un vélo électrique ultra confortable doté d’une batterie gigantesque

un vélo électrique ultra confortable doté d'une batterie gigantesque


Il y a des moments où le marché du VAE urbain haut de gamme ressemble à un club très fermé dont l’entrée se monnaye à coups de billets de cinq cents euros. Le Moustache Mardi 27.6 FS, que nous avons récemment testé, avec son cadre monobloc tout suspendu sorti des Vosges et son tarif de 5 600 euros, en est l’exemple le plus éclatant. Un vélo d’exception, certes, mais qui laisse sur le bord de la route une bonne partie des acheteurs pourtant convaincus par le concept. C’est précisément dans cette brèche que Trek a décidé de s’engouffrer avec son tout nouveau Charter+.

Le Trek Charter+. © JSZ — 01net.com

La marque de Waterloo (Wisconsin) — cinquante ans d’existence au compteur — a construit sa réputation sur des vélos techniquement solides, comme en témoignait dans un style plus léger le Verve+ 1 LT. Avec le Charter+, elle s’attaque à un segment plus exigeant, celui du VAE urbain premium, en proposant une gamme articulée autour de trois grandes familles : le Charter+ 4, le Charter+ 4 Trail pour les sorties plus aventureuses et le Charter+ 5, qui joue dans la cour des modèles les plus sophistiqués.

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La peinture du Trek Charter+ varie en fonction de l’angle lumineux. © JSZ — 01net.com

C’est la version Charter+ 4 Nexus 5 à entraînement par courroie, en cadre ouvert et équipée de la puissante batterie de 800 Wh, que nous avons eu l’occasion d’évaluer. Facturé 4 100 euros, il coûte 1 500 euros de moins que le Moustache haut de gamme. La question qui se pose naturellement : que perd-on dans l’affaire ?

Design et finition : sobre, intégré, sans esbroufe

Le Charter+ ne cherche pas à épater la galerie avec des formes alambiquées. Son cadre en aluminium disponible en cadre ouvert ou fermé affiche une ligne propre et contemporaine. Le coloris « Covellite Blue » de notre modèle d’essai, un bleu-violet profond et élégant, lui confère un caractère affirmé tout en restant discret ; parfait pour un vélo urbain. 

Ce qui frappe d’emblée, c’est le soin apporté à l’intégration. Le passage des câbles est entièrement dissimulé dans le cadre, le cockpit semble débarrassé de tout fil parasite et la batterie, logée dans le tube diagonal, est masquée derrière un cache magnétique bien pensé qui s’ouvre par le haut. Le porte-bagages arrière est intégré nativement au cadre, tout comme les garde-boue. Ces derniers, très allongés fournissent une protection généreuse qui maintient les chaussures à l’abri des projections.

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Le puissant phare et le passage de câbles du Trek Charter+. © JSZ — 01net.com

La potence est entièrement réglable en hauteur, permettant d’ajuster finement la position de conduite selon les préférences. Le cintre de 630 mm de large invite à une posture détendue, légèrement relevée, idéale pour le quotidien en ville ou le vélotaf. La tige de selle suspendue absorbe discrètement les petites irrégularités du sol et contribue au confort général.

Équipement : le niveau attendu à ce prix, sans rognage sur l’essentiel

Trek a fait le choix d’un équipement complet de série, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas sur ce segment. Le porte-bagages arrière MIK HD avec ses attaches latérales QL3.1 et tendeurs intégrés est inclus d’emblée, sans supplément. C’est là une différence notable avec certains concurrents qui réservent cet accessoire pourtant indispensable au rang d’option payante (200 euros de plus pour le modèle Moustache). Les feux avant et arrière sont bien intégrés. La puissance du phare permet d’ailleurs aussi bien d’être vu que de bien voir la route dans les environnements périurbains.

