Chat, Cowork, agents Autopilot et même le code : tout doit converger « ce trimestre » dans une application unique, pour le grand public comme pour les entreprises. L’annonce tombe pile la semaine où OpenAI reconnaît avoir raté la sienne.
Les résultats trimestriels de Microsoft, publiés mercredi, alignaient déjà de quoi occuper les analystes, avec 90 milliards de dollars de chiffre d’affaires et une croissance de 18 %. C’est pourtant une phrase de Satya Nadella, glissée pendant la conférence aux investisseurs, qui retient l’attention. Copilot évolue du chat vers Cowork puis vers les agents Autopilot, et toutes ces expériences, code compris, vont être réunies « dans une super app couvrant les usages grand public et professionnels ». Le patron promet des détails prochainement, ce qui tombe bien, car il n’existe pour l’heure ni date précise, ni tarif, ni liste de plateformes.
Vous êtes perdu dans les Copilot ? Microsoft aussi
Le catalogue maison avait fini par ressembler à un jeu de piste : le Copilot grand public descend du Bing Chat de 2023, Microsoft 365 Copilot s’occupe de Word, d’Excel et de Teams pour les entreprises, et GitHub Copilot sert les développeurs. Copilot Cowork fait plancher des agents sur les dossiers des salariés, tandis que les Autopilots exécutent des tâches entières sans intervention humaine. Cinq périmètres, une seule marque, et des frontières que plus personne ne sait tracer, y compris (on le soupçonne) à Redmond.
Le projet d’unification circule en interne depuis des mois sous le mot d’ordre d’un Copilot unique, avec une bascule prévue entre profil personnel et profil professionnel au sein de la même application. La confirmation publique apporte surtout un calendrier, aussi vague soit-il : le chantier d’intégration se déroule ce trimestre, pour un lancement attendu d’ici la fin de l’année. Le reste (prix, licences, gestion par les services informatiques) demeure un mystère complet, ce qui laisse aux abonnés le loisir de spéculer sur la facture. Le Copilot grand public cohabite aujourd’hui avec un abonnement Pro payant et des licences entreprise facturées par siège, soit trois logiques tarifaires qu’il faudra bien réconcilier dans une application unique.
OpenAI vient d’essuyer les plâtres à sa place
La manœuvre a un précédent tout frais, et il ne plaide pas pour la précipitation. OpenAI a fusionné ChatGPT et son outil de programmation Codex dans une application commune. Son président Greg Brockman a reconnu cette semaine que le résultat était « un peu le bazar », et promet une interface débarrassée de ses onglets d’ici la fin de l’année. L’aveu ne condamne pas l’idée pour autant : l’usage de Codex a doublé après la fusion, passant de 5 à 10 millions d’utilisateurs. Regrouper attire du monde, même quand l’assemblage grince. Le pari de Redmond consiste à croire qu’une intégration préparée de longue date lui évitera les grincements en question.
Bruxelles observera l’assemblage avec un intérêt tout particulier, car Microsoft sort à peine d’une affaire de vente liée. La Commission européenne a rendu juridiquement contraignants, le 12 septembre dernier, ses engagements à proposer Office 365 et Microsoft 365 sans Teams. Sept ans de surveillance sont à la clé, après les plaintes de Slack et d’alfaview. Réunir cinq produits derrière un guichet unique, potentiellement mis en avant dans Windows, risque de rouvrir précisément ce genre de discussion. L’entreprise le sait mieux que personne, elle qui encourait jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires mondial dans le dossier Teams.
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Par : Opera
Source :
Gizmodo