Le Steam Deck peut maintenant faire tourner des jeux PS5… si vous aimez les diaporamas

Steam Deck Oled White Edition (3) (01net)



L’émulation vient de franchir un cap symbolique : un jeu PS5 démarre sur Steam Deck. Enfin, « démarre »… disons qu’il affiche une image toutes les deux secondes. Sony peut dormir tranquille encore un moment.

Les émulateurs ont toujours couru après des consoles trop puissantes pour leur époque. La PlayStation 3 avait résisté une bonne décennie avant de tourner confortablement sur PC, la Switch avait tenu nettement moins longtemps (au grand dam de Nintendo et de ses avocats). La PlayStation 5 entre à son tour dans la danse, et cette fois sur console portable. SharpEmu, un émulateur open source lancé en juillet et écrit en C#, a fait démarrer Astro’s Playroom sur un Steam Deck. Localement, sans passer par le jeu à distance, et à une vitesse qui relève davantage de l’exposition photo que du jeu vidéo.

Une image toutes les deux secondes, montre en main

La démonstration, publiée par un utilisateur et relayée par le compte du projet, tourne sur la portable de Valve en mode bureau sous SteamOS. Le jeu de plateforme de Sony y atteint sa séquence PlayStation Studios, puis son écran de chargement. Le compteur oscille entre 0,5 et 1 image par seconde. Pour situer, un diaporama de photos de vacances défile plus vite, et personne n’a jamais qualifié l’exercice de fluide. Aucune séquence de jeu réelle n’a survécu à l’expérience, le titre s’arrête au seuil de la partie proprement dite.

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SharpEmu revendique une démarche de fond plutôt qu’un coup d’éclat. Le projet, communautaire et open source, privilégie la précision de l’émulation avec un rendu Vulkan natif côté Linux. Faire simplement démarrer un jeu PS5 sur une autre machine constituait déjà un casse-tête d’architecture, la vitesse viendra plus tard (ou pas, l’histoire de l’émulation regorge de chantiers restés en l’état).

Pourquoi ce diaporama reste un petit événement

Sur le papier, l’écart de puissance entre les deux machines rend la tentative presque insolente. La puce de la PS5 aligne 36 unités de calcul et 10,28 téraflops, quand le Steam Deck se contente de 8 unités pour 1,6 téraflop. Demander à la portable de Valve d’émuler la console de Sony revient à demander à une citadine de tracter un semi-remorque, en côte, avec la climatisation allumée (l’émulation coûte toujours plus cher en ressources que l’exécution native).

L’histoire invite pourtant Sony à la prudence procédurière. En 1999, le constructeur avait attaqué Bleem!, un émulateur PlayStation commercial, et perdu devant les tribunaux américains, l’émulation ayant été jugée légale. La petite société avait tout de même fini par mourir, étouffée par les frais d’avocats. Nintendo a réglé le cas Yuzu autrement en 2024, avec un accord à 2,4 millions de dollars qui a rayé l’émulateur Switch de la carte. Entre jurisprudence défavorable et chéquier dissuasif, chaque constructeur choisit son arme.

Les joueurs qui rêvent de PlayStation en mobilité ont de toute façon une piste plus sérieuse à surveiller. Le patron de PlayStation, Hideaki Nishino, a évoqué en juin des expériences de jeu « sous diverses formes et en divers lieux ». Les fuites convergent vers une console portable maison, capable de faire tourner les jeux nativement aux côtés d’une PS6 attendue au plus tôt fin 2027. Celle-là, si elle voit le jour, devrait dépasser l’image par seconde.

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