Apple veut compresser Gemini pour le faire tenir dans votre iPhone

Apple veut compresser Gemini pour le faire tenir dans votre iPhone


Pour sauver Siri, Apple a obtenu un accès complet aux modèles Gemini de Google. L’objectif : les compresser pour qu’ils fonctionnent hors ligne sur l’iPhone.

Apple, qui a bâti son image sur la confidentialité (« ce qui se passe sur votre iPhone reste sur votre iPhone »), va construire la nouvelle intelligence de ses appareils à partir des modèles de son grand rival Google. Le partenariat, officialisé en janvier 2026, prend une tournure inattendue : Apple va « distiller » Gemini pour le faire tenir dans la puce de votre iPhone.

La distillation, ou comment faire entrer un éléphant dans une boîte à chaussures

La technique en jeu s’appelle la distillation de connaissances. Le principe est simple sur le papier : un énorme modèle « professeur » (ici, un Gemini sur mesure d’environ 1 200 milliards de paramètres) sert à entraîner un modèle « élève » beaucoup plus petit, de l’ordre de 3 milliards de paramètres, capable de tourner localement sur un iPhone sans connexion internet.

Google a accordé à Apple un accès complet à Gemini dans ses datacenters. Ce n’est pas rien : les ingénieurs d’Apple peuvent observer les calculs internes du modèle, son raisonnement, ses étapes de réflexion, et s’en servir pour entraîner leur propre version miniature. Le résultat serait un petit modèle bien plus efficace qu’une simple imitation des réponses finales.

La vie privée, vraiment ?

Apple insiste : les modèles distillés tourneront directement sur l’appareil, sans connexion internet, pour gérer le contexte personnel sensible (agenda, notes, messages). Les données personnelles ne quitteraient jamais l’iPhone pour la majorité des tâches quotidiennes. Pour les requêtes complexes nécessitant des connaissances plus larges, le système basculerait vers le cloud via l’architecture Private Cloud Compute d’Apple.

Le problème, c’est que Tim Cook et Sundar Pichai ont livré des descriptions contradictoires du partenariat lors de leurs derniers résultats trimestriels. Google se présente comme le « fournisseur cloud privilégié » d’Apple, ce qui laisse entendre que les données transitent bien par ses serveurs à un moment ou un autre. Les deux entreprises refusent de détailler l’accord. Difficile, dans ces conditions, de prendre les promesses de confidentialité pour argent comptant.

Un aveu de faiblesse

Avant ce virage, Apple s’appuyait sur ses propres modèles maison : environ 3 milliards de paramètres en local, et un modèle serveur plus costaud. Mais ces modèles étaient jugés en retard face à GPT, Gemini et Claude. Le « nouveau Siri », promis dès la WWDC 2024, a été repoussé à plusieurs reprises. La distillation de Gemini est le moyen pour Apple d’obtenir une intelligence de niveau frontière sans posséder l’infrastructure géante nécessaire pour l’entraîner.

Le coût estimé de l’opération avoisine le milliard de dollars par an. Apple touche déjà environ 20 milliards de dollars par an de Google pour que ce dernier reste le moteur de recherche par défaut dans Safari. Google devient ainsi l’un des plus gros fournisseurs et partenaires financiers d’Apple. Daniel Ives, analyste chez Wedbush Securities, y voit « la reconnaissance pragmatique qu’Apple ne peut pas gagner seul la course à l’IA ». La WWDC du 8 juin dira si la promesse d’un Siri hors ligne et intelligent tient la route, ou si Apple a simplement trouvé une façon élégante de sous-traiter son retard.

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Par : Opera

Source :

The Information



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