L’annonce par Discord de l’obligation de vérifier son âge pour accéder aux contenus réservés aux adultes a viré à la catastrophe. La plateforme a donc décidé de reculer pour mieux sauter au second semestre, avec cette fois davantage de transparence et d’explication. Mais le mal est fait.
Début février, Discord annonçait que la vérification de l’âge serait obligatoire pour permettre aux adultes d’accéder à l’ensemble des fonctions de la plateforme. Cette communication pour le moins confuse a nécessité une explication de texte quelques jours plus tard… mais rien n’y fait.
La vérification d’âge tourne au fiasco
Discord est donc revenu à la charge, avec de bien meilleures intentions. Le lancement de cette nouveauté, initialement programmée pour le mois de mars, est reporté au second semestre. Et cette fois, l’entreprise va mettre le paquet pour faire accepter sa solution. « La manière dont cela a été présenté a donné à beaucoup d’entre vous l’impression que nous exigeons des scans du visage et le téléversement d’une pièce d’identité de la part de tout le monde simplement pour utiliser Discord », explique Stanislav Vishnevskiy, directeur technique.
« Ce n’est pas ce qui se passe, mais le fait que tant de personnes le croient nous montre que nous avons échoué dans notre mission la plus élémentaire : expliquer clairement ce que nous faisons et pourquoi », ajoute-t-il. C’est le moins qu’on puisse dire ! Car entretemps les alternatives à Discord ont connu une forte progression… tout comme le sentiment d’animosité envers la plateforme.
Avant de mettre en place (à nouveau) son obligation de vérification d’âge, Discord va donc ajouter des options supplémentaires (dont la vérification de carte bancaire), de la documentation sur chacune des sociétés de vérification partenaires, un livre blanc détaillant le fonctionnement des systèmes. Une option donnera par ailleurs l’accès à des espaces de discussion « alternatifs » aux salons soumis à une restriction d’âge, pour en isoler les sujets sensibles.
Rien ne change en revanche dans les pays où la loi oblige la vérification de l’âge avant d’accéder à des salons pour adultes. C’est le cas au Royaume-Uni, en Australie et bientôt au Brésil. Stanislav Vishnevskiy rappelle que « plus de 90 % des utilisateurs n’auront jamais besoin de vérifier leur âge pour continuer à utiliser Discord exactement comme aujourd’hui ». Discord exploite ses propres systèmes de sécurité qui sont déjà capables de déterminer l’âge de nombreux utilisateurs majeurs sans qu’aucune action ne soit requise de leur part.
La plateforme veut également donner des gages et rassurer sur son sérieux envers le choix de ses partenaires. Un d’entre eux a été victime en octobre dernier d’une cyberattaque, qui a débouché sur une fuite de données personnelles. Suite à une évaluation, Discord a ainsi retiré son agrément à Persona, dont les services de vérification d’âge sont pourtant utilisés par Reddit et Roblox. « À l’issue du test, nous avons décidé de ne pas poursuivre avec ce prestataire et, conformément à notre politique de confidentialité, l’ensemble des données a été supprimé une fois la vérification achevée », détaille le dirigeant.
Discord a évité une balle : Persona est en partie financée par Founders Fund, un fonds d’investissement cofondé par Peter Thiel, le sulfureux cofondateur de Palantir. Cette société américaine, spécialisée dans l’analyse massive de données, travaille notamment avec des agences gouvernementales (notamment la tristement célèbre police de l’immigration ICE), des services de renseignement aux États-Unis comme à l’étranger.
Même si Persona assure n’avoir aucune relation avec Palantir ou avec des agences comme l’ICE, le simple fait qu’un prestataire lié, même indirectement, à un acteur aussi controversé ait été impliqué dans des tests de vérification d’identité n’a évidemment rien fait pour calmer les inquiétudes.
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Source :
Discord