À peine débarquée dans les salons, la Steam Machine de Valve a subi son premier rite de passage : un démontage en règle sur l’établi du youtubeur et spécialiste hardware ETA Prime. L’objectif était simple, mais ambitieux. Aller voir ce que ce petit cube de gaming a dans le ventre et répondre à la question que tout bidouilleur se pose : peut-on l’ouvrir et la modifier ? La réponse est un grand oui, et c’est même d’une simplicité désarmante qui détonne dans le paysage hardware actuel.
Comment se passe le démontage de la console ?
Oubliez les colles et les clips infernaux. Valve a visiblement conçu sa machine pour être accessible. Quelques vis T8 (dont certaines sont captives, une excellente idée pour ne pas les perdre) et le tour est joué. Le panneau avant, aimanté, se retire sans forcer. Une fois le châssis interne extrait, on découvre une architecture propre : un énorme dissipateur en aluminium et cuivre, une alimentation intégrée et une carte mère prise en sandwich. Pas de brique d’alimentation qui traîne, c’est propre.
La surprise vient surtout de la modularité exemplaire. Les ports USB, le lecteur de carte SD, tout est monté sur des petites cartes filles connectées par des nappes. Un port qui lâche ? On change le petit module, pas toute la carte mère. C’est une véritable invitation à la Mise à niveau et à la réparation. Le seul élément un peu verrouillé est le ventilateur, un modèle propriétaire.
Quels composants peuvent réellement être améliorés ?
C’est ici que les choses sérieuses commencent. Pour accéder à la RAM, il faut retirer le bloc ventilateur et le dissipateur. Bonne nouvelle, la conception permet de le faire sans avoir à toucher au contact CPU et donc, sans réappliquer de pâte thermique. Valve livre la machine avec une seule barrette de 16 Go de DDR5, tournant donc en « single channel ». ETA Prime a remplacé cette barrette unique par un kit de deux fois 32 Go, portant la mémoire vive totale à 64 Go et activant au passage le « dual channel » pour de meilleures performances.
Côté stockage, la manipulation est encore plus simple. Le SSD d’origine est un format court (2230), mais Valve a laissé l’espace nécessaire pour un modèle standard (2280). Le youtubeur a donc pu installer un monstre de 4 To sans aucune modification. Un simple clonage du disque original avec un logiciel comme Etcher, et le système a démarré sans broncher, reconnaissant immédiatement la nouvelle capacité.
Cette mise à niveau extrême en vaut-elle vraiment la peine ?
Pour le jeu, absolument pas. C’est un piège classique : le système, après upgrade, affiche bien 62 Go de RAM utilisables, mais le goulot d’étranglement est ailleurs. La puce graphique AMD RDNA 3 embarque 8 Go de VRAM (la mémoire dédiée à l’affichage) et cette mémoire, elle, est soudée à la carte mère. Impossible de l’augmenter. Or, c’est elle qui travaille le plus dans les jeux gourmands. Ajouter des gigaoctets de RAM système n’apporte donc qu’un gain marginal, voire nul.
Au final, avec un coût total dépassant les 3000 euros pour cette configuration maximale, l’opération est un pur délire de passionné. Mais le vrai message est ailleurs. Le vrai coup de génie de Valve n’est pas dans la puissance brute, mais dans cette philosophie d’ouverture. En proposant une machine réparable et modifiable avec un simple tournevis, c’est bien la Steam Machine qui en ressort grandie. Un pied de nez magistral à l’obsolescence programmée qui fait plaisir à voir, même si au final, la situation rappelle qu’il s’agit ni plus ni moins que d’un PC…
Foire Aux Questions (FAQ)
La mémoire vidéo (VRAM) est-elle améliorable sur la Steam Machine ?
Non, c’est le principal point de blocage. Les 8 Go de VRAM GDDR6 sont soudés directement sur la carte mère et ne peuvent pas être remplacés ou augmentés. C’est le facteur limitant pour les performances en jeu.
Le ventilateur d’origine peut-il être remplacé par un modèle standard ?
Malheureusement non. Le ventilateur est un modèle sur mesure, conçu spécifiquement pour le châssis compact de la Steam Machine. Il ne sera donc pas possible d’installer un ventilateur de marque tierce comme Noctua sans modification majeure.
Faut-il réappliquer de la pâte thermique en changeant la mémoire vive ?
Non, et c’est un des points forts du design. Pour accéder aux slots de RAM SO-DIMM (un format compact de barrette mémoire), il est possible de retirer la carte mère en laissant le bloc dissipateur principal attaché au processeur, évitant ainsi cette manipulation délicate.


