Après Deezer, Spotify va étiqueter la musique générée par IA

Après Deezer, Spotify va étiqueter la musique générée par IA


Une chanteuse aux 168 000 abonnés qui n’a jamais existé, des morceaux générés à la chaîne, et des auditeurs qui n’y voient que du feu : Spotify sort enfin les étiquettes. Un Français avait montré la voie.

Sur les plateformes de streaming, l’intelligence artificielle ne se contente plus d’assister les musiciens : elle en fabrique de toutes pièces, visage compris. Spotify a annoncé mardi le déploiement, à partir de la mi-septembre, d’un badge « AI Persona ». Il signalera les profils d’artistes dont l’identité est générée par une IA et ne correspond à aucune personne réelle.

Un badge qui dit aussi qui a triché

Le dispositif repose d’abord sur la bonne volonté des intéressés, puisque les créateurs humains qui se cachent derrière ces personnages pourront se déclarer eux-mêmes via Spotify for Artists. Le mécanisme prolonge les « AI credits » lancés en début d’année, qui permettent de détailler l’usage de l’IA dans la production d’un titre. Une coalition d’organisations d’artistes et de labels avait d’ailleurs proposé un système volontaire du même genre le mois dernier.

Pour les distraits (ou les discrets), Spotify prévoit un processus d’examen des profils suspects n’ayant rien déclaré, en commençant par les artistes dépassant certains seuils d’audience, jamais précisés dans l’annonce. Le badge apparaîtra sur la bannière du profil, dans la fiche « À propos », dans la recherche et à côté des titres en playlist. Détail savoureux : l’étiquette sera cliquable et révélera si le créateur s’est déclaré de lui-même ou s’il a fallu que Spotify le démasque. Une petite humiliation publique en guise de bâton.

Les personnages étiquetés disparaîtront par ailleurs des recommandations algorithmiques, sauf pour les auditeurs qui les suivent déjà. Le manque à gagner peut être bien réel. Le titre phare d’Enlly Blue, chanteuse au portrait façon Marilyn retouchée et aux 168 000 abonnés, cumule plus de 29 millions d’écoutes et aurait rapporté plus de 145 000 dollars. Le morceau s’est même hissé au 44e rang d’un classement Billboard des artistes émergents en octobre. Derrière le personnage, un auteur-compositeur bien humain encaisse les royalties.

Un Français avait dégainé le premier, et il voit tout passer

Spotify n’invente d’ailleurs rien dans cette affaire, puisque Deezer étiquette explicitement la musique générée par IA depuis juin 2025, avec une bonne année d’avance sur tout le monde. La société française s’appuie sur un outil de détection maison déployé dès janvier de la même année. Le poste d’observation est imprenable : plus de 13,4 millions de titres IA détectés et signalés sur la seule année 2025.

Les relevés du pionnier donnent la mesure du raz de marée. La part des titres entièrement générés par IA dans les nouveaux dépôts quotidiens est passée de 10 % début 2025 à 50 % en juillet 2026. Elle a franchi les 50 % en juin, avec des pics à près de 90 000 morceaux déposés par jour. Et pourtant, cette production industrielle ne pèse que 1 à 3 % des écoutes, précisément parce que Deezer l’exclut de ses recommandations. La recette que Spotify vient d’adopter, donc.

Le reste du secteur s’est réveillé cette année, en ordre dispersé. Bandcamp interdit purement et simplement les morceaux générés par IA depuis janvier, et Apple Music mise depuis mars sur un étiquetage déclaratif, laissé aux maisons de disques. Tidal, depuis juillet, étiquette les titres 100 % IA et leur coupe la monétisation. Deezer prévoit de son côté de supprimer les pistes restées sans écoute pendant six mois. Autant dire que Spotify ne se précipitait pas.

👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.

Opera One – Navigateur web boosté à l’IA

Par : Opera

Source :

Spotify



Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *