Tesla a engagé des poursuites contre la société Unibev, une entreprise française spécialisée dans la distribution de boissons. Le litige porte sur l’utilisation de la marque « Cybercab », mais l’affaire remonte en réalité à bien plus longtemps.
Est-ce une simple affaire de squattage de marque ou une véritable bataille de David contre Goliath ? Le conflit qui oppose le géant de la voiture électrique Tesla à un grossiste français en boissons, Unibev, commence à faire du bruit. Surtout, depuis quelques jours, il est porté devant la justice car le constructeur californien estime avoir été trompé par une entreprise française particulièrement opportuniste.
Une société française bloque Tesla sur le robotaxi
Au cœur des enjeux de cette bataille juridique à venir, il y a la marque « Cybercab ». Pour les suiveurs de Tesla, le Cybercab est le nom donné par la marque à son futur taxi autonome. Si le service existe déjà aux États-Unis, le modèle associé en est encore au stade de concept. D’ailleurs nous avons déjà eu l’occasion de monter à bord et de vous les présenter en vidéo. Chez Tesla, l’association avec la marque Cybercab est donc assez claire ?
Et chez le français Unibev ? Selon un document de près de 170 pages déposé le 18 février 2026 auprès de l’office américain des marques, l’USPTO, la marque « Cybercab » aurait déjà été déposée par Unibev. Très précisément, Unibev aurait déclaré la marque « Cybercab » dès le printemps 2024 alors que Tesla n’a officialisé son projet que lors de l’événement « We, Robot » le 10 octobre 2024, soit plusieurs mois plus tard.
Surtout, et c’est là que l’affaire se complique, Unibev a choisi d’étendre la protection de sa marque « Cybercab » à l’international et donc aux États-Unis. Dans cette manœuvre, le Français a été plus rapide que l’Américain. Conséquence actuelle : en raison de ce principe d’antériorité, l’USPTO a suspendu l’utilisation de la marque déposée par Tesla et bloque l’usage du nom Cybercab pour le robotaxi.
Les arguments de Tesla contre l’entreprise française
Pour Tesla, cette manœuvre ne serait rien d’autre qu’un cas classique de « squattage de marque ». Dans le document officiel déposé à l’USPTO, le constructeur invoque la fraude, la mauvaise foi, la dilution de marque et l’absence de volonté réelle d’utiliser ce nom dans le domaine de l’auto, entre autres arguments.
Par ailleurs, Tesla a trouvé un angle d’attaque dans la mesure où, dans son argumentaire, Unibev explique qu’aucune société n’utilisait le terme « Cybercab » auparavant et que les termes « Cyber » et « Cab » pris indépendamment n’étaient pas employés pour définir des véhicules.
Cet argument semble assez léger dans la mesure où, bien avant la présentation officielle en octobre 2024, le nom « Cybercab » et robotaxi était régulièrement associé à Tesla, que ce soit dans les rumeurs ou même dans quelques prises de parole d’Elon Musk. Par ailleurs, la simple existence d’un modèle portant le nom de Cybertruck pourrait suffire à Tesla pour faire invalider le dépôt de marque.
Une tentative opportuniste ?
Un dernier élément risque de jouer en défaveur d’Unibev : ses antécédents. En effet, la société française a déjà tenté de déposer d’autres marques en jouant sur le vocabulaire lié à Tesla, voire en reprenant directement le nom de la marque. Ainsi, dans les mois qui ont précédé cet épisode, Unibev a également déposé la marque « Teslaquilla », dont l’inspiration fait assez peu de doutes.
Malgré les éléments du dossier en faveur de Tesla, l’antériorité juridique d’Unibev reste un argument très solide et pourrait permettre à une cour de justice de trancher en faveur du Français. Dès lors, à moins que Tesla ne souhaite s’engager dans une procédure qui pourrait être longue et mettre à mal ses plans (la production du Cybercab vient de débuter au Texas), une autre issue possible serait un accord financier entre les deux parties.
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