pourquoi des milliers d’utilisateurs paient 100 € pour casser leurs lunettes ?

pourquoi des milliers d'utilisateurs paient 100 € pour casser leurs lunettes ?



Il existe un marché clandestin pour bloquer physiquement le voyant lumineux des lunettes Ray-Ban Meta afin de pouvoir espionner n’importe qui en toute discrétion.

Avec plus de 7 millions d’exemplaires vendus en 2025, les lunettes connectées Ray-Ban Meta sont devenues un accessoire de plus en plus populaire. Pour rassurer le public sur le « respect de la vie privée », le géant américain a intégré une LED blanche qui s’allume dès qu’une vidéo démarre. Il n’en fallait pas plus à une communauté de bidouilleurs pour trouver le bon filon. Ce service, facturé jusqu’à 100 dollars, permet tout simplement de filmer sans activer la lumière sur les Ray-Ban Meta, et donc à l’insu des personnes face à la caméra.

Une opération chirurgicale pour les Ray-Ban Meta

Comme le souligne Joanna Stern dans sa vidéo que vous pouvez retrouver ci-dessous, Meta a bien prévu une sécurité au niveau logiciel : si vous tentez de masquer la LED, avec un morceau de ruban adhésif par exemple, le système détecte l’obstruction et refuse tout simplement de filmer. Pour contourner ce blocage, des petits malins utilisent une méthode plus radicale : ils percent la lentille de protection en verre pour détruire ensuite physiquement la LED qui se trouve en dessous.

Une fois cette dernière retirée, l’orifice est comblé avec une résine spéciale séchée sous lampe UV, ce qui redonne à la monture son aspect d’origine. Une fois l’opération terminée, les lunettes peuvent enregistrer des vidéos sans qu’aucun signal lumineux ne soit visible par les personnes qui vous regardent, et sans générer de message d’erreur sur le smartphone via l’application Meta. Ce petit business fleurit partout aux États-Unis, avec des annonces répertoriées dans au moins 30 États. Dans la zone de New York et du New Jersey, certains prestataires effectuent 8 à 9 interventions par jour.

Flou juridique et vie privée

Techniquement, modifier son propre matériel n’est pas illégal. En revanche, cette manipulation annule immédiatement la garantie constructeur de Meta. Mais le vrai sujet d’inquiétude concerne l’usage de ces lunettes modifiées. Sur les réseaux sociaux, des tendances comme le « rizz camming », qui consiste à approcher des personnes pour leur parler tout en les filmant à leur insu, cumulent des millions de vues en ligne. Aux États-Unis, la légalité de ces enregistrements dépend des juridictions, certaines exigeant le consentement explicite de toutes les parties présentes.

À voir : On a testé la nouvelle version des Ray-Ban Meta et leur bracelet neuronal qui ne sont pas encore disponibles en France

De son côté, Meta affirme supprimer activement des milliers d’annonces sur ses plateformes, comme Facebook Marketplace, mais difficile de gagner à ce jeu du chat et de la souris. Certains développeurs indépendants ont décidé de s’attaquer au problème, comme ceux à l’origine de l’application « No GlassHole », qui permet de scanner les environs via Bluetooth pour repérer des lunettes actives à proximité. Une fonctionnalité de détection que Meta devrait intégrer directement dans son application pour protéger le public contre ces caméras invisibles.

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