Pour se protéger du clonage par l’IA, Taylor Swift tente d’enregistrer sa voix et son image comme marque

Pour se protéger du clonage par l'IA, Taylor Swift tente d'enregistrer sa voix et son image comme marque


Pour lutter contre les deepfakes, ses fausses vidéos générées par l’IA, la star américaine Taylor Swift a déposé trois demandes d’enregistrement de marque aux États-Unis : deux pour sa voix, et une pour son image. L’initiative n’a encore jamais été testée devant les tribunaux, mais les avocats de l’artiste américaine misent sur le droit des marques, qui pourrait offrir davantage de protection que le copyright jusqu’ici incapable d’empêcher l’utilisation de l’image et de la voix des artistes par les outils d’IA générative.

Comment éviter de voir sa voix et son image lui échapper avec l’intelligence artificielle (IA) générative ? Pour éviter que ses attributs ne soient utilisés dans des deepfakes, ces fausses vidéos générées par l’IA, la chanteuse américaine Taylor Swift a tapé à la porte de l’United States Patent and Trademark Office (USPTO ou « Office américain des brevets et des marques », en français), l’équivalent de l’INPI (l’Institut national de la propriété intellectuelle) en France.

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Vendredi 24 avril, les avocats de l’artiste ont déposé deux extraits audio (ici et ici), dans lesquels on peut entendre : « Hey, it’s Taylor Swift » (« Salut, c’est Taylor »), avec une référence à son dernier album, The Life of a Showgirl (lancé en octobre 2025). Une photo de la chanteuse sur scène, dans une tenue à paillettes, a aussi été déposée, comme le montre cet enregistrement de l’USPTO.

© Taylor Swift. Image déposée auprès de l’USPTO – demande 99784977 déposée par TAS Rights Management, LLC.

Le copyright, piètre protection face aux plateformes d’IA

C’est l’avocat américain Josh Gerben qui a révélé ces trois demandes de marque, dans un article de blog du 27 avril 2026. Selon le spécialiste, il est courant d’enregistrer un son comme marque sonore. Mais l’initiative de l’artiste américaine – le fait d’enregistrer la voix d’une célébrité comme une marque – « n’a encore jamais été testée devant les tribunaux » aux États-Unis, écrit-il.

Jusqu’à présent, les chanteurs pouvaient protéger leurs chansons via le droit d’auteur (le copyright outre-Atlantique), mais ce droit ne protège pas les artistes des contenus générés par l’IA qui imitent leur voix sans dupliquer à l’identique des morceaux de musique existants. Le droit des marques pourrait combler ce vide existant, écrit l’avocat Josh Gerben.

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Les voix et images des artistes « pillées » par les outils d’IA ?

Car le droit des marques a une portée plus large que le copyright. Il protège les copies identiques des marques déposées, mais aussi les imitations « prêtant à confusion » – en France, cela pourrait correspondre au parasitisme. Si les trois dépôts de marque sont acceptés par l’USPTO, Taylor Swift pourrait combattre toute utilisation de sa voix ou de son image qui ressemble de près ou de loin aux marques déposées.

Taylor Swift n’est pas la première à tenter de protéger sa voix et son image via le droit des marques. En janvier dernier, c’est le comédien américain Matthew McConaughey qui avait fait de même. Depuis le lancement de ChatGPT, les artistes voient leurs images et leurs voix utilisées sans autorisation sur des plateformes qui les proposent, via des abonnements.

En 2023, Scarlett Johansson avait attaqué Lisa AI pour avoir cloné sa voix et son image pour générer une publicité, sans son consentement. Depuis plus de deux ans, Taylor Swift est l’objet d’innombrables deepfakes générés par l’IA, utilisés pour vanter, sans son consentement, des produits et des services, des soutiens politiques ou des images pornographiques.

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