L’Assemblée veut mesurer notre dépendance aux géants du numérique
Le site Acteurs publics rapporte qu’à l’Assemblée nationale, une commission d’enquête va analyser la dépendance de la France au numérique étranger. «Les auditions débuteront notamment par le directeur général du Health Data Hub», précise Acteurs publics, qui indique que «les travaux de la commission parlementaire porteront sur le numérique au sens large: cloud, hébergement, mais aussi solutions logicielles. Les acteurs économiques du numérique, et fournisseurs de solutions numériques, seront ainsi interrogés au même titre que les administrations publiques et que les chercheurs. Une audition de la direction interministérielle du numérique est également prévue, et sera particulièrement orientée sur les outils de la suite numérique de l’État.»
Cette «commission d’enquête sur les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique et les risques pour l’indépendance de la France» est présidée par Philippe Latombe (Modem) et a pour rapporteure Cyrielle Chatelain (Ecologistes). Le think Tank CyberCercle précise que «cette commission structurera ses travaux autour de trois axes: l’étude des vulnérabilités de la France en matière numérique, l’évaluation de la capacité de la France à assurer une véritable souveraineté numérique, les enjeux liés à la protection des données des citoyens français».
Élections municipales : la liste des signataires du pacte du Logiciel libre
Comme déjà signalé ici, l’April propose pour les élections municipales et communautaires des 15 et 22 mars 2026 aux personnes candidates de signer son Pacte du Logiciel libre «afin de marquer leur engagement, si elles sont élues, à promouvoir et défendre une priorité aux logiciels libres et aux formats ouverts au sein de leurs collectivités». La liste des signataires, comme listes ou à titre individuel, est en ligne.
Si vos candidats n’y sont pas, ce serait une bonne idée de les y inciter 🙂
Les logiciels libres, une opportunité stratégique pour l’Europe
C’est la profession de foi de Nicolas Vivant, directeur de la stratégie numérique d’Échirolles (souvent citée dans ce blog, cette ville d’Isère a depuis plusieurs années une orientation soutenue vers le Libre) dans un billet sur son blog, qui affirme:
«Les sources ouvertes et la décentralisation constituent deux axes stratégiques complémentaires pour l’Europe afin de renforcer son autonomie technologique tout en favorisant une souveraineté numérique ouverte et collaborative. Les logiciels libres, le principe de fédération tel qu’illustré par ActivityPub et le Fediverse, ainsi que les approches décentralisées permettent d’atteindre cette autonomie sans céder au souverainisme isolationniste, en misant sur la transparence, l’interopérabilité et la coopération transfrontalière.»
«Les logiciels libres incarnent une autonomie pragmatique où l’accès libre au code confère un contrôle technique sans sombrer dans l’autarcie. Contrairement au souverainisme protectionniste, qui érige des barrières, l’open source repose sur des licences permissives autorisant la modification et la redistribution mondiale, évitant la dépendance à des fournisseurs propriétaires tout en maintenant une porosité constructive avec l’écosystème global.»
OpenStreetMap sous attaque massive de bots
Inonder un site de bots de collecte de données alors qu’elles sont gratuites… Ce bel exemple d’utilisation inepte d’IA est donné par le récent afflux de requêtes qu’a subi OpenStreetMap (OSM), rapporté par GoodTech: «Dans un post du 28 janvier, l’équipe technique d’OpenStreetMap a annoncé avoir bloqué rien moins que 320.000 adresses IPv4 résidentielles en 24 heures (plus 100.000 IPv6 !) impliquées dans le scraping, pour maintenir OpenStreetMap.org opérationnel. « Si vous avez besoin de données OSM, ne scrapez pas le site web – utilisez les téléchargements officiels » , rappelle l’équipe.
Plusieurs observateurs pointent du doigt le « vibe coding », cette pratique où des développeurs utilisent l’IA pour générer du code sans vraiment comprendre ce qu’ils font. Dans ce cas précis, des développeurs auraient utilisé des LLM pour générer du code de scraping d’OpenStreetMap sans savoir que le projet offre des téléchargements officiels gratuits et légaux.»
Un parti anti-PowerPoint et autres logiciels de présentation
En Suisse, il existe un parti Anti-PowerPoint (présentation dans Wikipédia). Créé en 2011, il veut réduire l’usage professionnel des logiciels de présentation, le plus connu étant le PowerPoint de Microsoft, au profit des tableaux de conférence (dits «paperboard»… mais pas en anglais, où on dit «flip chart»). Il explique sur son site ne pas viser l’interdiction de ces logiciels, mais empêcher que leur usage soit obligatoire, dans les entreprises, l’enseignement etc. Bien que basé chez nos voisins helvètes, ce parti affiche une vocation internationale.
À noter, parmi les alternatives gratuites à PowerPoint, il y a en logiciel libre Impress, dans la suite bureautique LibreOffice.
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