Rien de mieux qu’un dossard et la course qui va avec pour valider un choix d’équipement. Ce n’est qu’en conditions réelles, avec une once de pression et une bonne dose de dopamine, qu’on est complètement satisfaits de son choix de chaussures de chaussette, de gel, de casque audio et bien sûr de montre connectée.
Forcément, plus la distance s’allonge, plus la difficulté s’élève, plus le besoin de pouvoir se reposer sur son matériel, d’y trouver une certaine réassurance augmente en conséquence. Et pour la distance reine, les impitoyables 42,195 km du marathon, ce besoin de disposer d’un coach de qualité au poignet est tout simplement essentiel.
Dès lors, la question du prix s’impose : c’est quoi une bonne montre pour le marathon ? Pour le savoir, j’ai décidé de courir le marathon de Paris avec deux montres au poignet. Sur le poignet droit, une montre de milieu de gamme, la Forerunner 570 de Garmin, l’un des gros succès de vente récents de la marque. Sur l’autre bras, une montre deux fois plus chère (et davantage taillée pour le trail), la Fenix 8 du même Garmin, le leader incontesté du marché des montres connectées.
Pour que l’expérience ne se limite pas à quatre heures de balade dans les beaux quartiers de la capitale, j’ai aussi choisi de faire l’intégralité de ma courte « prépa » avec la plus accessible des deux montres et de laisser au placard la Fenix 8 qui m’accompagne habituellement sur tous mes trails.

Objectif : vérifier en pratique la différence entre une montre à moins de 500 euros et une autre à près de 1 000 euros, qui plus est frappées du même logo et fonctionnant au sein d’un même écosystème.
Préparation du marathon avec la Garmin Forerunner 570
S’il y a bien un point sur lequel le passage d’une Fenix 8 à une Forerunner 570 n’a pas changé d’un iota notre expérience, c’est sur la préparation de nos entrainements. Sur l’une comme sur l’autre, l’intégration des séances à la main est une telle tannée qu’on est presque heureux de devoir passer par l’application maison Garmin Connect, pourtant tout sauf accueillante.
D’ailleurs, pour les plus curieux, 01net.com vous propose un tutoriel complet pour créer un plan d’entrainement sur sa montre Garmin.

Toujours est-il que pour le marathon de Paris, on a choisi une solution alternative, ou plutôt un tandem : Nolio et la Running Academy.
La première est une plateforme bien connue des athlètes qui permet de regrouper au sein d’une même application l’intégralité des données de course recueillies par la montre, mais aussi de préparer les séances à venir, avec son coach par exemple. Une alternative à Strava en quelque sorte, mais dans une version un peu plus orientée préparation à l’entraînement.
Il nous restait à trouver un coach assez fou pour pondre une prépa sur quatre semaines. C’est là que Thomas Chalet de la Running Academy est intervenu pour optimiser chacune de mes séances d’entrainement jusqu’à la date de la course. Ce type de service est relativement courant sur Nolio. À titre de comparaison, un suivi tel qu’il nous a été proposé (avec quelques séances de visio, un entrainement personnalisé et un débriefing des entrainements) est facturé 59 euros par mois.

Principal avantage : l’accompagnement d’un coach expérimenté. Second avantage : ne plus avoir à passer des heures sur Garmin Connect pour intégrer ses séances. Nolio se synchronise automatiquement à l’application de sa montre, l’entrainement est envoyé en un rien de temps et il n’y a plus qu’à le lancer au moment souhaité.
Dans les faits, l’expérience est très réussie, la montre applique à la lettre les consignes du coach, les intervalles sont lancés automatiquement, il n’y a plus qu’à débrancher son cerveau et à courir.
Les indicateurs de la Garmin Forerunner 570
En utilisateur quotidien d’une montre Garmin, je n’ai évidemment pas pu m’empêcher de garder certains réflexes et notamment le suivi régulier de certaines données.
Ainsi, le score de préparation à l’entrainement, la charge d’entrainement ou encore la VFC et le rythme cardiaque au repos sont les données auxquelles je suis habituellement attentif sur ma Fenix 8 et qui me permettent de doser mes efforts ou de mieux cibler mes entrainements.

Dans la mesure où cet aspect de la préparation était pris en charge par ailleurs, ce suivi n’a été que secondaire, mais m’a tout de même permis d’être rassuré à l’approche du départ. Il en va de même du score de VO₂ Max que la Forerunner 570 est capable de calculer après plusieurs semaines d’activité et qui est lui aussi un bon indicateur de la forme du moment.
Enfin, ce n’est qu’en toute fin de préparation que je me suis autorisé à naviguer vers l’un des menus les plus intéressants de la partie « Performance de course » de la montre : le prédicteur de temps de course. Sur la base des entraînements réalisés au cours des dernières semaines, la montre calcule un chrono cible sur différentes distances (5 km, 10 km, semi et marathon).

Dans mon cas, au terme de ce mois d’entrainement et compte tenu des précédentes données recueillies par Garmin, le prédicteur de course a projeté un chrono de 3h46 et 41 secondes sur marathon. Intéressant…
La course avec deux montres aux poignets
Nous voilà donc sur les Champs-Élysées au départ de ce marathon de Paris, une montre Garmin à chaque poignet.
Si la Fenix 8 est de sortie, ce n’est que pour servir de point de comparaison, sur le GPS évidemment, mais aussi sur la batterie. Elle ne servira à rien d’autre, l’essentiel se passera sur la Forerunner 570 afin de déterminer si oui ou non une montre milieu de gamme suffit sur un marathon.

