Un nouveau projet de loi bipartisan américain prévoit d’interdire formellement au gouvernement fédéral l’achat et l’utilisation de robots terrestres chinois. Cette offensive législative vise à contrer les risques d’espionnage tout en protégeant l’industrie robotique nationale face à une concurrence de plus en plus agressive.
L’initiative réunit des figures majeures des deux camps. Le sénateur républicain Tom Cotton, le chef de la majorité démocrate Chuck Schumer et la représentante Elise Stefanik portent l’American Security Robotics Act, un texte qui vise à empêcher le gouvernement fédéral d’acheter ou d’utiliser des robots humanoïdes et des véhicules terrestres sans pilote fabriqués par des entités étrangères jugées adverses, notamment chinoises. Les parlementaires invoquent des risques de collecte de données, de surveillance et de contrôle à distance, tandis que des travaux de recherche ont récemment mis en avant des vulnérabilités dans certains systèmes Unitree.
La peur de l’espionnage technologique et des vulnérabilités signalées
La menace perçue par Washington repose sur la nature même de ces appareils. Dotés de caméras, de capteurs environnementaux avancés et de capacités de déplacement autonome, ces robots collectent massivement des données. Les parlementaires craignent que ces informations sensibles ne soient transmises directement aux serveurs du Parti communiste chinois ou que les machines puissent être contrôlées à distance pour des opérations de sabotage dans des infrastructures critiques.
Selon les États-Unis, ces craintes s’appuient sur des éléments techniques récents. Un rapport du groupe de réflexion Foundation for Defense of Democracies a en effet mis en lumière des vulnérabilités signalées par des chercheurs indépendants au sein de certains systèmes de la marque Unitree. Le document souligne le risque potentiel que ces failles de sécurité puissent un jour être exploitées par Pékin à des fins de surveillance ou de perturbation. Le chef de la majorité démocrate Chuck Schumer justifie cette mesure radicale avec une grande fermeté :
« Ils appliquent leur stratégie habituelle, cette fois dans la robotique, en essayant d’inonder le marché américain avec leur technologie, ce qui présente de réels risques pour la sécurité et menace la vie privée des Américains ainsi que la recherche et l’industrie de notre pays. »
Protéger l’écosystème américain sous haute surveillance
L’inquiétude est d’autant plus forte que des constructeurs chinois comme Unitree et Agibot s’apprêtent à entrer en bourse et inondent le marché mondial avec des modèles ultra-compétitifs. Ces entreprises viennent directement chasser sur les terres des géants américains de la tech qui tentent de s’imposer sur ce nouveau marché florissant. Washington souhaite logiquement protéger ses propres champions nationaux, à l’image du robot Optimus développé par Tesla, des fameux modèles Atlas de Boston Dynamics ou encore l’étonnant Phantom MK-1 de l’entreprise Foundation.
Le législateur a tout de même prévu des aménagements pour les agences gouvernementales de premier plan. Le département de la Défense, le département de la Sécurité intérieure ou encore le département de la Justice pourront conserver ou acquérir ces équipements sous des conditions drastiques. L’utilisation sera strictement cantonnée à des fins de recherche, d’entraînement à la cyberguerre ou d’investigations médico-légales. Les appareils devront obligatoirement être modifiés pour garantir leur isolation informatique totale et empêcher tout transfert de données vers l’étranger.
Cette offensive protectionniste s’inscrit dans la droite ligne des récents blocages visant les applications et les équipements de télécommunication étrangers. En coupant les vivres fédéraux à ces entreprises chinoises, Washington espère freiner leur expansion internationale tout en stimulant son propre écosystème technologique pour conserver son leadership dans le domaine hautement stratégique de la robotique avancée.
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Source :
Reuters