Wi-Fi 7 et 90 fps pour moins de 200 €, mais « réservés aux marchés émergents ». Du moins, c’est ce que Qualcomm prétend à chaque lancement.
Le fondeur américain Qualcomm vient de présenter deux nouvelles puces mobiles lors de son événement « Snapdragon for India ». Les Snapdragon 4 Gen 5 et 6 Gen 5, gravées en 4 nm, ciblent officiellement les smartphones à petit prix des marchés émergents. Le mot « officiellement » a toute son importance, et le Galaxy A36 est là pour le prouver.
Deux puces, un même objectif : faire descendre le haut de gamme
Le Snapdragon 4 Gen 5 embarque huit cœurs Kryo et un GPU Adreno dont Qualcomm promet un gain de 77 % par rapport au modèle précédent. La puce atteint les 90 images par seconde en jeu, une première sur la série 4. Pour rappel, on parle ici de smartphones à 150 €, pas de haut de gamme à 1 200 €. Le modem 5G intégré gère le dual SIM 5G+5G, une première aussi sur ce segment. Qualcomm promet également 54 % de performances générales en plus, mais sans préciser la puce de comparaison (un classique du genre). Côté mémoire, la puce reste sur de la LPDDR4X. Un choix judicieux au milieu de la pénurie dont le marché des smartphones n’est pas épargné, et sur un segment où chaque euros surcoût compte.
Le Snapdragon 6 Gen 5 joue dans la catégorie supérieure. Il introduit le Wi-Fi 7 et le Bluetooth 6.0 sur la série 6. Jusqu’ici, ces technologies ne descendaient pas en dessous des puces haut de gamme à plus de 500 €. Le gain graphique reste modeste par rapport au 6 Gen 4 (+21 %), mais Qualcomm compense par une meilleure efficacité énergétique. Le fondeur annonce environ deux heures de streaming vidéo supplémentaires. Le modem 5G, grâce au FDD Power Class 2, envoie des données 25 % plus vite.
Côté mémoire, le 6 Gen 5 supporte la LPDDR5 jusqu’à 16 Go et la photo jusqu’à 200 mégapixels. Les premiers smartphones équipés sont attendus au second semestre 2026 chez Honor, Oppo, Realme et Redmi. Pas un constructeur occidental à l’horizon, donc.
Annoncées pour l’Inde, vendues en France : le parcours désormais classique
L’annonce cible officiellement l’Inde, l’Asie du Sud-Est et l’Amérique latine. Le réflexe naturel serait de ranger l’information dans la catégorie « pas pour nous ». Ce serait oublier un précédent plutôt parlant.
Le Snapdragon 6 Gen 3, prédécesseur direct du 6 Gen 5, a suivi exactement le même parcours. Présenté pour les marchés émergents en août 2024, il équipe aujourd’hui le Samsung Galaxy A36, vendu en France à partir de 400 €. C’est l’un des milieu de gamme les plus populaires du marché hexagonal. Le Poco M8 5G et le Motorola Moto G75 (tous deux lancés autour de 300 €) embarquent la même puce et se trouvent sur les étagères françaises. Avant eux, le Snapdragon 6 Gen 1, annoncé dans les mêmes conditions en 2022, propulsait l’Oppo Reno14 FS vendu en France.
Le schéma est rodé : annonce orientée Inde, adoption européenne six mois plus tard. Samsung a depuis bifurqué vers l’Exynos 1480 pour le Galaxy A37 (sorti en avril 2026). Mais le relais est déjà pris. Redmi et Honor figurent parmi les partenaires confirmés du 6 Gen 5. Poco et Realme, habitués de la série 4, sont annoncés sur le 4 Gen 5. Motorola, qui a lancé le Moto G75 sous SD 6 Gen 3 en Europe dès octobre 2024, reste un candidat crédible. Le prochain Redmi Note ou Poco M sous SD 6 Gen 5 a de bonnes chances d’atterrir en France avant Noël.
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Le contexte concurrentiel pousse d’ailleurs dans cette direction. MediaTek rattrape Qualcomm sur le milieu de gamme et a même des velléités sur le haut de gamme. La tranche sous 250 € (celle où MediaTek règne sans partage) est précisément celle que ciblent ces deux nouvelles puces. Qualcomm n’investit pas dans le milieu de gamme par philanthropie.
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