la NASA recycle sa station lunaire pour créer le vaisseau nucléaire du futur

la NASA recycle sa station lunaire pour créer le vaisseau nucléaire du futur


La NASA change de cap et décide de recycler les composants de sa future station lunaire pour lancer une mission nucléaire vers Mars d’ici fin 2028. Ce projet, baptisé SR-1 Freedom, signe le retour de l’agence vers la propulsion atomique après des décennies d’essais infructueux.

Sous l’impulsion de la politique spatiale de l’administration Trump, la NASA met officiellement en « pause » le développement de Gateway, sa station en orbite lunaire, pour se concentrer sur une base directement installée à la surface de la Lune. Mais pas question pour autant de mettre à la poubelle les 4,5 milliards de dollars déjà investis depuis 2019 dans le matériel de Gateway.

Transformer un module lunaire en un vaisseau nucléaire électrique

L’idée est de récupérer le module central de la station pour le transformer en un vaisseau autonome capable de rejoindre Mars grâce à l’énergie nucléaire. Si vous pensiez que le nucléaire spatial était un vieux rêve de science-fiction, sachez que le lancement est déjà programmé dans seulement 33 mois.

L’élément de propulsion et d’alimentation de la station Gateway qui sera au cœur de la mission du vaisseau SR-1 Freedom. – Source : Lanteris Space Systems

Le module d’origine, baptisé PPE, devait initialement fonctionner uniquement grâce à d’immenses panneaux solaires. Désormais, la NASA va y greffer un réacteur à fission alimenté à l’uranium. Cela veut dire que le réacteur ne servira pas à produire une explosion pour propulser le vaisseau, mais à fabriquer de l’électricité, qui alimentera ensuite des moteurs à plasma utilisant du xénon comme carburant. C’est ce que l’on appelle la propulsion nucléaire électrique.

Pour vous donner une idée, ce petit réacteur de 20 kilowatts, qui fonctionne comme une « mini » centrale électrique de poche, est malgré tout 20 fois plus puissant que les générateurs nucléaires qui équipent actuellement les rovers martiens ou les sondes Voyager.

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Mais la plus grande différence est sans doute que le nucléaire peut continuer de fournir une énergie constante pour déplacer des charges lourdes lorsque le soleil devient trop faible pour alimenter les panneaux photovoltaïques. L’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, explique ce choix en précisant qu’après avoir dépensé 20 milliards de dollars dans des programmes nucléaires annulés, l’agence doit prouver qu’elle peut exécuter une mission avec le matériel qu’elle a déjà sous la main plutôt que de demander un nouveau budget de plusieurs milliards de dollars.

La mission Skyfall : des hélicoptères pour préparer l’arrivée de l’homme sur Mars

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Illustration d’artiste de la mission du Space Reactor-1 (SR-1) Freedom approchant la planète Mars. – Source : NASA

Le vaisseau SR-1 Freedom ne fera pas le voyage à vide, puisqu’il transportera une charge utile nommée Skyfall. Il s’agit de trois drones hélicoptères, basés sur le design du célèbre Ingenuity (qui a déjà opéré sur la planète rouge), dont la mission sera de repérer des sites d’atterrissage pour les futurs astronautes. Grâce à leurs caméras et radars capables de sonder le sol, ils chercheront des traces d’eau glacée sous la surface martienne. C’est une étape très importante dans la mesure où sans eau exploitable sur place, l’installation d’une base humaine devient tout de suite beaucoup plus complexe.

Nasa Helicoptere Ingenuity
L’hélicoptère martien « Ingenuity » de la NASA. – Source : NASA/JPL-Caltech

Pour cette mission, la fenêtre de tir est impérativement fixée à décembre 2028, car c’est le moment où la Terre et Mars sont idéalement alignées. « La mécanique orbitale ne se négocie pas », prévient Steve Sinacore, responsable du programme, soulignant que si ce créneau est manqué, il faudra attendre 2031 pour avoir une nouvelle chance. Le déploiement des hélicoptères s’annonce également périlleux, car la capsule plongera dans l’atmosphère martienne à plus de Mach 5 (cinq fois la vitesse du son) avant de déployer un parachute supersonique et de relâcher les drones en plein vol.

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Ce serait tout simplement une première historique. Si la NASA réussit son pari, elle reprendrait la main sur l’exploration de la surface martienne après l’abandon coûteux du retour d’échantillons, tout en prouvant qu’elle sait enfin faire fonctionner un réacteur nucléaire dans l’espace lointain.

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Source :

Ars Technica



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