Anthropic se tourne vers SpaceX pour doubler les débits de Claude, mais il y a un piège

Anthropic se tourne vers SpaceX pour doubler les débits de Claude, mais il y a un piège



Elon Musk qualifiait Anthropic de « maléfique » il y a quelques semaines. Sa société SpaceX vient de lui confier la totalité de son datacenter. Les affaires sont les affaires.

Anthropic a annoncé mardi 6 mai un accord avec SpaceX, lors de sa conférence Code With Claude à San Francisco. L’entreprise utilisera l’intégralité du datacenter Colossus 1Plus de 300 mégawatts de puissance supplémentaire et 220 000 GPU NVIDIA (un mélange de H100, H200 et GB200) disponibles dans le mois. Conséquence directe : les limites d’utilisation de Claude augmentent pour l’ensemble des abonnés payants. Une bonne nouvelle alors que ces derniers se plaignaient depuis plusieurs mois de plafonds trop restrictifs, allant parfois jusqu’à se désabonner du service.

Ce qui change (et ce qui ne change pas) pour les abonnés

Les abonnés Pro (20 €/mois) et Max (100 à 200 €/mois) voient leur débit doublé sur la fenêtre de cinq heures. Les restrictions aux heures de pointe (introduites fin mars 2026 après une vague de plaintes) disparaissent. Les limites de l’API pour Claude Opus augmentent aussi fortement. Les plans Team et Enterprise par siège profitent des mêmes hausses.

Un détail qui a son importance (et que la communication officielle ne met pas franchement en avant) : les plafonds hebdomadaires, eux, restent identiques. Ce qui double, c’est la taille du robinet par session, pas celle du réservoir sur la semaine. En pratique, la majorité des utilisateurs n’atteignaient pas leur quota hebdomadaire parce que le frein par session les bloquait avant. Ce frein-là saute.

La capacité de Colossus 1 alimente l’ensemble de l’infrastructure d’inférence d’Anthropic, y compris Claude.ai dans sa version web classique. Anthropic précise que sa collaboration avec Amazon inclut de la capacité supplémentaire en Asie et en Europe. L’objectif : répondre aux exigences de résidence des données des entreprises régulées (santé, finance, secteur public). Un point qui concerne directement les entreprises françaises soumises au RGPD.

Quand Musk arme son propre concurrent

Elon Musk détient 42 % de SpaceX. SpaceX a fusionné avec xAI en février 2026, créant l’entité SpaceXAI. xAI développe Grok, concurrent frontal de Claude. Le datacenter Colossus 1, situé à Memphis, avait été construit pour entraîner Grok. Et c’est Anthropic qui en hérite.

La volte-face de Musk mérite d’être savourée à son rythme. Quelques semaines avant l’accord, il qualifiait publiquement Anthropic de « misanthropique et maléfique ». Le 6 mai, sur X, il se dit « impressionné » par la direction de l’entreprise après une semaine passée en leur compagnie. Claude « sera probablement bon », estime-t-il désormais (entre deux lancements de fusées et trois procès, on imagine que le planning permet ce genre de réévaluation). Michael Nicolls, président de xAI, aurait de son côté reconnu en interne que sa société était « clairement derrière » ses rivaux.

SpaceX prépare une entrée en bourse à une valorisation estimée autour de 1 500 milliards de dollars. Louer 220 000 GPU au prix du marché génère des revenus immédiats. Anthropic, de son côté, négocie une levée de 50 milliards de dollars à 900 milliards de valorisation. Les deux parties ont les moyens de s’offrir ce paradoxe. Colossus 1 finance Colossus 2, la prochaine génération de datacenter, et l’ambition (encore théorique) de calcul en orbite.

Musk vend ses GPU à son rival pour financer la prochaine bataille. À ce rythme, la cohérence reste le seul luxe que la Silicon Valley n’a pas les moyens de s’offrir.

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Source :

xAI



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