Le Gouvernement franchit une étape importante dans sa quête pour une indépendance numérique. L’administration française ne doit plus dépendre d’outils dont elle ne maîtrise ni les tarifs, ni les règles, ni la sécurité.
Le Gouvernement vient de siffler la fin de la récréation pour les géants de la Tech extraeuropéens. Lors d’un séminaire interministériel qui s’est déroulé ce mercredi 8 avril, et qui a réuni la DINUM (Direction interministérielle du numérique), la DGE (Direction Générale des Entreprises), l’ANSSI (Agence Nationale de la sécurité des systèmes d’information) et la DAE (Direction des achats de l’État), décision a été prise d’accélérer une transition nécessaire vers des outils numériques souverains. L’État veut réduire les dépendances numériques extraeuropéennes. L’objectif est clair : la France doit se « désensibiliser des outils américains et reprendre le contrôle de notre destin numérique. »
Au revoir Windows : la DINUM veut migrer sous Linux
La première décision qui a été prise lors de ce séminaire, sans doute la plus importante, c’est la migration des postes de travail fonctionnant actuellement sous Windows, vers Linux.
« L’État ne peut plus se contenter de constater sa dépendance, il doit en sortir. Nous devons nous désensibiliser des outils américains et reprendre le contrôle de notre destin numérique. Nous ne pouvons plus accepter que nos données, nos infrastructures et nos décisions stratégiques dépendent de solutions dont nous ne maîtrisons ni les règles, ni les tarifs, ni les évolutions, ni les risques. » a déclaré David Amiel le ministre de l’Action des comptes publics.
Reste désormais à savoir quelle distribution aura les faveurs du Gouvernement. Car opter pour un système d’exploitation « open source » ne suffit pas pour affirmer notre souveraineté numérique. Bon nombre de distributions Linux sont développées par des entités extraeuropéennes. La Fondation Linux elle-même, qui a pour mission de standardiser Linux est basée à San Francisco, aux États-Unis. À moins que l’État français ne décide de développer (et de maintenir) sa propre distribution Linux.
Cette transition vers Linux voulue par le Gouvernement n’est pas un cas isolé. Il y a quelques jours, la Caisse nationale d’Assurance Maladie a annoncé « la migration de ses 80 000 agents vers des outils du socle numérique interministériel ». Les agents de la CNAM devront en effet utiliser à présent la messagerie Tchap, le service de visioconférence Visio et la plate-forme de transfert de fichiers France Transfert.
Une transition complexe qui risque de prendre beaucoup de temps
Évidemment, organiser une telle migration vers des outils souverains ne se fera pas du jour au lendemain. La DINUM a ainsi été chargée de coordonner un plan ministériel visant à réduire les dépendances extraeuropéennes. Tous les ministères devront, d’ici à cet automne, proposer une feuille de route portant sur sept axes critiques pour pouvoir réaliser cette migration : poste de travail, outils collaboratifs, antivirus, intelligence artificielle, bases de données, virtualisation, et équipements réseau.
Si la DINUM aura la délicate mission de coordonner et d’arbitrer cette migration, la Direction des Achats de l’État sera chargée de réaliser une cartographie et un diagnostic des dépendances, tandis que la Direction Générale des Entreprises devra définir ce que doit être un service numérique européen. Pour Anne Le Hénanff, « La souveraineté numérique n’est pas une option, c’est une nécessité stratégique. »
Reste désormais à voir si les acteurs du numérique français et européens seront capables de répondre à ces demandes.
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Source :
DINUM