On connait leur voix mais pas leur visage : les voix françaises de Julia Roberts, Richard Gere ont obtenu le retrait de leurs voix clonées par IA sans autorisation, qui étaient proposées sur deux plateformes américaines.
Deux plateformes d’intelligence artificielle (IA) américaines, Fish Audio et VoiceDub, ont été contraintes de retirer 47 modèles d’IA qui reproduisaient les voix de vingt-cinq comédiens de doublage français sans autorisation ni rémunération, rapporte leur avocat Jonathan Elkaim à l’AFP, le 2 avril dernier. Début mars, les voix françaises de Julia Roberts, d’Angelina Jolie et d’Harrison Ford avaient adressé des mises en demeure en ce sens. Initialement au nombre de huit, elles avaient été rejointes par dix-sept autres.
Sur ces plateformes, il est possible, moyennant paiement, de générer des clones de voix provenant de vrais comédiens de doublage. On pouvait aussi trouver sur ces dernières les voix de Kylian Mbappé et d’Emmanuel Macron, rapportait Ici (France Bleu), un mois plus tôt. Problème : ces comédiens et personnalités françaises n’avaient ni donné leur accord, ni reçu la moindre rémunération. Ces derniers réclamaient une indemnité de 20 000 euros (par doubleur). Si ces dommages et intérêts n’ont pas été versés, les deux entreprises ont toutefois choisi de retirer les voix litigieuses, explique leur avocat, interrogé par nos confrères.
« Toutes les dérives sont possibles avec ces systèmes de deepfakes et de clonages »
Pour Patrick Kuban, comédien et référent IA au sein de l’association Les Voix qui s’exprimait au micro de Radio France, il existe une « industrie naissante aux États-Unis (qui) veut prendre notre place, (récoltant) nos voix sur Internet pour entraîner ses systèmes, sans notre consentement ». « Toutes les dérives sont possibles avec ces systèmes de deepfakes et de clonages. Ils doivent être aujourd’hui contrôlés, avec une régulation et des condamnations beaucoup plus fortes », ajoute-t-il chez nos confrères.
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En juin 2023 déjà dans nos colonnes, celui qui prête sa voix à des publicités, des documentaires, des livres audio et des films alertait les pouvoirs publics sur le pillage par l’IA des voix off. Un appel rejoint en février 2026 par 4 000 comédiens, qui demandent de toute urgence la création « d’un cadre juridique pour que l’IA puisse coexister avec le travail des artistes et le respect des droits d’auteur et droits voisins ».
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Une proposition de loi sénatoriale, qui veut « restaurer l’effectivité des droits » des créateurs et « mettre fin à l’impunité des entreprises d’IA », sera examinée en séance publique le mercredi 8 avril.
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