J’ai pu passer une heure avec le Galaxy XR, le casque de réalité mixte de Samsung tournant sous Android XR. Voici mes premières impressions sur ce produit pas comme les autres, qui devrait finir par arriver en France, même si les équipes de Samsung n’ont pas été en mesure de nous le confirmer pour le moment.
Avant de plonger dans mes impressions, j’insiste sur un point concernant mes attentes sur ce produit. Je suis de près les évolutions d’Android depuis 2021 et son développement devient de plus en plus itératif, pour ne pas dire ronronnant.
En lançant Android XR, Google tente de conquérir un nouvel écosystème en s’appuyant sur son savoir-faire acquis après des années de mises à jour d’Android sur smartphones. J’espérais donc non seulement voir et sentir cette expérience dans le produit, mais aussi voir de nouveaux usages apparaître par rapport à l’expérience déjà bien établie sur smartphone. Voyons ça ensemble.
Un smartphone sur les yeux
Au quotidien, je teste de nombreux produits sous Android et en particulier des smartphones. La première chose qui m’a frappée est donc à quel point l’expérience offerte par Android XR sur ce casque se rapproche de mes habitudes au quotidien.
C’est déjà une réussite de ce point de vue là. Je n’étais en aucun cas dépaysé. Le casque vous propose tout ce à quoi vous êtes habitués sous forme de fenêtres flottantes similaires à ce qu’on pourrait trouver sur tablette ou PC. J’ai été immédiatement frappé de la grande facilité avec laquelle j’ai pu manipuler l’interface. Il m’a fallu moins de cinq minutes pour trouver mes repères et commencer à naviguer en me sentant à peu près à l’aise.
Concrètement, la navigation passe entièrement par l’action de votre main. On invoque le menu en pinçant son pouce et son index vers le haut (avec une petite icône apparaissant pour confirmer que l’action a bien été comptabilisée), on peut attraper chaque fenêtre en approchant sa main de son côté et on peut même en changer la taille en attrapant un coin. Pour naviguer au sein des applications, il suffit de cliquer avec son doigt, même à distance, et le casque comprend ce que vous souhaitez faire.
Un écosystème que l’on connaît déjà bien
Deuxième point de familiarité, on y trouve ses petits. J’entends par là qu’ici, tout passe par votre compte Google, il y a un menu des paramètres Android classique ressemblant à ce qu’on peut trouver sur n’importe quel smartphone Android, et il y a même le Play Store (je n’ai pas aperçu le Galaxy Store, cependant).

Le magasin d’applications officiel de Google ressemble lui aussi à ce à quoi vous êtes habitués, à un changement près. Certaines applications possèdent désormais un petit badge supplémentaire qui vous informe qu’elles possèdent une version dédiée à l’environnement XR. Concrètement, cela signifie soit qu’elles répondent aux contrôles tactiles du casque, soit qu’elles embarquent une expérience immergée en 180 ou 360°.
Pour les applis plus classiques, vous pouvez les lancer en mode verticale ou horizontale et elles apparaissent un peu comme elles le feraient sur un smartphone ou une tablette. Tout cela est donc déjà bien robuste.
Qu’est-ce qui change par rapport à l’expérience Android habituelle ?
Mais alors, pourquoi payer 1 799,99 dollars pour un casque s’il est si semblable à ce que l’on connaît déjà sur smartphone ? Entrons donc dans les nouveautés apportées par cette nouvelle plateforme, repérées lors de ma prise en main.
Une définition folle
Le point sans doute le plus excitant technologiquement, est celui qu’on pourrait manquer, puisqu’il est littéralement devant nos yeux, c’est l’écran. N’ayez crainte, on ne s’éloigne pas ici de l’angle de ce papier, centré principalement sur l’expérience du produit. Car ce dont je veux parler, c’est la façon dont l’écran rend déjà très bien.
Sur le plan matériel, nous avons là deux écrans 4K Micro-OLED. Dès que j’ai pu lancer un contenu sur Netflix, je me suis donc employé à le mettre le plus grand possible dans l’espace. Et grand dieu, à l’instar de ce qu’ont pu raconter celles et ceux qui ont utilisé l’Apple Vision Pro sur le long terme, nul doute que l’usage principal du casque est là : une salle de cinéma à la maison.

Sans exagérer, il est très enthousiasmant de voir à quel point l’application Netflix est déjà très bien intégrée. J’ai pu mettre l’image en très très grand devant moi, m’approcher physiquement d’elle et regarder le grain de l’image et, surprise, je ne distinguais pas du tout les pixels, le tout sur un flux full HD. On retrouve également la vibrance des couleurs et le contraste impeccable de l’OLED.
Un des éléments les plus saisissants lorsqu’on est habitués à de l’OLED à la maison, est le fait que la fenêtre diffusant la vidéo est complètement immaculée : aucun reflet à l’horizon, alors même que la prise en main se passait dans un environnement très lumineux.
Nuançons tout de même mon propos ici. Sur YouTube, j’ai trouvé la qualité du flux vidéo beaucoup moins bonne. J’avais beau jouer sur les réglages pour pousser la définition le plus loin possible, l’image m’a paru le plus souvent un peu plus floue que sur les autres applications, Netflix et Prime Vidéo notamment.
Les fenêtres flottantes et le passtrough déjà très efficaces
Un point que nous n’avons pas du tout évoqué pour le moment est l’environnement qui entoure l’utilisateur. Il y a donc deux options. De base, le casque est en passtrough, sous-entendu, il utilise ses caméras pour répliquer votre environnement. Mais il est aussi possible d’activer un environnement 3D sur lequel nous reviendrons un peu plus bas, pour nous immerger complètement dans les usages du casque.
Concernant le Passtrough, nous avons fait la démonstration dans une pièce éclairée par la lumière de jour provenant de nombreuses fenêtres. Pourtant, l’image était globalement pleine de bruit, ce qui peut sans doute décourager un usage en continu du casque sur une journée (pour peu que vous vouliez cela, bien sûr).
L’autre point à évoquer concerne la facilité avec laquelle on aménage son espace avec les fenêtres flottantes. J’ai, par exemple, installé Netflix côté fenêtre, maps au niveau de la table et j’ai pu placer une fenêtre Chrome à l’autre bout de la pièce. Tout cela est classique pour des utilisateurs d’un Meta Quest 3, par exemple, mais on constate que la fonction est déjà maitrisée par le Galaxy XR.

