le robot basketteur qui apprend à dribbler et shooter… tout seul

le robot basketteur qui apprend à dribbler et shooter… tout seul



Annoncé le 12 avril 2026 à Tokyo, CUE7 est bien plus qu’un robot capable de marquer des paniers. Derrière la démonstration sportive se cache une rupture technologique majeure dans les travaux de Toyota sur l’intelligence artificielle et la robotique humanoïde.

Le 12 avril 2026, à la mi-temps d’un match de B.League à Toyota Arena Tokyo, quelque chose d’inhabituel s’est produit sur le parquet. Un robot imposant a lentement pris position au centre du terrain, sous les yeux d’un public japonais qui retenait son souffle. C’était CUE7. La septième génération du robot basketteur de Toyota venait faire sa première apparition devant le grand public.

CUE7 s’est avancé vers le panier, a effectué trois dribbles, puis a réussi son lancer franc. Il s’est ensuite déplacé à l’autre bout du terrain pour tenter un tir à trois points. Le ballon a effleuré le cercle sans rentrer, mais la foule a répondu par des acclamations. Ce n’est pas le résultat qui comptait, c’était le geste.

Une architecture repensée de fond en comble

Sur le plan physique, la transformation par rapport à CUE6 est radicale. CUE7 passe de 120 kg à 74 kg, adopte une structure à deux roues inversées (une par pied) au lieu de quatre, et mesure 2,19 mètres. Ce gain de légèreté améliore la stabilité et la fluidité des mouvements, tout en rendant le robot moins sensible aux déséquilibres lors des déplacements rapides. Ses mains ont également été conçues spécifiquement pour tenir un ballon, et des capteurs lidar sont intégrés dans le torse pour évaluer la distance et l’angle du panier en temps réel.

L’apprentissage par renforcement au cœur du projet

Par rapport à la génération précédente, le vrai saut qualitatif se joue dans le contrôle. Là où CUE6 reposait sur des programmes prédéfinis avec un ajustement partiel par IA pour le tir, CUE7 utilise un système hybride mêlant apprentissage par renforcement et contrôle prédictif de modèle. Concrètement, le robot s’entraîne dans un simulateur en répétant des milliers de fois les mêmes gestes, dans des conditions variées, jusqu’à trouver la stratégie optimale. Cette dernière est transférée sur la machine réelle, selon la méthode dite Sim2Real.

Toyota avait d’ailleurs anticipé cette évolution. Fin mars 2026, le constructeur publiait sur sa page Frontier Research un entretien avec deux chercheurs de son centre de développement, qui détaillaient précisément leurs travaux sur la marche et le dribble pour les humanoïdes, en citant CUE comme l’application directe visée. Le passage de la démonstration en laboratoire à la scène publique d’avril n’est donc pas une surprise interne : c’était la prochaine étape d’une feuille de route déjà engagée.

Un banc d’essai à vocation plus large

Toyota le dit sans détour : la série CUE n’est pas un gadget marketing. Née en 2017 comme initiative bénévole d’employés du groupe, la série CUE a rapidement démontré ses capacités sur la scène internationale : en 2019, CUE3 établissait un premier record Guinness avec 2 020 lancers francs consécutifs sans échec, avant que CUE6 ne batte en septembre 2024 le record du tir le plus long jamais réussi par un robot humanoïde, depuis 24,55 mètres à Nagakute. CUE7 s’inscrit dans cette continuité, mais avec une ambition plus large.

Tomohiro Nomi, responsable du groupe de recherche en robotique humanoïde au Frontier Research Center de Toyota, assumait cette ambition lors de sa présentation : « Il y a l’idée répandue que le Japon perd face à la Chine en matière d’IA physique, mais nous avons créé quelque chose qui n’a pas à rougir face au reste du monde ».

Avec CUE7, Toyota ne joue pas seulement au basket. Il joue aussi sa crédibilité sur l’avenir de la robotique humanoïde.

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Source :

The Mainichi





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