Elon Musk l’a reconnu lors du bilan trimestriel : les Tesla équipées du Hardware 3 n’atteindront jamais la conduite autonome complète. Des millions de clients ont payé pour une promesse désormais caduque.
Certains aveux se font en grande pompe. Mercredi 22 avril, lors de la présentation des résultats du premier trimestre 2026, Elon Musk a confirmé ce que beaucoup redoutaient depuis des mois. Les Tesla fabriquées avant 2023, équipées du Hardware 3, ne pourront jamais accéder au mode de conduite autonome sans supervision. L’annonce enterre six années de promesses commerciales.
Un huitième de la bande passante : l’aveu technique
Le Hardware 3 équipe les Tesla produites entre avril 2019 et début 2023. Pendant cette période, le constructeur a vendu des licences Full Self-Driving (FSD) entre 8 000 et 15 000 dollars. La promesse : le matériel embarqué suffirait à terme pour atteindre l’autonomie complète. Environ 4 millions de véhicules sont concernés, dont 285 000 auraient effectivement acheté la licence FSD selon l’investisseur Ross Gerber.
L’explication technique tient en une phrase. « Le Hardware 3 ne dispose que d’un huitième de la bande passante mémoire du Hardware 4 », a déclaré Musk lors de l’appel. C’est, selon lui, « l’un des éléments clés » pour faire tourner les modèles d’intelligence artificielle nécessaires à la conduite sans supervision.
Depuis janvier 2025, les véhicules HW3 sont restés bloqués sur la version 12.6 du logiciel FSD. Pendant ce temps, les modèles équipés du Hardware 4 (rebaptisé AI4) ont progressé vers les versions 13, puis 14. Deux générations de Tesla, deux réalités logicielles, un même prix d’achat.
Micro-usines et reprise à prix réduit : un plan B coûteux
Tesla ne laisse pas ses clients HW3 sans rien, du moins sur le papier. Musk a annoncé deux pistes. La première : une reprise à prix réduit pour passer à un véhicule équipé du Hardware AI4. La seconde : un rétrofit complet du calculateur et des caméras. Les capteurs du HW3 ne sont pas compatibles avec le nouveau système. Pour gérer le volume, Musk évoque la création de « micro-usines » dans les grandes métropoles. Le projet reste au stade de l’annonce.
Côté logiciel, Ashok Elluswamy, responsable de l’Autopilot, a confirmé qu’une « V14-lite » arrivera sur les véhicules HW3 fin juin 2026. Cette version allégée apportera les fonctionnalités du V14, dans les limites de la puissance disponible. Pour les propriétaires bloqués sur la version 12.6 depuis janvier 2025, c’est un progrès réel.
Le calendrier européen rend la situation plus explosive encore. Le 10 avril, l’autorité néerlandaise RDW a homologué le FSD supervisé, une première en Europe. Seuls les véhicules HW4 sont compatibles. Le FSD débarque donc en Europe au moment précis où les acheteurs européens apprennent qu’ils n’y auront jamais accès. Le préjudice n’est plus abstrait : le produit qu’ils ont payé jusqu’à 7 500 euros existe, fonctionne et est réservé aux voitures plus récentes.
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À la lumière des déclarations de Musk, l’arrivée récente du FSD en Europe prend une drôle de tournure. Aux Pays-Bas, un propriétaire de Model 3 nommé Mischa Sigtermans a lancé un site de réclamation collective. Résultat : 3 000 propriétaires HW3 de 29 pays inscrits, représentant 6,5 millions d’euros d’achats FSD. Quand Sigtermans a appelé Tesla pour proposer un dialogue, le service client lui a répondu de « patienter ». Son dossier a été fermé dans la foulée. En Australie, un recours collectif a été déposée dès octobre 2025.
Quant à la conduite autonome sans surveillance sur les véhicules compatibles, Musk la repousse au quatrième trimestre 2026 « au plus tôt ». Six ans après les premières promesses, la ligne d’arrivée recule. Et cette fois, les avocats suivent.
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Source :
Elon Musk/Tesla