Si vous vous perdez un peu dans les fenêtres, celles-ci peuvent être replacées automatiquement à l’aide d’un simple bouton disponible en restant appuyé sur les trois points en haut d’une fenêtre.
Dernier point sur le passtrough : est-il possible de travailler avec le casque ? Par défaut, on répondra plutôt non. Si le casque propose un clavier flottant, celui-ci n’est vraiment pas simple à utiliser.
En revanche, quelques solutions sont déjà sur la table. Samsung nous a indiqué qu’il était, par exemple, possible de répliquer la fenêtre d’un PC Windows sur le casque et donc d’utiliser son clavier pour interagir. Il est aussi possible de connecter un clavier en Bluetooth et, dès lors, vous pouvez vous en servir pour taper. Donc pourquoi pas, mais pas sans accessoires.
Des usages rigolos, mais encore limités
Passons à l’usage VR, pour réalité virtuelle. En appuyant deux fois sur la partie droite du casque, on bascule automatiquement du mode immergé au mode passtrough et inversement. Lorsque le casque montre l’environnement, une petite diode change de couleur à l’avant. On aurait aimé un indicateur un peu plus visible pour plus de transparence.
J’ai pu tester quelques usages typiquement VR. Le plus fou est sans aucun doute la ballade en environnement 3D prévue par Google Maps. En cliquant sur un bouton, vous vous retrouvez à diriger une vue à la première personne à l’aide de votre tête, un peu comme dans un jeu vidéo. Sauf que le niveau est ici particulier : il s’agit du monde vu par les données de Google Maps. Dans certains lieux comme Paris, les monuments sont rendus en 3D pour gagner en immersion.
J’ai trouvé cette démonstration très enthousiasmante pour le futur du médium, puisque, là encore, la navigation était déjà très simple et facile d’accès. Un simple pincement permet de se déplacer et deux pincements permettent de zoomer ou de tourner l’orientation de la carte, un peu comme deux doigts le permettent sur smartphone. Là encore, on retrouve des codes auxquels nous sommes habitués.

J’ai aussi pu lancer quelques vidéos en 3D ou en 180° sur YouTube. L’expérience est pour le moins renversante, mais cela est plus classique pour un casque de réalité virtuelle. Le seul point intéressant à relever est qu’il est tout aussi intuitif de naviguer dans la vidéo (retour arrière, pause, etc.) que cela pourrait l’être sur une tablette. Là encore, on sent le travail et l’expérience des équipes de Google.
Rapide tour du propriétaire
Avant de vous laisser, effectuons un rapide tour de la partie hardware du casque. Première question qui me taraudait avant de le mettre ? Pourrais-je l’utiliser avec mes lunettes ?
La réponse est un grand oui. Grâce à l’espace laissé devant les lentilles, couplé à un petit coussinet placé au niveau du front, je n’ai aucunement été gêné durant l’heure de prise en main.
J’en profite pour dire que le casque m’a paru plutôt confortable et pas trop lourd. Samsung a fait le choix d’une batterie externe s’accrochant à l’aide d’un système coulissant assez rassurant par sa robustesse. Le casque intègre également un cache pour éviter d’abimer le verre avant, deux petites ailettes à place en bas pour gagner en immersion, ainsi qu’une roulette à l’arrière pour ajuster le niveau de serrage. J’ai trouvé l’ensemble confortable et je n’ai franchement rien à redire niveau confort sur une courte session comme celle-ci.
Pourquoi le Galaxy XR est le casque dont je rêvais ?
Dès la sortie de l’Apple Vision Pro, je me suis pris comme de nombreux passionnés de téléphonie à rêver d’un équivalent sous Android. Celui-ci aurait eu pour mission de traduire l’expérience que nous connaissons bien tout en la sublimant en l’intégrant à un environnement AR. Bref, pas une mince affaire et une mission plutôt compliquée sur le papier, surtout lorsqu’on passe après Apple et son art de l’interface.
Et bien, laissez-moi vous dire que je suis plutôt conquis. Techniquement, le casque n’a pas du tout l’air d’un prototype, mais bien d’un produit fini. Les applications sont là, elles fonctionnent comme espéré et mettent en valeur les capacités du casque, à commencer par ses superbes écrans. Tout est déjà là, en somme, en tout cas, bien assez pour une première version. Il ne manque plus qu’une sortie en France. Si vous me lisez chez Samsung France…
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