Le 27 mars 2026, Max Hejtmánek, traducteur et éditeur de la langue anglaise pour Warhorse Studios, a été convoqué à une réunion sans préavis. On lui a alors annoncé que son poste devenait « obsolète ». La raison est simple et directe : la direction a décidé de pivoter vers une solution automatisée pour ses futurs projets, y compris les DLC du jeu à succès. Hejtmánek, qui travaillait sur les dialogues, les quêtes et le matériel marketing, a partagé son expérience sur Reddit, un témoignage rapidement vérifié et qui a mis le feu aux poudres au sein de la communauté des joueurs.
Quelles sont les circonstances exactes de ce licenciement ?
L’annonce a été faite de manière expéditive, Max Hejtmánek a expliqué avoir été pris par surprise, même si le sujet de l’ intelligence artificielle avait déjà été évoqué en interne. Il s’y était toujours fermement opposé, mais n’avait jamais imaginé que cela pourrait lui coûter son emploi. Il se sent « incroyablement trahi » par une direction pour laquelle il a travaillé pendant près de quatre ans.
Le développeur a précisé qu’il ne cherchait ni à récupérer son poste ni à lancer une procédure judiciaire, mais qu’il ne comptait pas garder le silence. Son objectif est d’alerter sur l’impact croissant de ces technologies sur les métiers de la création dans le jeu vidéo. Une prise de parole courageuse qui expose les conséquences humaines directes des décisions stratégiques orientées vers une automatisation à tout prix.
Cette décision de Warhorse Studios est-elle si surprenante ?
En y regardant de plus près, des indices existaient déjà. Daniel Vávra, co-fondateur de Warhorse Studios, n’a jamais caché son enthousiasme pour l’IA. Il a récemment défendu publiquement des technologies controversées comme le DLSS de Nvidia (un système d’amélioration d’image piloté par IA), qualifiant les critiques de « haters » qui n’arrêteraient pas le progrès. Il avait même évoqué l’idée de jeux « traduits et doublés dans toutes les langues instantanément » grâce à l’IA.
Ce licenciement apparaît donc comme la suite logique de cette vision. La direction semble convaincue que la technologie est assez mature pour remplacer une expertise humaine sur un titre aussi dense que Kingdom Come: Deliverance 2, un jeu pourtant salué pour la qualité de son écriture et de sa narration. Un pari technique qui ignore volontairement la dimension artistique du travail de localisation.
Quel impact pour la qualité future des jeux du studio ?
Le remplacement d’un traducteur humain par un algorithme soulève des doutes légitimes sur la qualité finale de la traduction. Un RPG historique comme KCD2 est truffé de subtilités culturelles, de dialectes, de jeux de mots et de nuances qu’une IA, aussi performante soit-elle, peine encore à saisir avec finesse. La localisation n’est pas une simple conversion de mots ; c’est une adaptation culturelle.
Le risque est de se retrouver avec des textes plats, littéraux, voire remplis de contresens qui briseraient l’immersion, l’un des points forts du jeu. La communauté a d’ailleurs réagi vivement, beaucoup craignant que cette décision ne « prépare le prochain jeu à l’échec ». Warhorse Studios joue gros en sacrifiant un savoir-faire humain sur l’autel des économies. L’avenir nous dira si ce calcul était le bon.
Foire Aux Questions (FAQ)
Qui est Max Hejtmánek ?
Max Hejtmánek était le traducteur et éditeur en charge de la localisation du tchèque vers l’anglais pour le jeu Kingdom Come: Deliverance 2 et ses contenus additionnels. Il a travaillé pour Warhorse Studios de juillet 2022 à mars 2026.
Warhorse Studios a-t-il officiellement confirmé l’information ?
À ce jour, Warhorse Studios n’a pas commenté publiquement les déclarations de Max Hejtmánek. Cependant, l’identité du traducteur a été vérifiée par les modérateurs du subreddit du jeu et son profil LinkedIn a été mis à jour pour refléter la fin de son contrat.
Est-ce le premier cas de ce genre dans le jeu vidéo ?
Si l’utilisation de l’IA est de plus en plus courante pour des tâches de production, le remplacement direct et annoncé d’un poste créatif comme celui de traducteur principal est l’un des premiers cas aussi médiatisés. Il marque une étape symbolique et inquiétante pour de nombreux professionnels du secteur.