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Le porte-bagages ultra complet du Trek Charter+. © JSZ — 01net.com

Côté sécurité, un antivol de cadre permet de bloquer la roue arrière. Pratique, sa clé est la même que pour déverrouiller la batterie. Moins pratique, elle doit rester sur l’antivol lorsqu’il est ouvert. Impossible donc de l’ajouter à son trousseau à moins d’aimer le voir pendouiller pendant qu’on roule. Dommage.

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Dommage que l’antivol de cadre du Trek Charter+ nécessite d’y laisser la clé. © JSZ — 01net.com

La batterie Bosch PowerTube 800 Wh mérite une attention spéciale, non seulement pour sa capacité imposante, mais surtout pour son système d’extraction par le haut, doté d’une poignée intégrée bien pratique pour trimballer des presque 4 kg.

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L’astucieux cache-batterie magnétique du Trek Charter+. © JSZ — 01net.com

L’écran Bosch Purion 200 est sobre et lisible. Il n’offre pas les possibilités de personnalisation avancée d’un Kiox 500, mais remplit parfaitement son rôle d’affichage des données essentielles. Ceux qui souhaitent une expérience plus connectée et plus riche en fonctionnalités devront se tourner vers les versions supérieures de la gamme (Charter+ 5), qui proposent le système Enviolo automatique et un moteur plus puissant.

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L’écran Purion 200 du Trek Charter+. © JSZ — 01net.com

Sur notre version, le système reste toutefois pleinement compatible avec l’exhaustive et excellente application Bosch eBike Flow, qui permet d’accéder aux fonctions de verrouillage et de navigation avancée avec estimation de batterie à l’arrivée. On utilise alors son smartphone comme écran principal, au prix d’une fixation supplémentaire comme nous l’avons fait lors de notre essai avec un système SP Connect.

Comportement : confort, maniabilité et sécurité au menu

Le Charter+ repose sur une architecture semi-rigide, avec une fourche SR Suntour SF25-NVX32 offrant 63 mm de débattement. Comparé aux 100 mm de la fourche du Moustache Mardi 27.6 FS (sans même parler de son amortisseur arrière Magic Grip Control), cela peut sembler modeste. Mais c’est oublier que la plupart des VAE urbains se contentent d’une fourche rigide et que 63 mm de débattement constituent déjà un confort appréciable sur les revêtements dégradés du quotidien. Surtout, son comportement est exemplaire, évitant les rebonds désagréables. Les dos-d’âne passent sans violence, les petits pavés sont absorbés et les vibrations transmises au guidon restent très contenues. Le Charter+ n’est pas un tapis volant mais il se comporte comme l’un des VAE urbains les plus confortables du marché.

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L’excellente fourche du Trek Charter+. © JSZ — 01net.com

Les pneus Bontrager E6 Hard-Case Lite en 27,5 x 2,40 pouces contribuent activement à cette douceur de roulement. Larges et résistants aux crevaisons, ils offrent une excellente adhérence sur bitume sec ou humide et peuvent être gonflés à pression modérée pour profiter d’un surcroît de confort. On n’ira pas s’aventurer sur des chemins très accidentés avec eux — leur profil reste orienté route et chemins stabilisés — mais pour un usage 100 % urbain et périurbain, ils sont parfaitement taillés pour l’exercice.

Le freinage est assuré par des étriers hydrauliques Shimano MT200 avec des disques de 180 mm. Ils offrent un niveau de freinage très efficace, qui assure des décélérations franches, puissantes et bien modulables. La puissance est au rendez-vous pour arrêter rapidement le Charter+ en toutes circonstances, même en forte pente.

Il faut cependant accepter une réalité que le Charter+ partage avec la quasi-totalité de ses concurrents sur ce segment : il est lourd. 27,6 kg sur la balance en taille M Autant dire qu’une fois chargée et prête à rouler, la machine dépasse les 30 kg. Cela se remarque pourtant guère une fois en selle, grâce au comportement remarquable de son cadre et d’un moteur Bosch gérant l’essentiel de l’effort. Mais dès qu’il s’agit de le porter dans un escalier, de le soulever sur un support ou de le manœuvrer dans un espace contraint sans assistance électrique, le bât blesse. Une réalité à garder en tête avant l’achat, surtout si votre parking à vélo n’est pas de plain-pied.

