Alors que Valve lance enfin son casque VR autonome, le Steam Frame, la firme a poussé le curseur plus loin en offrant à chaque acheteur une version spécialement portée de Half-Life: Alyx, capable de tourner directement sur le casque, sans PC. 01net a pu tester en avant-première cette bêta fermée du portage standalone : voici nos premières impressions.
Valve lance enfin officiellement son casque de VR, le Steam Frame. Pour accompagner le lancement, la marque a décidé de remettre les mains dans ce qui est toujours un des meilleurs jeux en VR, malgré sa sortie en 2020, Half-Life Alyx.
Non seulement chaque acheteur du casque recevra une copie du jeu, mais la firme de Seattle a en outre développé un portage spécialement conçu pour le casque. Si vous attendiez des nouvelles d’Half-Life 3, c’est ce que vous aurez de plus proche de l’arlésienne de Valve.
01net a eu la possibilité de tester le casque de VR une petite semaine avant son lancement officiel. Dans le cadre de ce test, Valve nous a donné accès à cette version du jeu dans une bêta fermée. Nous allons donc nous employer à vous donner nos premières impressions sur cette version du titre culte.
Un défi technique
Avant de plonger dans Half-Life: Alyx, arrêtons-nous rapidement sur le défi technique que ce portage représente. Nous parlons là d’un jeu tournant sur des PC Gaming pesant à minima 1,5 kg pour un PC portable, amené sur un casque dont le module central ne pèse que 185 g.
En outre, le casque de Valve possède deux originalités rendant le portage un peu plus coton. Non seulement il tourne sous Linux, alors qu’Half Life: Alyx est originellement conçu pour Windows. Mais les développeurs ont dû en outre passer d’une architecture x86 à ARM. Il ne suffit pas de recompiler le jeu pour ARM, mais il faut alors remettre les mains dans de nombreux éléments techniques, retester l’intégralité du jeu, etc.
Dans sa communication officielle, Valve ajoute quelques éléments techniques pour souligner le parcours que cela a représenté. Ils indiquent que « la combinaison du rendu fovéal et du suivi oculaire s’est avérée être la solution miracle qui nous a permis d’y parvenir. Les 16 Go de mémoire vidéo du Steam Frame ont également joué un rôle essentiel, nous évitant ainsi d’avoir à modifier les ressources ou à dégrader l’expérience de jeu. »
Le portage a nécessité « plus d’un an de travail logiciel supplémentaire au niveau des pilotes Vulkan et de SteamVR. » Bonne nouvelle toutefois, Valve n’a pas travaillé que pour sa pomme. « La grande majorité de ce travail n’était pas spécifique à Half-Life: Alyx, ce qui profite donc à tous les autres jeux fonctionnant sur le Steam Frame. » En outre, ce travail d’optimisation sera répercuté sur la version Windows du jeu. Malgré cela, Valve a pris soin de se débrouiller pour que toutes les mods créées par la communauté sur le Steam Workshop soient compatibles avec la version native du jeu pour le casque.
L’entreprise en profite pour défendre ses choix techniques : « Ces corrections de bugs, optimisations et fonctionnalités supplémentaires ont toutes été facilitées par la nature open source des pilotes, permettant à notre équipe d’itérer rapidement sans avoir à attendre l’intervention d’un tiers. »
Premières impressions
Lors de notre test, nous avons eu l’occasion de progresser dans les trois premiers chapitres du jeu. Si nous ne sommes pas allés beaucoup plus loin, c’est surtout par manque de temps, mais cela nous a permis d’avoir une idée déjà assez précise de l’état du jeu en version autonome.
Bien sûr, tout ce qui est indiqué dans le présent article pourra sans doute faire l’objet d’une mise à jour prochaine. Rappelons que nous ne sommes que sur une bêta.
La liberté d’un mode autonome
Premièrement : il est très agréable de pouvoir jouer où on le souhaite. Cela n’a l’air de rien si vous n’avez jamais expérimenté la VR avec un PC fixe, mais ne plus être obligé de se terrer dans le bureau et pouvoir trouver d’autres lieux, comme le salon ou même, pourquoi pas, un extérieur, se montre des plus enthousiasmants.

Des performances un niveau en dessous de la version en streaming
Ensuite, parlons des performances. Le jeu est fluide et fonctionne sans peine, ralentissement ou bugs majeurs. Nous avons tout de même eu à une ou deux reprises le son qui ne fonctionnait plus normalement, mais après un rapide passage dans le menu, tout repartait.
En revanche, si vous attendez une version 1:1 d’Half-Life: Alyx, si l’on s’en approche fortement par moment, notamment dans les instants narratifs en intérieur, le reste du jeu est tout de même une catégorie en deçà de son modèle.
Cela se ressent notamment au niveau des textures moins détaillées que dans le titre originel (nous avons fait la comparaison pour en avoir le cœur net). Certains effets de textures rendent moins bien également, c’est le cas pour un effet de brillance, par exemple.
Ceci étant dit et souligné, dans l’ensemble, le titre demeure tout à fait jouable dans cette version et il y a assez peu d’éléments qui jurent. Deux points pourraient toutefois être améliorés : l’aliasing n’est pas totalement maitrisé, avec un effet de crénelage assez présent par endroit.
Effet de scintillement étrange en extérieur
Ajoutons que le jeu est beaucoup plus beau en intérieur qu’en extérieur. La faute à un effet de scintillement étrange qui apparait dans les espaces ouverts. Le décor, les éléments lointains semblent comme branchés sur un courant alternatif et cela nuit nécessairement à l’immersion.
Parmi les réglages du casque, nous avons trouvé quelques solutions pour améliorer l’expérience. De notre point de vue, le jeu rendait un peu mieux lorsqu’on augmentait la résolution par œil. Ensuite, nous vous conseillons de lancer Half-Life : Alyx en réglages graphiques médium. Le mode high tend à afficher des artefacts ici ou là qui nuisent à l’expérience générale.
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