pourquoi la prochaine PlayStation pourrait accuser du retard

pourquoi la prochaine PlayStation pourrait accuser du retard



Initialement espérée pour 2027, la PlayStation 6 pourrait subir un retard historique à cause de la crise de la RAM provoquée par l’IA. Le rapport annuel d’Embracer Group jette un froid sur le calendrier de Sony.

Les plans de Sony pour sa prochaine génération de consoles s’apprêtent à être bousculés par la réalité du marché des semi-conducteurs. Alors que les premières fuites techniques issues d’AMD tablaient sur une fenêtre de lancement calée entre la fin 2027 et le début 2028, le dernier rapport d’analyse annuel du géant européen du jeu vidéo Embracer Group vient de jeter un froid. En cause : la flambée des coûts des composants grand public, vampirisés par l’industrie de l’intelligence artificielle. Face à cette instabilité économique, certains analystes estiment désormais que le constructeur japonais pourrait être contraint de repousser le lancement de la PlayStation 6 jusqu’en 2029.

L’IA s’accapare la mémoire vive et menace le calendrier de Sony

Dans son rapport, le groupe Embracer détaille comment la pression sur la chaîne d’approvisionnement mondiale pèse sur le développement du hardware : « Il existe des défis autour de la volatilité des tarifs douaniers aux États-Unis ainsi qu’un impact de la hausse mondiale du prix de la RAM tirée par l’IA. Ces deux facteurs pourraient avoir un impact négatif sur les prix de vente des consoles. À plus long terme, la hausse des coûts de la RAM pourrait également entraîner des retards opérationnels pour le lancement des futures consoles. ». Le document ajoute que Sony envisage désormais de décaler les débuts de sa future machine à 2028, voire 2029.

Cette situation s’explique par les choix des fabricants de mémoire (Samsung, SK Hynix, Micron) qui réorientent leurs lignes de production pour couvrir les besoins colossaux des data centers de l’IA (OpenAI, Google, Anthropic). Selon les données du cabinet IDC, ces centres de données s’apprêtent à absorber près de 70 % de la production mondiale de DRAM. Cette pénurie de mémoire vive impacte l’ensemble de l’industrie : le Steam Deck de Valve a vu ses tarifs s’envoler, et cette même crise des composants logistiques a récemment poussé Sony à augmenter officiellement les prix de la PS5 et de la PS5 Pro jusqu’à 900 euros en Europe.

La promesse d’une console à prix plancher s’effondre

Ce revirement industriel vient fragiliser les précédentes rumeurs de la feuille de route d’AMD. Les fuites évoquaient jusqu’ici un processeur tout-en-un ultra-puissant (nom de code « AMD Orion ») associant l’architecture Zen 6 et une puce graphique RDNA 5, épaulée par de la mémoire GDDR7. Les bruits de couloir insistaient sur une volonté de Sony de commercialiser cette PS6 au tarif agressif de 499 dollars, calqué sur le prix de lancement de la PS5 en 2020.

Au vu de la conjoncture économique actuelle, maintenir un tel prix d’appel semble intenable. Si une console de milieu de génération comme la PS5 Pro flirte déjà avec les 900 euros sans lecteur de disque, proposer une architecture trois fois plus puissante que la PS5 pour 500 dollars relève désormais de l’utopie commerciale. Pour limiter les coûts de fabrication à la sortie, Sony prévoirait d’ailleurs de reconduire sa stratégie de lecteur de disque amovible en option pour la PS6 afin de proposer une version numérique un peu moins onéreuse.

Une transition retardée mais un écosystème technologique qui progresse

Ce report potentiel de la PlayStation 6 offre toutefois un avantage stratégique à Sony : celui de prolonger la rentabilité de son parc actuel de consoles. Le catalogue de la fin d’année sera notamment porté par la sortie majeure de GTA VI, qui devrait saturer les ventes de PS5 et de PS5 Pro. C’est aussi un délai supplémentaire précieux pour affiner les technologies de rupture qui équiperont la future machine.

La stratégie de recherche de la marque à la pomme se concentre massivement sur l’intelligence artificielle pour compenser les limites physiques du silicium. Après avoir imposé son outil d’upscaling PSSR (PlayStation Spectral Super Resolution), PlayStation a récemment racheté la start-up Cinemersive Labs pour intégrer l’apprentissage automatique au cœur de son rendu visuel. Ce report forcé à 2028 ou 2029 permettra aux studios de développement de mieux maîtriser ces outils de reconstruction d’image par IA, essentiels pour atteindre le photoréalisme promis pour la dixième génération de consoles, sans pour autant faire exploser la facture énergétique de la machine.

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Source :

Vice



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