Des hackers russes ont mené une vaste campagne d’espionnage contre plus de 300 personnalités allemandes de premier plan. Les pirates sont passés par la messagerie Signal pour arriver à leurs fins.
Signal s’est retrouvé dans le viseur des cybercriminels. En Allemagne, plus de 300 personnalités de haut rang ont été victimes d’une vaste campagne d’espionnage attribuée à la Russie. L’information a rapidement été confirmée par le gouvernement fédéral allemand.
A response to recent reporting in Germany, in service of clarity and accountability:
First, it’s important to be precise when it comes to critical infrastructure like Signal. Signal was not “hacked” — in that our encryption, infrastructure, and the integrity of the app’s code…
— Signal (@signalapp) April 27, 2026
Pour arriver à leurs fins, les hackers russes n’ont pas exploité une faille dans le fonctionnement de Signal. Comme le souligne la messagerie dans une publication sur X, Signal n’a « pas été piraté ». Si « notre chiffrement, notre infrastructure et l’intégrité du code de l’application n’ont pas été compromis », « des pirates informatiques sophistiqués ont mené une campagne d’hameçonnage malveillante » en se faisant passer pour le service client de la messagerie.
En modifiant leur nom d’utilisateur, les pirates ont pu convaincre leurs cibles de « divulguer leurs identifiants ». En passant par la grande porte, ils ont ainsi pris le contrôle des comptes dans leur viseur. C’est une tactique vieille comme le monde. Les comptes compromis étaient « ensuite utilisés pour cibler les listes de contacts des victimes ».
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Des cibles au sommet de l’État
Parmi les victimes figurent des personnalités au sommet de l’État, dont la présidente du parlement, Julia Klöckner, qui communique régulièrement avec le chancelier Friedrich Merz, mais aussi les ministres du Logement Verena Hubertz et de l’Éducation Karin Prien. Des diplomates, des officiers militaires, des collaborateurs des services de renseignement et des journalistes d’investigation ont également été ciblés.
« L’ampleur du récent piratage de Signal, telle qu’elle est connue à ce stade, est extrêmement préoccupante. À l’heure actuelle, personne ne peut dire avec certitude que l’intégrité des communications des députés est encore garantie », déclare Konstantin von Notz, expert en sécurité nationale de l’assemblée parlementaire de la République fédérale d’Allemagne.
Signal promet des mesures
Comme l’explique Signal, « ce type d’attaque touche toutes les applications de messagerie grand public », y compris WhatsApp. Il y a quelques semaines, WhatsApp et Signal se sont d’ailleurs retrouvés dans le viseur d’une vaste campagne mondiale de phishing à l’encontre des responsables politiques, des militaires et des journalistes de plusieurs pays, dont les Pays-Bas. Les autorités néerlandaises avaient promptement pointé du doigt la Russie. Afin d’améliorer ses défenses contre le phishing, Signal s’est engagé à déployer « plusieurs mesures pour contrer ces attaques » dans les semaines à venir, sans préciser de quoi il s’agit.
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Un coup de la Russie
Le parquet fédéral allemand a confirmé avoir ouvert une enquête pour « suspicion d’espionnage » dès le mois de février 2026. Une première alerte avait été émise le 6 février par les services de renseignement intérieur et l’Office fédéral pour la sécurité des technologies de l’information (BSI), suivie d’une seconde mise en garde le 17 avril. La cyberattaque s’est visiblement étalée sur plusieurs mois. Un porte-parole du ministère de l’Intérieur a confirmé que la campagne est « encore en cours », « prend de l’ampleur », et est « probablement menée par un cyberacteur soutenu par un État ». Le gouvernement fédéral a finalement accusé publiquement la Russie.
La cyberattaque s’inscrit dans le contexte de la guerre hybride de la Russie contre les pays occidentaux, en particulier l’Allemagne. Plus de 320 tentatives de déstabilisation orchestrées par Moscou ont été recensées en Allemagne l’an dernier, indique la police criminelle fédérale.
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