L’armée française vient d’acquérir une première capacité opérationnelle face à la prolifération des attaques aériennes. Le ministère des Armées a confirmé le succès des premiers tirs d’un missile antichar pour abattre des drones ennemis en plein vol. Cette interception a été réalisée avec succès depuis un aéronef télépiloté MQ-9 Reaper.
L’expérimentation s’est déroulée au début du mois d’avril 2026 au-dessus du champ de tir de l’île du Levant dans le département du Var. L’aéronef à longue endurance construit par General Atomics a réussi à verrouiller et détruire des cibles aériennes. Il était dirigé par un équipage composé de quatre aviateurs restés au sol, incluant un pilote, un opérateur-capteur, un officier de renseignement et un exploitant image chargé de l’analyse tactique en temps réel. Pour y parvenir, les militaires ont utilisé un missile Hellfire fabriqué par Lockheed Martin, un missile antichar héliporté à l’origine, progressivement adapté à une palette de cibles plus large, mais jusqu’alors jamais employé par la France contre des drones en vol. Cette adaptation a été menée conjointement par la Direction générale de l’armement et le Centre d’expertise aérienne militaire.
Un rééquilibrage financier indispensable
L’enjeu de cette évolution est avant tout économique et stratégique. Face aux essaims de petits aéronefs kamikazes de type Shahed massivement utilisés sur les théâtres d’opérations en Ukraine ou au Moyen-Orient, l’armée devait impérativement trouver une parade financièrement viable. Jusqu’à présent, la France mobilisait souvent ses avions de chasse Rafale équipés de munitions Mica pour défendre ses alliés émiratis, avec plus de soixante-dix tirs recensés ces dernières semaines. Or, un tel missile intercepteur coûte plus de six cent mille euros l’unité. Le modèle Hellfire coûte quant à lui environ cent mille dollars, ce qui rééquilibre considérablement le rapport de force financier face à des cibles valant souvent moins de cinquante mille dollars.
Le ministère a salué cette adaptation capacitaire dans son communiqué :
« L’esprit d’innovation de l’AAE [Armée de l’Air et de l’Espace] a permis, seulement trois mois après la mise en service du Hellfire sur Reaper, d’étendre l’emploi de cette munition prévue initialement pour des cibles au sol. »
La diversification de la lutte anti-drone
La France dispose actuellement de douze de ces drones MALE (moyenne altitude, longue endurance) de surveillance et de frappe pour consolider son système de défense à plusieurs niveaux. En parallèle de cette nouvelle capacité d’interception plus abordable, les forces armées cherchent à diversifier leurs moyens de lutte. Les ingénieurs tentent notamment de modifier les canons de trente millimètres équipant les chasseurs Rafale. Actuellement calibrés pour le combat entre avions de chasse à très haute vitesse, ces équipements devront bientôt être capables d’abattre ces cibles volantes très lentes. Cette stratégie globale s’appuie également sur les hélicoptères de combat Tigre ou Fennec et les systèmes de défense sol-air pour garantir une réponse graduée face à la diversité des menaces contemporaines.
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Source :
Le Parisien