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Malgré son cadre en aluminium, le Trek Charter+ est très lourd. © JSZ — 01net.com

Malgré ce gabarit imposant, le Charter+ se montre agile dans la circulation. Sa géométrie équilibrée et sa potence réglable permettent d’adopter une position de conduite active qui facilite les changements de trajectoire. Le cadre en aluminium offre une rigidité exemplaire pour ne pas se déformer dans les virages et transmettre fidèlement les intentions du pilote. Un vrai régal assez inattendu étant donné le poids de la machine. 

Moteur et transmission : la courroie Gates, alliée d’une discrétion exemplaire

Le cœur de la bête, c’est le moteur Bosch Performance Line, qui développe un couple de 75 Nm, un cran en dessous du Performance Line CX (100 Nm). Dans les faits, la différence se fait sentir principalement dans les montées raides et les démarrages très chargés où le CX montre une réactivité et un punch légèrement supérieurs. En usage urbain ordinaire, le Performance Line se révèle amplement suffisant, progressif et toujours aussi agréable à l’usage. Son mode Auto gère intelligemment l’assistance en fonction du profil de terrain et de l’effort fourni, permettant de se concentrer sur la route plutôt que sur la gestion des modes d’assistance.

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Le moteur Bosch du Trek Charter+. © JSZ — 01net.com

La transmission à courroie Gates CDX, associée au moyeu interne Shimano Nexus C7000 à 5 vitesses, forme un ensemble particulièrement séduisant pour qui cherche à minimiser l’entretien. La courroie ne se salit pas, ne rouille pas et s’avère bien plus silencieuse qu’une chaîne classique. Le moyeu Nexus, de son côté, offre l’avantage précieux de permettre les changements de vitesse à l’arrêt complet. Aux feux et aux stops, on repart donc toujours dans le bon rapport, sans avoir à anticiper ni à souffrir des claquements désagréables d’une chaîne malmenée. Cinq vitesses seulement, certes, mais cela s’avère tout à fait adapté pour la quasi-totalité des situations urbaines, surtout associé au mode Auto du moteur Bosch qui compense les lacunes de la boîte à vitesses par une gestion fine de l’assistance.

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La transmission par courroie du Trek Charter+. © JSZ — 01net.com

La poignée tournante de changement de vitesses est précise et intuitive. L’ensemble moteur-transmission forme un duo homogène qui donne à la conduite une fluidité appréciable dès les premiers tours de roue.

Autonomie : la grande batterie comme argument massue

C’est peut-être le point le plus spectaculaire de cette version : la batterie Bosch PowerTube 800 Wh place le Charter+ dans le haut du panier en matière de capacité énergétique. Trek annonce une autonomie théorique pouvant atteindre jusqu’à 200 kilomètres. En usage réel et varié, sur notre parcours habituel plutôt exigeant en matière de côtes, avec une assistance poussée au maximum en mode Turbo, nous avons atteint  les 80 km. On peut raisonnablement enchaîner plusieurs journées de vélotaf (15 à 20 km aller-retour) avant d’avoir à rebrancher le chargeur. En mode Auto, selon le profil du parcours et les conditions de vent, il est fort à parier qu’il est possible de dépasser les 100 km.

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La puissante batterie de 800 Wh du Trek Charter+. © JSZ — 01net.com

Il est en revanche extrêmement regrettable que la marque américaine ne fournisse qu’un chargeur de 2 A. Avec une telle capacité de batterie, la charge complète dépasse les 12 heures ! Alors certes, c’est un VAE qu’on ne rechargera pas tous les jours, mais l’économie est mesquine et peu adaptée à un tel accumulateur. Les plus impatients opteront donc pour l’achat d’un chargeur 4 A supplémentaire qui permet de réduire le temps de charge à un peu moins de 7 heures.

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