Tim Cook et pour cause : Taïwan produit la majorité des puces au sein de l’iPhone et d’à peu près tous les appareils électroniques au monde.

La Chine veut une « réunification » avec Taïwan, un État souverain considéré comme une « province rebelle » à Pékin. Les menaces se sont chaque jour plus précises, avec de régulières et inquiétantes manœuvres militaires autour de l’île ; la possibilité d’un blocus est jugée probable par les experts à court terme. Une telle opération asphyxierait complètement l’économie du territoire — une économie qui repose largement sur la production de puces électroniques pour les constructeurs du monde entier.

La crise redoutée par toute l’industrie

En juillet 2023, la Maison Blanche a réuni plusieurs des dirigeants les plus influents du secteur des technologies. Tim Cook, patron d’Apple, Jensen Huang (Nvidia), Lisa Su (AMD) et Cristiano Amon (Qualcomm) ont écouté le directeur de la CIA et la responsable du renseignement national détailler les dernières évaluations sur Taïwan. Le message est simple : Pékin pourrait être prêt militairement à agir d’ici 2027. À la sortie, Tim Cook aurait confié qu’il ne dormait désormais que d’un œil, selon les sources du New York Times.

Taïwan a beau être un petit territoire, c’est un mastodonte de la tech : il produit plus de 90 % des puces avancées. L’industrie taïwanaise des semi-conducteurs irrigue environ 10 000 milliards de dollars de PIB mondial. Et c’est aujourd’hui le principal point de défaillance pour l’économie américaine et mondiale, encore plus aujourd’hui avec l’IA et ses data centers.

Selon un rapport confidentiel réalisé par la Semiconductor Industry Association en 2022, en cas d’interruption brutale de l’approvisionnement en semi-conducteurs de Taïwan, l’événement provoquerait rien moins que la plus grave crise économique depuis la Grande Dépression de 1933. Le PIB des États-Unis chuterait de 11 % (deux fois plus que la crise financière de 2008), celui de la Chine se contracterait de 16 % (!). Pour Pékin, la question est moins économique que politique et comme on l’a vu avec l’invasion russe en Ukraine, les régimes autoritaires n’ont pas toujours pour priorité la rationalité financière.

Cette menace chinoise occupe les administrations américaines. Joe Biden a voulu jouer du carnet de chèques pour attirer TSMC aux États-Unis afin de produire des puces sur le sol américain, Donald Trump a suivi avec la politique du bâton et ses fameux tarifs. Mais on ne bâtit pas en un claquement de doigts une infrastructure industrielle à partir de rien ; le régional de l’étape, Intel, a obtenu l’aide de la Maison Blanche et cherche à placer ses capacités de production auprès de gros clients comme Nvidia ou Apple.

Malgré l’alerte et tous ces efforts, l’industrie américaine continue de commander massivement des puces chez le géant TSMC qui les produit dans ses usines à Taïwan. Pour des raisons très prosaïques : produire aux États-Unis coûte plus cher (souvent plus de 25 % par rapport à Taïwan), ce qui entame les marges de profit. Et puis il faut aussi reconnaitre que les usines américaines ne sont pas au niveau technologique des lignes de production de l’île…

Tout le monde reconnait que Taïwan est le principal enjeu pour les lignes d’approvisionnement mondiales. Mais personne ne veut être le premier à supporter le surcoût d’un découplage, même partiel, avec le territoire. Pendant que les entreprises US favorisent le court-termisme des résultats financiers trimestriels, l’horloge géopolitique tourne.

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Source :

NYT



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