Payer son abonnement et regarder des réclames entre deux parties : le nouveau stratège de Xbox y voit un moyen de garder des prix doux. Les abonnés apprécieront la délicatesse.
Matthew Ball n’a pas traîné pour donner le ton. Fraîchement nommé directeur de la stratégie de Microsoft Gaming, l’auteur du livre de référence sur le métavers a évoqué, au micro de The Game Business Live le 8 juin, l’idée d’introduire de la publicité dans les jeux afin de « maintenir des produits abordables ». Une petite phrase qui a suffi à faire tousser les joueurs.
Des réclames pour éviter les hausses, vraiment ?
L’intéressé a aussitôt arrondi les angles, assurant que « la question n’est pas de savoir si on peut fourrer de la pub partout », et précisant ne pas connaître les projets de monétisation de Microsoft. Rien d’un plan arrêté, donc, plutôt une réflexion à voix haute. Mais quand elle sort de la bouche du stratège en chef, partisan de longue date du modèle publicitaire dans le jeu vidéo, la réflexion porte.
D’autant que la pente est déjà bien engagée pour les abonnés. Le Game Pass a enchaîné les hausses de tarifs, et la formule Ultimate culminé à 26,99 euros par mois en France, avant qu’Asha Sharma annonce une remise à 20,99 euros par mois à son intronisation. Les joueurs sont déjà passés à la caisse plusieurs fois, et l’industrie a tâté le terrain publicitaire de longue date, des panneaux glissés dans les mondes ouverts aux jeux gratuits biberonnés à la réclame. Il ne manquait qu’un argument économique massif pour transformer la tentation en stratégie. Il existe, et il vient du streaming.
Netflix a montré le chemin, et il est pavé de milliards
Lancé fin 2022 sous les sifflets, l’abonnement avec publicité de Netflix est devenu la meilleure affaire du secteur. L’offre revendique aujourd’hui 250 millions de spectateurs actifs par mois dans le monde, dont 12 millions en France. La machine à cash suit : environ 1,5 milliard de dollars de revenus publicitaires en 2025, deux fois plus que l’année précédente, avec un cap fixé à 3 milliards cette année et autour de 9 milliards à l’horizon 2030. La recette est limpide : le forfait le moins cher attire les foules, et l’annonceur comble la différence. Disney+ et Prime Video ont d’ailleurs suivi le mouvement sans état d’âme.
Vu de Redmond, le parallèle a de quoi faire briller les yeux. Les coûts de développement des grosses productions s’envolent, le Game Pass doit prouver sa rentabilité, et le jeu vidéo offre ce dont tout annonceur rêve : un public captif, concentré, qui reste des heures devant l’écran. Si la pub finance le streaming sans faire fuir les abonnés, pourquoi pas le jeu ? Rien n’est acté, et Microsoft n’a confirmé aucun projet en ce sens. Mais pour le joueur français, l’équation se résume désormais à un choix connu d’avance : soit la facture grimpe encore, soit la réclame s’invite entre deux parties.
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Source :
The Game Business