OpenStreetMap France: « Des données et d’abord des gens »

OpenStreetMap France: "Des données et d’abord des gens"


State of the Map, la convention annuelle des contributeurs et contributrices à OpenStreetMap, s’est tenue cette année pour la première fois à Paris (décidément capitale mondiale cet été des projets libres, après la Wikimania en juillet), réunissant fin août un demi-millier de participants de 45 pays. À cette occasion, quatre membres de l’association OpenStreetMap France (OSM France) ont échangé sur leur activité avec Projets Libres, le podcast de Linuxfr.

« En soutien de la communauté »

Les liens entre la communauté du projet de cartographie libre (soutenue par la fondation britannique OpenStreetMap) et l’association française sont assez similaires à ceux de la communauté de Wikipédia et de ses projets associés avec ses chapitres nationaux comme Wikimédia France. Donat explique:

«L’association OpenStreetMap France est là en soutien de la communauté et pour la promotion du projet. Un peu à l’instar de Wikimedia, on a à peu près les mêmes modes de fonctionnement. C’est-à-dire que la fondation OpenStreetMap s’occupe de tout ce qui est vraiment la donnée, les données libres, les données OpenStreetMap, et quelques serveurs, la licence aussi exactement. Et l’association OpenStreetMap France s’occupe plutôt d’encourager les contributions, de mettre à disposition des services pour que la communauté contribue plus facilement, organise le State of the Map en France, et soutienne les groupes locaux.»

Tony souligne que «on a l’habitude de dire que le projet OSM, ce sont des données et des gens, mais que le plus important c’est quand même des gens. Parce que si on supprime des données, il y aura toujours des gens pour les rafraîchir. Si on supprime les gens, il n’y aura plus de données. L’important pour nous, c’est vraiment cette partie-là, de regrouper les personnes, les projets, et de faire en sorte de mettre un peu d’huile dans les rouages et de faciliter ces projets-là, qui sont des projets de contributeurs.»

« Faire prévaloir l’open data »

L’association compte une centaine de membres et souhaite en recruter davantage, d’autant qu’elle aurait besoin de davantage de représentation au niveau régional et national, notent ses membres. Donat observe: «Les difficultés qu’on a, c’est que comme on travaille beaucoup dans un écosystème marchand, avec des collectivités, avec des services commerciaux comme Michelin ou TomTom, c’est souvent des professionnels. Donc ils travaillent la journée et puis nous, on a du temps disponible le soir. Donc c’est vrai que c’est très compliqué d’avoir des créneaux disponibles. Par exemple, on fait partie de l’assemblée plénière du Conseil national de l’information géographique [CNIG]. Et c’est vrai qu’on n’a pas forcément tout le temps.»

Thibaut explique qu’OSM France va chercher à recruter aussi des acteurs institutionnels et à mener plus de plaidoyer, «pour faire prévaloir l’open data. Dans nos statuts, c’est ça, c’est promouvoir le projet OpenStreetMap, l’open data de manière générale et l’open source.»

Autre point abordé dans cet entretien, la faible représentation des femmes dans l’association (neuf membres du CA, que des hommes actuellement) et chez les contributeurs.

Un forum très vivant

Sur un plan plus positif, le nombre des participants au projet grimpe. Donat rapporte qu’à son arrivée en 2015, «on était à 200 contributeurs par jour sur le territoire français, et là actuellement, on est à 500.» Le forum du projet chez OSM France compte plus de 750 personnes inscrites, et 7.000 messages par an, ce qui en fait «un vecteur très vivant chez nous, un outil très puissant», relève Thibaut.

On y trouve notamment ce récent post interrogeant sur la place de l’IA générative dans ce forum… l’IA y suscitant des interrogations qu’on retrouve dans l’ensemble des projets open source comme dans le reste de la société.

Illustration: photo de groupe de State of the Map 2026. Image par l’équipe locale de State of the Map 2026 / Wikimedia Commons / CC0

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