Bonne nouvelle : on retrouve sur notre 570 la fonctionnalité Pace Pro qui permet de déterminer une allure et d’être « coaché » en temps réel par la montre. Je règle donc l’allure sur 5’20 du kilomètre avec l’ambition affichée de boucler cette promenade de 42 km en moins de 3h45.
Dès les premiers kilomètres, je constate un léger décalage entre la vibration de la montre sur le poignet droit et celle qui lui fait face sur l’autre bras. Surtout, les deux bipent sensiblement quelques dizaines de mètres avant les bornes officielles du parcours. Ce décalage, je vais le retrouver sur l’intégralité du parcours et il s’avérera plus important sur la montre de milieu de gamme à l’issue de la course.
En effet, au moment de franchir l’arrivée, la Forerunner 570 indique 42,84 km parcourus. De son côté la Fenix 8 évalue notre distance à 42,69 km. C’est évidemment plus que la longueur homologuée du parcours, 42,195 km, rappelons-le, mais l’écart constaté à l’arrivée est tout à fait acceptable, quel que soit le modèle choisi.

Quant à la course, elle s’est déroulée de fort belle manière. Je boucle ce marathon de Paris en 3h43 et 25 secondes avec une allure (5’14) légèrement plus élevée que celle souhaitée au départ. Là encore la montre n’y est pas étrangère : la surveillance des zones d’allure de FC et de bonnes sensations sur le début de course m’ont permis d’augmenter quelque peu la cadence.
Objectif rempli. Il est donc temps de prendre un peu de recul et de mesurer l’apport réel de la montre, mais surtout ce dont j’ai manqué en me privant d’une tocante deux fois plus chère.
Pourquoi une montre milieu de gamme suffit à la majorité des coureurs
J’en étais déjà persuadé, j’en suis désormais convaincu : il n’est pas nécessaire de casser son PEL pour une montre de sport si on veut prendre le départ d’un marathon. D’ailleurs, les coureurs minimalistes diraient même qu’il n’y a tout simplement pas besoin de montre pour courir.
Certes, mais ce n’est pas là l’objet de notre débat. La véritable question est : la Forerunner 570 a-t-elle été suffisante pour préparer et courir le marathon ? La réponse est un grand « oui ». Que ce soit sur les semaines de préparation ou le jour de la course je n’ai souffert pour ainsi dire d’aucune limitation technique.

L’honnêteté m’oblige à reconnaître que certaines données auxquelles je suis attaché sur la Fenix 8 m’ont manqué, notamment sur la préparation. Il s’agit là de données assez secondaires pour une grande partie des coureurs, mais que Garmin réserve à ses modèles les plus haut de gamme.
Ainsi, le score d’endurance ou le score de montée sont absents de la Forerunner 570, or lorsqu’on y goûte, il est assez difficile de s’en passer par la suite. C’est d’autant plus vrai lorsqu’on prépare un trail où le travail en côtes est essentiel.
L’autre manque est tout aussi accessoire dans le cadre d’un marathon mais pourrait aussi pousser un utilisateur exigeant à regarder au-delà d’un modèle de milieu de gamme. Il s’agit de la cartographie. Elle est l’un des arguments décisifs de la gamme Fenix. Vigilant à bien segmenter ses gammes, le fabricant américain ne l’intègre pas sur ses modèles orienté course sur route et qu’importe s’ils disposent d’un bel écran OLED.
Quid de l’autonomie ? Elle est évidemment bien plus solide sur la Fenix 8 à qui il restait encore 85% de batterie au moment de franchir la ligne d’arrivée. Sur notre Forerunner 570, la batterie était légèrement plus entamée (71%) mais, en plus d’avoir été plus sollicitée, cette dernière faisait tourner Pace Pro. Dans tous les cas, comme souvent chez Garmin, la batterie n’est pas un problème.
Est-ce vraiment judicieux de mettre plus de 500 euros dans une montre ?
C’est aussi à l’issue de la course qu’une autre remarque m’a frappée : depuis que j’avais troqué la Fenix 8 pour la Forerunner 570, j’avais pu apprécier la compacité et surtout la légèreté de la montre de milieu de gamme, surtout en comparaison de ma volumineuse montre de trail.
Or, pendant la course, je ne me suis pas senti plus « lourd » du côté de la Fenix 8. L’effort, mais aussi sa durée et sans doute mon habitude de porter la montre ont sans doute pu gommer une différence qui aurait pu être plus perceptible chez d’autres coureurs.

En définitive, ce qui me semblait un avantage évident de la Forerunner 570 n’en a pas été un. Mais ça n’empêche pas la réflexion de pencher clairement d’un côté : une montre de sport de milieu de gamme suffit amplement pour préparer convenablement une course et pour la réussir.
Certes, aller sur des modèles plus prestigieux comme la Forerunner 970 ou une Fenix vous ouvrira l’accès à davantage de données que vous saurez (ou pas) exploiter, mais elles nous semblent tout de même réservées aux coureurs les plus exigeants. Et même si ma Garmin m’affirme désormais qu’un marathon est faisable en moins de 3h37, je ne vais pas casser ma tirelire pour le vérifier.
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